‹ Étude anatomique sur le segment cellulaire contractile et le tissu connectif du muscle cardiaqueChapitre 27 sur 36 · CONSIDÉRATIONS PRÉLIMINAIRES · texte numérisé non relu

CONSIDÉRATIONS PRÉLIMINAIRES

affecté, sur la iiiitrition et la constitution morphologique des éléments contractiles du myocarde. Nous avons vu que le cœur est un muscle qui bat entre deux séreuses. Nous avons insisté sur les connections du tissu conjonctif intramusculaire avec le péricarde et l'endocarde ; le moment est venu de décrire brièvement les lésions du muscle cardiaque consécutives à celles des membranes séreuses qui lui sont adjacentes.

Depuis les travaux d'Andral et de Gendrin, l'on sait qu'unplan musculaire adjacent à unemembrane enflammée subit ordinairement une paralysie plus ou moins complète- Dans les angines, dans les laryngites, ce fait est devenu de connaissance vulgaire. Depuis, nombre d'auteurs, et parmi eux tout spécialement M. le professeur Gubler a fait voir que, dans ce cas, les muscles striés subissent des modifications profondes. Stokes affirma positivement que consécutivement à une péricardite ou à une endocardite, les fibres musculaires situées au-dessous de la séreuse enflammée participaient à la pblegmasie. Toute l'école histologique moderne a accepté et développé cette conception. L'on admet actuellement qu'au voisinage de la séreuse enflammée il se produit une véritable myocardite.

Les stades de cette myocardite sont caractérisées, d'après les auteurs classiques, par la tuméfaction trouble de l'élément musculaire, la division des noyaux, et enfin par la dégénérescence graisseuse de la substance contractile. Cette conception, si on la considère dans sa généralité, est absolument schématique, et il est nécessaire d'étudier de plus près ce qui se passe : 1° Dans les muscles adjacents à une inflammation suraiguë du péricarde ou de l'endocarde ; 2° ce qui survient à la suite d'une inflamma-

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tion moins intense ; 3'' ce qu'on observe dans ces processus inflammatoires chroniques qui agissent très lentement par une série d'inflammations répétées légères et de faible durée, comme c'est le cas par exemple dans la série des manifestations cardiaques des rhumatismes articulaires à attaques répétées, mais de faible intensité.

Prenons d'abord le cœur d'un sujet qui a succombé à une péricardite exsudative intense. Le cas qui va nous servir de type est celui d'une péricardite datant de 5 jours, observée cliniquement à Lariboisière par M. leprofesseur Jaccoud, et dont l'examen anatomique a été fait par M. le professeur Renaut. Dans la séreuse enflammée et recouverte d'une fausse membrane molle, à peine vuscularisée, on voit les plans musculaires les plus externes présenter une coloration jaune. Si l'on essaye de dissocier des fragments du myocarde, on constate que, par la simple agitation dans le liquide additionnel, les libres musculaires se résolvent pour ainsi dire en poussière. Si l'on a opéré avec précaution, en se contentant d'agiter le fragment dans le liquide sans le dilacérer avec des aiguilles, il est facile de montrer que chaque grain de poussière cardiaque ainsi obtenu est formé par un segment de Weisraann.

Le cœur se résout donc en ses éléments cellulaires comme celui d'une tortue que l'on aurait traité pendant huit à dix jours par l'alcool au tiers. Si l'on colore ensuite ces segments à l'aide du picro-carminate d'ammoniaque, on voit qu'ils renferment chacun un ou deux noyaux dont la forme est peu différente de celle des noyaux des fibres musculaires saines. Il en existe un ou deux par segment, sans aucun indice de prolifération active. Mais la substance contractile est considérablement modifiée; on peut

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