‹ Étude Anatomo-Pathologique d'un Cas de LymphadénieChapitre 34 sur 42 · REIN · texte numérisé non relu

REIN

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Les fragments de rein ont été durcis dans le liquide de Müller, dans le liquide de Roule et dans le liquide de Flemming, et diversement colorés. Les plus avantageuses préparations, au point de vue de la fixation et de la coloration, sont celles'qui, après durcissement dans le liquide de Flemming, ont été colorées par la safranine.

Les préparations par le liquide de Müller font tout d'abord ressortir l’existence d'une hyperémie très forte et inégale. Dans certains districts, les vaisseaux capillaires distendus par le sang ont un calibre presque égal à celui des tubuli. Dans d’autres districts, où les tubuli ont un calibre manifestement agrandi, l’hyperémie est moindre. On ne constate pas d'hémorrhagie intra-tubulaire.

GLOMÉRULES . — Les glomérules sont généralement distendus par le sang ; plusieurs d’entre eux sont comprimés et réduits à la moitié de leur volume par un exsudat amorphe et granuleux, interposé entre eux et la capsule de Bowman. Sur quelques points de la paroi de la capsule, on voit des cellules épithéliales tuméfiées, vésiculeuses ou rompues; l’exsudat peut donc être un liquide sécrété par ces cellules. Les noyaux des glomérules sont nombreux, riches en chromatine, mais on n’y a pas rencontré de karyokinèse.

Le tissu conjonctif interstitiel ne présente aucune altération. En aucun point, on ne rencontre d'amas de cellules rondes; ni la

UOTE: tunique adventice des vaisseaux, ni la capsule de Bowman ne sont épaissies.

Errraécium.— Des lésions considérables existent du côté de l'épithélium.

Dans les tubes contournés et la portion large des anses de Henle, on constate des altérations portant sur le protoplasma et sur les noyaux. Les cellules épithéliales sont considérablement tuméliées et vésiculeuses; cette altération vésiculeuse commence sous forme d'un anneau clair entourant le noyau; puis cet anneau s'agrandit jusqu'à atteindre le bord libre de la cellule. Dans d'autres tubes, les cellules épithéliales sont rompues et en partie vidées. Elles se présentent sur les coupes comme des cupules largement ouvertes dans la lumière, au fond desquelles il reste un peu de protoplasma et de noyau. Si l'on examine l’état des noyaux, on voit qu'ils sont bien diminués de nombre et comme clairsemés ; il est même des sections de tube où l’on n'en rencontre aucun.

L'examen à un fort grossissement montre qu'a côté des lésions destructives, les noyaux présentent aussi certaine tendance à la prolifération. On rencontre en effet des noyaux riches en chromatine et quelques-uns même sont en karyokinèse. Quelques autres sont trans formés en une boule homogène, vivement colorée par la safranine (Flemming): nous considérons ces noyaux comme surpris par la nécrose à un moment où ils étaient très riches en chromatine et dans. les premiers stades de la karyokinèse. Mais le plus grand nombre des noyaux subissent la destruction sans avoir été au préalable excités à ia division. La destruction s'annonce en effet chez eux par la disparition progressive dela chromatine, qui se réduit d'abord à quelques grains et finit par disparaître.

TUBES COLLECTEURS.— Les tubes collecteurs présentent des lésions de même ordre que les tubes contournés, avec cette différence que les troubles évolutifs l'emportent sur les troubles dégénératifs. On remarque bien çà et là des cellules tuméfiées, vésiculeuses, parfois même rompues et devenues caliciformes, mais la plupart des cellules se font remarquer surtout en ce que leurs noyaux sontaux divers stades de la Karyokinèse. Un assez grand nombre de ces noyaux sont nécrosés et se présentent sous la forme de ces boules homogènes,

nine vivement colorées par la safranine, dont il a été question plus haut. Ordinairement, les cellules qui présentent un pareil noyau ont aussi un protoplasma sombre, opaque, et paraissent destinées à être détachées de la paroi par la pression des cellules voisines, car on en rencontre un certain nombre libres dans la lumière.

En résumé, il s'agit là de lésions très analogues a celles qu'on obtient chez les animaux par l’action expérimentale de certains poisons. minéraux, tels que le bichromate de potasse.

SII

Il s’agit bien, en ellet, de lésion d'ordre toxique: tout indique dans le rein l’action d'un poison, apporté par le sang, diffusé dans toutes les parties de l'organe et qui atteint les éléments en proportion de leur vulnérabilité individuelle.

L'endothélrum des tubes contournés et de la portion large des anses de Henle, en vertu de ses hautes attributions physiologiques, est l'élément fragile par excellence. Il montre les lésions les plus accusées. Elles portent à la fois sur le protoplasma et sur le noyau. Le protoplasma tuméfié transforme la cellule en une masse vésiculeuse qui peut se rompre etse vider sous l'effort de la dislension ; la cellule est ensuite vouée à la nécrose. Le novau est quelquefois détruit d'emblée ; d’autres fois, 1l est excité au préalable à la prolifération par lirritation morbide et, s’il est surpris par la nécrose à ce stade hypertrophique, il donne lieu à ces figures de «boule homogène vivement colorée par la safranine.»

L'endothélium des glomérules manifeste sa communauté d’origine en réagissant de la même façon au poison: les cellules sont tuméfiées, vésiculeuses ou rompues et donnent lieu peut-être à l’exsudat amorphe et granuleux qui occupe la cavité du glomérule.

L'épithélium des tubes collecteurs témoigne d’une imprégna-

RE tion toxique moins profonde ; les lésions sont surtout d'ordre évolutif: les karyokinèses sont plus nombreuses que les nécroses .

Faisons remarquer l’Ayperémie très marquée, qui donne lieu à la dilatation de capillaires, et notons enfin que nulle part on ne trouve d'amas de cellules rondes, c'est-à-dire des traces d'inflammation.

[ n'y a donc pas de processus inflammatoire local. Toutes les lésions relèvent d'une imprégnation totale de l'organe par des poisons solubles diffusés par le sang, tels que ceux qui sont sécrétés par les microorganismes.

Il paraît impossible de décider, d'après cet examen, s'il faut attribuer ces lésions diffuses, semblables, d'ailleurs, à celles que nous avons notées dans le foie et dans le poumon, au processus lymphadénique lui-même, ou s'il convient de les ratlacher à l'infection pyogène ultime qui s’est surajoutée à la

lymphadénie.

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