‹ Étude Anatomo-Pathologique d'un Cas de LymphadénieChapitre 31 sur 42 · FOIE · texte numérisé non relu

FOIE

1° HYPERÉMIE ET CAPILLARITE

L'examen des coupes montre tout d'abord une très générale dila-tation des vaisseaux capillaires. Cette hyperémie est de deux sortes : d'une part la veine centrale des aciniet les réseaux qui y aboutissent présentent une dilatation stasique, ainsi qu'en témoignent l'atrophie des trabécules hépatiques et la pigmentation hématique des cellules hépatiques. Le plus souvent il existe un espace vide entre la cellule hépatique et la paroi du capillaire, et dans cet espace vide on rencontre parfois un leucocyte qui a produit, probablement par phagocytose, une trouée hémisphérique dans le protoplasma des cellules voisines,

Au pourtour des carrefours acineux. les vaisseaux capillaires sont également dilatés, mais les trabécules hépatiques, au lieu d'être atrophiées sont au contraire élargies et pelotonnées en formationsnodulaires. Les éléments contenus dans les capillaires dilatés sont de divers ordres : globules rouges, globules blancs polynucléés, mais surtout lymphocytes. En outre, la dilatation des capillaires permet de voir admirablement les cellules endothéliales avec leur protoplasma de forme irrégulière, généralement allongé et rameux aux extrémités, souvent recourbé au niveau d'un coude d’un vaisseau capillaire. Le noyau de ces cellules, volumineux, ovoïde, présente souvent les indices de la division consistant en augmentation de la chromatine et apparition d'incisures partant de la périphérie et pénétrant plus ou moins profondément. Fréquemment, la division est complète et l'on voit alors, au lieu du noyau primitif, deux ou trois noyaux arrondis, fortement colorés, semblables aux noyaux des lymphocytes. On rencontre aussi des séries de deux, trois lymphocytes juxtaposés linéairement et paraissant adhérer à la paroi. Ces images permettent

re TN d'affirmer que les endothéliums des vaisseaux capillaires du foie ont dans ce cas récupéré leurs propriétés fœtales de donner naissance par prolifération aux lymphocytes et peut-être aux globules rouges du sang

Nodules.— Sur quelques points, les réseaux capillaires sont très élargis et remplis de nombreuses cellules, tandis que les trabécules hépatiques ont complètement disparu par compression ; ainsi sont formés des nodules dont aucun ne dépasse les dimensions microscopiques et qui, en raison de leur structure, doivent être considérés non comme des néoformations de tissu, mais seulement comme des agglomérations de cellules en partie nées sur place.

2° HÉPATITE PARENCHYMATEUSE

Ainsi qu'il a été dit plus haut, les trabécules périphériques des acini non comprimés par l'hyperémie stasique présentent tous les signes d’une hépatite parenchymateuse. Elles sonten effet généralement élargies et présentent partout des ébauches de formation nodulaire, en sorte qu'on ne trouve nulle part la disposition radiée du foie normal. Les cellules contenues dans ces trabécules sont la plupart augmentées de volume, mais ce qui frappe surtoutl'attention, c'est l’altération des noyaux. Dans quelques-uns d’entre eux on peut saisir les signes de la division déjà accomplie ou en train de s'effectuer par segmentation directe ou par karyokinèse. D'autres noyaux sont remarquables par l'augmentation considérable de leur volume, qui ne paraît pas être liée à un processus de division, mais bien plutôt à un processus de destruction. On rencontre en grand nombre des noyaux à moitié décolorés ou renfermant seulement quelques grains de chromatine, et un assez grand nombre de cellules hépatiques sont complètement privées de noyau. Ainsi la nécrose occupe une large place parmi les altérations de ce foie.

3° CIRRHOSE

Un début de cirrhose partant des carrefours interacineux et se marquant non encore par des bandes scléreuse nettement dessinées, mais par des trainées de canalicules biliaires de nouvelle formation.

EL

SII

Ilconvient de retenir de l'examen du foie qui vient d'être rapporté :

1° L'hépatite nodulaire, ordinairement sous la dépendance d’un processus infectieux.

20 Les lésions cellulaires variables, consistant tantôt en prolifération, tantôt en nécrose.

3 Le début d'une cirrhose qui émane des carrefours interacineux.

4° La genèse des lymphocytes aux dépens des endothéliums vasculaires. On voit ainsi le foie restitué à la fonction hématopoiétique qu'il exerce pendant la période embryonnaire.

Toutes ces lésions ont un caractère diffus qui atteste l'apport dans le foie d'un poison agissant d'abord sur ses divers éléments cellulaires, pour les inciter à proliférer, et dans un stade ultérieur pour les détruire.

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