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de Biologie ^ en commun avecM.Landouzy, M. le professeur Renaut avait nettement affirmé les faits qui précèdent sans pouvoir aller plus loin et déterminer exactement quelle était, dans la stéatose, la pièce du segment musculaire contractile intéressée. Depuis lors, sur les mêmes préparations qui ont servi à la communication à laquelle nous venons de faire allusion, et très probablement sous l'influence d'une acidification lente qui s'est opérée dans le liquide additionnel, au bout de plusieurs mois nous avons pu constater nettement les faits suivants :
Les granulations graisseuses observées soit sur une coupe parallèle à la direction longitudinale des fibres cardiaques, soit sur ces dernières dissociées à l'aide des aiguilles, montrent les granulations graisseuses placées à la file dans la substance du cylindre musculaire primitif. A un faible grossissement, la striation transversale paraît granuleuse ; à la place de larges bandes sombres on voit des séries transversales et parallèles de gouttelettes graisseuses juxtaposées, toutes à peu près de même diamètre. Chaque ligne de granulations semble donc formée par une série de gouttes de graisse par le centre desquelles passerait une ligne droite ou légèrement onduleuse et qui seraient toutes tangentes entre elles. Chaque bande formée de goutelettes adjacentes les unes aux autres est séparée de celle qui précède et de celle qui suit par une bande claire. Il s'agit de savoir par quoi est constituée cette dernière ; or, il est question ici de la bande isotrope ou monoréfringente qui sépare les disques biré-
1 Des conditions malérielles qui empêchent le cœur de se contracter dans l'asthénie cardiaque : MMi Renaut ek Landouzy. Socic'tc de Biologie. Sé&nce du 7 juillet 1877.
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fring^ents, épais et minces, les uns des autres ; en l'examinant à la lumière polarisée, elle deviendra obscure lorsque les deux niçois seront croisés et le champ du microscope rendu de la sorte lui-même obscur.
C'est ce qui arrive en effet, et de plus on constate qu'en travers de la fibre musculaire stéatosée il n'existe plus aucune bande brillante traversant le muscle bord pour bord. Gomme on sait d'autre part que les gouttelettes de graisse examinées individuellement dans une dissociation de muscle steatosé sont monoréfringentes, on doit ex pliquer comme suit ce fait que le fragment de muscle, examiné sous les niçois croisés, est entièrement noir, c'està-dire monoréfringent dans toutes ses parties. Les disques épais et les disques minces sont envahis par la graisse. La' pièce de charpente constituée par la bande claire est respectée, donc la substance contractile proprement dite, et la substance anisotrope analogue dans son aspect optique, mais différente dans sa fonction, qui constitue le disque mince, c'est-à-dire la pièce élastique et la pièce contractile par excellence, se sont transformées en graisse et détruites.
A l'aide d'un bon objectif à immersion éclairé par la lumière jaune, qui exagère les effets de diffraction, l'on peut d'ailleurs, sans employer la lumière polarisée, constater, dans chaque cyhndre primitif des fibres totalement altérées, les granulations graisseuses ordonnées de la manière suivante : une grosse granulation correspondant au disque épais devenu graisseux et formant un grain volumineux coloré en noir, une demi-bande claire, un petit grain graisseux arrondi correspondant au disque mince transformé en graisse, une demi-bande claire, et retour de la série.
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Mais comment commence cette altération graisseuse ? Est-ce parles pièces contractiles, par le disque épais ou au contraire par le disque mince? Dans les fibres qui commencent seulement à s'altérer, on voit les granulations disséminées au milieu de la substance contractile, qui, dans les points intercalaires, est encore striée en travers. Ces' granulations sont grosses et paraissent correspondre aux disques épais, ce serait donc par la pièce contractile que commencerait l'altération graisseuse. Mais le fait important et capital sur lequel nous voulons insister tt qui est clairement démontré par cette Étude, c'est que la substance anisotrope des disques épais et minces n'est pas étouffée par des granulations graisseuses se développant dans l'atmosphère protoplasmique des cylindres primitifs ; elle dégénère in silu. Les éléments actifs de la substance contractile sont de la sorte détruits et l'édifice compliqué de la striation transversale disparaît par la substitution de la graisse à la substance qui la compose.
