‹ Étude anatomique sur le segment cellulaire contractile et le tissu connectif du muscle cardiaqueChapitre 28 sur 36 · ALTÉRATION I E LA SUBSTANCE MUSCULAIRE · texte numérisé non relu

ALTÉRATION I E LA SUBSTANCE MUSCULAIRE

môme dire qu'elle est détruite. Si avant d'opérer la dissociation l'on a fixé le fragment de myocarde dans sa forme par l'acide osmique, au bout d'un quart d'heure ou vingt minutes on reconnaît que chaque segment musculaire cardiaque est devenu noir comme du charbon. Examiné avec un fort grossissement, la substance contractile paraît chargée de granulations graisseuses. Ces granulations sont colorées par le réactif en noir foncé, exactement comme les globes de graisse contenue au centre des vésicules adipeuses. L'élément musculaire est donc frappé de sléatosc, et nous avons à faire ici la dégénérescence graisseuse type telle que M. Ranvier l'a observée dans l'intoxication phosphorée par exemple.

Il importe d'insister un instant sur cette stéatose, car la plupart des auteurs qui se sont occupés de celte question nous paraissent en avoir donné une description assez inexacte. La plupart d'entre eux disent que. lorsque la dégénérescence graisseuse se produit sur un muscle et en particulier dans le cœur, les granulations graisseuses se montrent d'abord dans le fuseau protoplasmique périnucléaire, puis s'étendent de là dans les interstices des cylindres primitifs, c'est-à-dire en s'intercalant entre les éléments contractiles. Cette description est parfaitement exacte en ce qui concerne les fibres musculaires régulièrement graisseuses pendant l'hiver dans le gastro-cnémien ou le couturier de la grenouille. Mais ce n'est nullement de cette façon que s'opère la dégénérescence graisseuse aiguë des fibres cardiaques adjacentes à un péricarde enflammé d'une manière intense. Si l'on fait des coupes minces perpendiculaires à la direction des fibres cardiaques graaulo graisseuses fixées dans leur forme par l'osmium, on voit la

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coupe de chaque fibre se montrer avec un pourtour arrondi délicatement festonné. L'aire de cette section est remplie par la coupe des cylindres primitifs dessinant avec une régularité admirable et exactement de la même façon que dans l'état sain, ce que l'on appelle les champs de Gohnheim. Ceci revient à dire que tous les cylindres primitifs sont coupés en travers et que les espaces clairs que l'on remarque entre leur surface de section minuscule ne sont rien autre chose que les fentes qui séparent les cylindres primitifs et qui sont remplies par le protoplasma.

Si c'était effectivement au sein de ce dernier que se déposent les granulations graisseuses, les espaces intercalaires aux champs de Gohnheim se montreraient comme des points noirs et non pas comme des espaces clairs. La graisse n'est donc pas entre les cylindres primitifs. Si maintenant nous comparons une coupe transversale passant par un point du cœur relativement sain, à un autre de même épaisseur passant par un point stéatosé, nous constatons qu'à ce dernier niveau les espaces qui séparent les cylindres primitifs adjacents sont clairs

ne contiennent pas de graisse, mais que chacun des champs de Gohnheim est marqué par un point noir. De cette première observation nous pouvons donc conclure déj à que la graisse est contenue dans les cylindi'^es primitifs eux-mêmes et nullement dans leurs espaces intercalaires. Immédiatement une question vient à se présenter : quelle est la partie du segment contractile qui s'est transformée en graisse dans le muscle stéatosé? Est-ce la pièce de charpente (bande claire et disque mince) ou la pièce contractile (disque épais) ?

Dans une première communication faite à la Société

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