‹ Étude anatomique sur le segment cellulaire contractile et le tissu connectif du muscle cardiaqueChapitre 12 sur 36 · VÉSICULE ADIPEUSE · texte numérisé non relu

VÉSICULE ADIPEUSE

rithéliales des réseaux vaso-formatifs, déjà développés, que l'on peut observer dans le mésocolon transverse non fenêtré du cobaye*, dans l'épiploon du lapin naissant 2, ou dans les réseaux limbiformes du tissu connectif sous-cutané^. Quoi qu'il en soit, pour former une vésicule adipeuse, la cellule connective sécrète de la graisse d'abord réunie en gouttelettes dans l'épaisseur de son pro toplasma, puis se recourbe de manière à envelopper d'une mince pellicule protoplasmique le globe de graisse formé par la coalescence des vésicules isolées. Ainsi l'élément s'est transformé en un appareil distinct dans lequel la cellule entière a pris une apparence tout à fait différente de celle qu'elle avait au début.

Mais la vésicule adipeuse n'est pas seulement formée d'un manteau protoplasmique étalé sur une surface curviligne pour envelopper la graisse : à la périphérie il se montre bientôt une édification tout à fait différente de la première, qui n'est point produite par une modification de forme de l'élément préexistant ni aux dépens de sa substance propre. Nous voulons ici parler de la capsule qui enveloppe à la fois le globe graisseux et le protoplasma cellulaire étalé à sa périphérie. Cette production a eu lieu par une sorte d'élaboration, elle s'est juxtaposée à l'élément anatomique sans que les parties de ce dernier se soient transformées in situ pour produire la cuticule qui doit être considérée comme une sorte de pro duit de sécrétion.

1 J. Reuaut, Cours d'anatomie gêner, de la Faculté de Lyon ,4 avril 1878.

2 Ranvier, Travaux de laboratoire.

3 J. Reaauf, Cours d'anatomie générale de la Faculté de Lyon, 4 arril

20 CEI.f.lJLE A CILS VIBRATILES

ÎSi l'on poursuit le dé veluppciueiit de la subsUiice musculaire, on arrive à une conception très analogue. Quand on examine la manière dont s'exécutent la différenciation dans ce cas, on doit prendre pour points de repère certains objets spéciaux parmi lesquels la cellule épithé ■ liale à cils vibratiles doit être mise au premier rang. Une cellule à cils vibratiles possède un corps protoplasmique terminé du côté de la surface libre par un plateau cuticulaire. Ce plateau trace une ligne de démarcation nette entre le protoplasma proprement dit et la portion motrice constituée par les cils. Ces derniers se montrent sous forme de bâtonnets cylindriques adjacents et parallèles entre eux, traversant le plateau et se mettant en rapport (Marchi) avec le protoplasma granuleux contenu dans la masse de l'élément. Ces cils constituent une portion absolument différenciée; seuls ils sont capables d'exécuter des mouvements déterminés par leur construction propre ; si on les sépare mécaniquement du corps cellulaire, ils cessent de vibrer.

Inversement lorsque, sous l'influence de l'inflammation, la cellule épithéliale à cils vibratiles est devenue libre et que son plateau a plus ou moins disparu, elle se montre comme une masse globuleuse hérissée de bâtonnets transparents doués encore de mouvements spontanés et rythmiques.

La substance contractile se montre ici comme une substance mise à part, séparée du corps de la cellule par une production secondaire, le plateau. Cette substance est tout à fait analogue à celle qui forme le bâtonnet contractile ou cylindre primitif des fibres musculaires lisses ;

FLAGELLUM DES NOGTILUQUES 2i

Mais chez certains animaux simples, tels que les noctiluques, la matière contractile qui forme le flagellum subit line complication plus grande. Elle est séparée de la masse protoplasmique centrale par un filament conducteur proprement dit.

Certains auteurs, et parmi eux M. Vignal*, ont comparé le filament précité à une sorte de rudiment du cordon nerveux; on voit ici que la différenciation s'accuse. Non seulement, comme dans la cellule épithéliale à cils vibratiles, la substance contractile est séparée du protoplasma, qui forme le corps cellulaire, mais elle lui est unie par une portion également diff'érenciée que, morphologiquement, on a été amené à considérer comme un conducteur de l'incitation motrice.

Si maintenant nous considérons la structure du fiagel lum, nous voyons que ce dernier se montre constitué par une série de pièces disposées en pile de monnaie et affectant la configuration de disques alternativement clairs et sombres. C'est dans cette portion que paraît résider la contractilité brusque qui met l'organe en action comme par un mouvement de fouet. Tout autour on voit une seconde substance qui paraît jouir d'une élasticité très grande et qui donne à l'organe en question son ressort, do telle sorte que le filament contractile se mouvant brusquement, est constitué par l'union de matériaux divers, les uns contractiles et actifs et les autres jouissant purement et simplement de propriétés élastiques.

1 W. Vignal, Recherches histologiques et physiologiques sur les Noctihtques (Noctiluca miliaris, Suriray;. — In Arch. de Physiol. norm. et path. u' 4. — 1878.

•Zi CONSTITUTION DE LA SUBSTANCE STRIEE C'JNTRACTILE

11 est inutile d'insister ici plus longuement sur la valeur morphologique de la substance contractile striée en travers. M. Ranvier a montré, contrairement à l'assertion de Galberla, que cette substance est une véritable édification protoplasmique élaborée au sein de ce dernier comme par une sorte de sécrétion ; dans les muscles, en voie de développement, de la lame natatoire des larves des batraciens anoures, le protoplasma de la cellule musculo-formative est en effet semé de granules vitellins. Si ce protoplasma se transformait in situ pour constituer la substance striée contractile, on trouverait, ce qui n'a pas lieu, un certain nombre de ces granules englobés dans cette dernière.

Mais la question que nous devons maintenant nous poser, c'est de savoir comment est constituée d'une manière générale la substance striée contractile, afin d'appliquer les données qui ressortiront de cette étude à la constitution même de la substance contractile de l'élément musculaire cardiaque.

Nous avons vu que le flagellum des noctiluques est formé de plusieurs substances, l'une claire, transparente, répandue tout le long de ce filament contractile ; au sein de cette dernière existent des bandes sombres, obscures lorsqu'on rapproche l'objectif, brillantes lorsqu'on l'élève et répondant par leurs caractères aux disques épais des muscles striés ordinaires. La substance claire séparant les bandes sombres répond nettement aux bandes monoréfringentes que l'on observe dans les intervalles qui séparent les disques épais contractiles des muscles striés. On n'a pas observé au milieu de chacune de ces bandes claires, les traits granuleux, connus dans la science sous

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