Il est nécessaire de distinguer fondamentalement le processus que nous venons de décrire d'un autre qui le simule fréquemment et qui est ordinairement confondu avec lui par la plu[.art de ceux qui font des examens de myocarde malade. Nous voulons parler de la dégéné rescence pigmentaire que l'on rencontre régulièrement dans les cœurs des vieillards, des alcooliques et même parfois dans certaines régions du myocarde d'individus jeunes. Cette lésion consiste en l'accumulation de granidaiions aw7;rÉ;6's existant d'abord dans le fuseau protoplasmique périnucléaire, puis s'étendant lorsqu'elle est intense dans les intervalles des cylindres primitifs.
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Ce sont ces granulations qui dans tous les cœurs asthéniques sont signalées par les médecins comme des granulations graisseuses ; comme la graisse, la substance qui les compose devient plus brillante et plus réfringente sous l'action des acides, mais si l'on a la précaution de traiter les fibres cardiaques par l'acide osmique à 1 p. 100 pendant quelques heures avant de les dissocier, l'on reconnaît que les granulations précitées ne sont jamais co^ lorées en noir foncé à la manière delà graisse, et qu'elles restent ambrées. On ne les trouve jamais à la place des disques minces et des disques épais ; elles sont constamment intercalaires. Elles se disposent dans des lignes de ciment qui unissent longitadinalement les cylindres primitifs et parfois, dans un cas particulier que nous allons décrire plus loin, on les voit s'insinuer dans le trait scalariforme qui unit les segments cellulaires cardiaques successifs sans intéresser jamais, autant du moins que nous l'avons pu voir, la substance contractile de ces derniers.
11 est donc absolument nécessaire de distinguer soigneusement la dégénérescence pigmentaire que nous venons de décrire de la dégénération proprement dite, dont le siège et la signification pathologiques sont tout différents. Lorsque l'on voudra savoir si un muscle cardiaque est atteint de dégénération graisseuse, il sera donc nécessaire non seulement de le dissocier et de l'examiner à l'aide des réactifs employés ordinairement, mais il conviendra de plus de le soumettre à l'action de l'acide osmique qui, en pareil cas, peut seul nous donner des renseignements ayant quelque valeur. On évitera de la sorte déconsidérer, comme l'çnt fait nombre d'auteurs, unesim-
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pic pigmentation du myocarde comme une dégénération graisseuse de ce dernier. Si l'on se rapporte à la description que nous venons de donner des granulations am'brées, la distinction sera d'ailleurs toujours facile, tant à cause des différences optiques qui existent entre les granulations graisseuses vraies et les granulations ambrées, qu'à cause de l'élection histo-chimique résultant de l'emploi de l'osmium.
Il est maintenant nécessaire de nous demander quelle est la signification de la dégénérescence granulo- graisseuse que nous venons de décrire. Pourquoi un muscle cardiaque adjacent à un plan séreux atteint d'inflammation ne participe- t-il pas purement et simplement à cette dernière? pourquoi la propagation inflammatoire ne se fait-elle pas par simple continuité dans les deux tissus voisins l'un de l'autre ? et comment se fait il qu'à la place d'un processus actif comme l'est celui de l'inflammation, nous assistions à la mort rapide et totale de l'élément musculaire ? C'est qu'il s'agit ici d'un élément anatomique hautement et profondément difl'érencié pour sa fonction. De pareils éléments réagissent devant une inflammation intense d'une façon tout à fait particulière; ils n'y participent pas pour ainsi dire. Ils ne reviennent pas à l'état embryonnaire pour prendre part à la formation des néoplasmes inflammatoires ; l'élément difl'érencié se détruit en masse ; il n'est pas envahi, mais étoufle par l'inflammation.
