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IV. — Étude analytique des lésions histologiques

Les altérations dues à la commotion directe peuvent intéresser comme nous l’avons montré, tous les éléments de la moelle épinière. Cependant les plus caractéristiques portent sur la fibre, la cellule nerveuse et la névroglie. Nous en examinerons donc successivement les caractères. |

Ces lésions affectent d’ailleurs des aspects essentiellement variables suivant qu’on les considère immédiatement ou tardivement : En effet, au début, les modifications constituent /a dégénération primaire aiguë décrite par MM. Claude et Lhermitte qui réalise, en quelque sorte, la signature de la lésion commotionnelle. Ultérieurement, on observe, comme dans toute lésion médullaire en foyer, des phénomènes de dégenération secondaire au-dessus et au-dessous de la lésion, dont les caractères histologiques ne se distinguent pas des dégénérations secondaires observées dans la plupart des affections. médullaires.

C’est pourquoi nous insisterons très peu sur leur description actuellement bien connue.

A) Dégénérescence primaire aiquë. — Comme nous l’avons déjà signalé, la dégénérescence primaire aiguë, lorsqu'elle ne s'accompagne pas de foyer de néerose insulaire, est une lésion qui peut passer complètement inaperçue à l'examen macroscopique de la moelle. »

Affectant plus spécialement la fibre nerveuse, on comprend qu’elle ait pu rester ignorée par la plupart des histologistes et si elle fut révélée par Schmaus, Schifferdeker, Hartmann, Strümppel, ces auteurs la confondirent d’ailleurs avec la dégénérescence secondaire. Obersteiner, Jakob s’efforcèrent de l’en distinguer et c’est surtout aux travaux de notre maître M. Lhermitte, en collaboration soit avec M. Claude, soit avec M, Roussy, que l’on doit une description beaucoup plus précise de cette lésion. Outre les caractères topographiques particuliers qu'elle présente et sur lesquels nous reviendrons, la dégénérescence primaire aiguë se traduit par une atteinte très spéciale des cylindre-axes mise en valeur par la méthode de Bielchowsky.

Si l’on étudie sur une coupe longitudinale les altérations cylindraxiles, on verra que, par opposition aux axones normaux dont la taille est régulière dans toute l'étendue de la préparation, les altérations commotionnelles se traduisent par un

gonflement plus ou moins régulier et considérable des cylindreaxes, qui sont parfois moniliformes. Cette hypertrophie : variable peut atteindre parfois jusqu’à 5o diamètres du cylindreaxe normal. Contrairement à ce que nous avons vu dans la commotion expérimentale chez le lapin ou le cobaye, nous n'avons pas observé chez l’homme des aspects épineux du cylindre-axe. En somme entre les hypertrophies considérables cylindraxiles et l'aspect normal, on peut constater tous les

Fig. 9. — Coupe longitudinale (M. Bielchowsky) montrant la fragmentation cylindraxile, les massues terminales pyriformes du corps de Schmaus et la distension œdémateuse disséminées (d’après Lhermitte).

stades intermédiaires et la figure 9 nous montre bien nette-

ment ces modifications. NE

Une autre constatation semble encore particulièrement nette dans la commotion médullaire humaine et visible sur la coupe longitudinale : A l'extrémité de ces cylindre-axes hypertrophiés, on peut observer de véritables massues terminales, pyriformes. |

Les modifications des cylindre-axes dans leur largeur ne sont

pas les seules à retenir. En effet, ils offrent à l’examen micros-

copique un autre caractère bien visible encore sur les coupes longitudinales : c’est la fragmentation en plusieurs tronçons. On peut d’ailleurs apprécier aisément cette segmentation dans la zone intermédiaire entre la région où les cylindre-axes ont conservé leur aspect normal et celle où ils sont altérés.

Dans des cas exceptionnels, cette fragmentation est telle que le cylindre-axe imprégné suivant les méthodes argentiques n'est plus représentée que par une série de fines granulations . plus moins punctiformes. C’est cet aspect de dégénérescence granuleuse que nous avons décrit déjà avec MM. Roussy et Lhermitte dans 2 cas de commotion expérimentale.

Un second fait doit retenir l'attention; c’est la distension très marquée des gaînes myéliniques par l’œdème, qu’on met bien en valeur par la méthode de Weigert. L'aspect réticulé particulier de la moelle, sur une coupe longitudinale est due lui aussi à cette distension par le liquide d’œdème des mailles névrogliques.

La coupe transversale permet à son tour de vérifier les altératons cylindraxiles, à contours plus ou moins arrondis. Aussi le fragment du cylindre-axe se présente parfois sous cet aspect décrit par Schmaus sous le nom de « corpuscules hyalins ». Il s’agit de masses assez régulièrement arrondies, très argentophiles qui correspondent par leurs caractères mêmes de chromatophille à des hypertrophies considérables des cylindresaxes (fig. 10). ;

Dans un fragment de la région atteinte, la distension des mailles névrogliques apparaît avec l’épaississement considérable parfois de son réseau.

Sur la coupe transversale, on observe de plus que les fragments cylindraxiles sont englobés parfois dans l’intérieur de grosses cellules qui ne sont autres que les macrophages névrogliques. |

Ces myélophages sont des éléments volumineux, à noyaux vésiculeux et pâles, qui contiennent en outre dans leurs mailles protoplasmiques avec des fragments de cylindre-axes, des débris de myéline ainsi que des granulations lipoidiques osmiophiles

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