Ainsi se détruisent les éléments anatomiques des organes complexes qui viennent à être affectés de cirrhose, les cellules du foie par exemple ; de même aussi les tubes nerveux atteints par l'inflammation adjacente se détrui-
INFLAiMMATIOX SUBAIGUE yi
sent purement et simplement suivant un processus identique à celui qui accompagne la dégénération du segment périphérique d'un nerf sectionné. Il en est tout à fait de même en ce qui concerne les cellules musculaires du cœur ; l'édifice compliqué de leur striation disparaît, leurs disques anisotropes se transforment en graisse, le ciment qui soudait l'élément musculaire à ses voisins au niveau du trait scalariforme est dissous. Chaque cellule cardiaque intéressée par la dégénération cesse d'être solidaire de ses voisines pour participer à la constitution de la chaîne cardiaque.
Nous venons d'indiquer comment la cellule musculaire cardiaque réagit devant une inflammation aiguë et intense, nous avons vu que la vitalité de l'élément anatomiqueest dans ce cas véritablement étouffée. Nous allons actuellement voir comment se comporte la cellule musculaire cardiaque en présence d'une inflammation de moyenne intensité. C'est généralement au-dessous des plaques laiteuses peu épaisses que l'on trouve sous l'indocarde des plans musculaires ayant subi l'influence de l'inflammation subaiguë adjacente. Il ne s'agit plus ici de stéatose, mais bien d'une véritable myosite. Nous constatons ainsi que, si une inflammation intense telle qu'une péricardite arrivée en trois jours à son summum d'intensité tue net, pour ainsi dire, la cellule cardiaque, sous-jacen te, l'inflammation subaiguë agit autrement; elle enflamme véritablement la fibre, car elle la fait revenir à l'état embryonnaire.
Ce terme doit être expliqué : on sait que les éléments musculo-formatifs des muscles striés volontaires des membres offrent chez les larves d'amphibies la forme
y? RETOUR A i;ÉTAT EMBRYONNAIRK
d'un cylindre ou d'une gouttière dont on aurait rapproché les bords jusqu'au contact. Dans ce cylindre ou dans cette gouttière existe un amas protoplasmique également cylindrique et au sein duquel sont plongés les noyaux. Cette colonne de protoplasma central contient de la substance glycogène, enfin à sa périphérie elle est entourée par la substance musculaire striée qui forme à l'élément embryonnaire, considéré dans son entier, comme une écorce contractile. Dans des anciennes endocardites les muscles réticulés du cœur présentent fréquemment cette apparence. Nous avons pu notamment observer sur des préparations qui nous ont été communiquées par M. le docteur Colrat,- agrégé de la Faculté, avec une bienveillance dont nous ne saurions trop le remercier, les détails de cette myosite cardiaque jusqu'à présent peu connue et que nous n'avons vue jusqu'ici correctement figurée dans aucun des ouvrages classiques ^
Les fibres musculaires forment encore des réseaux, mais elles sont devenues grêles ; leur écorce striée a subi pour ainsi dire un amaigrissement comparable à celui éprouvé par les fibres musculaires ordinaires dans l'atrophie progressive. L'axe de chaque fibre est occupé par un cylindre de protoplasma granuleux souvent semé de gouttelettes graisseuses et renfermant deux, trois noyaux, et même quelquefois davantage. Cependant la striation transversale est conservée, mais ordinairement aussi, les cellules cardiaques sont séparées les unes des autres au niveau des traits scalariformes. Ainsi les fibres muscu-
^ Les préparations qui nous ontélé communiquées par M. le docteur Colrat ont élè faites dans le laboratoire d'anatomie pathologique delà Facullé, dirig-é par M. le p; oL-sscur Pierret,