‹ Étude anatomo-pathologique de la commotion médullaire directeChapitre 28 sur 35 · ETAT · texte numérisé non relu

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fonctionnelle ne se fait pas ou se fait incomplètement et très tardivement quelques mois, plusieurs années même après le traumatisme.

C’est dans de tels cas qu’on pourra étudier plus particulièrement les phénomènes de régénération proprement dite des éléments nerveux intra-rachidiens.

Les travaux antérieurs ont surtout porté sur des cas de section traumatique expérimentale de la moelle. Comme nous le disions, la commotion peut déterminer dans sa forme grave un foyer de myélomalacie transverse parfois totale. Elle réalise ainsi un syndrome anatomique de section complète. On voit donc que l'étude des régénérations des éléments nerveux dans les blessures ou lésions expérimentales de la moelle a sa place ici, puisqu’elle a précédé celle des commotions médullaires et s’y apparente quant aux résultats anatomiques produits. On comprendra ainsi que nous ayons, après notre maître M. Lhermitte, insisté sur ce chapitre intéressant.

Considérations critiques sur les constatations des différents auteurs. — La régénération des centres nerveux cérébrospinaux fut supposée par Arneman (1787) qui, le premier, expérimentant sur le cerveau du chien avait considéré comme du ussu cérébral de néoformation le tissu gélatiniforme jaunâtre remplaçant la perte de substance.

Flourens, en 1828, reprit ses expériences dont il donne le résultat dans ses Récherdhes sur les propriétés et les fonctions du système nerveux. Après avoir étudié plus spécialement la cicatrisation des plaies du cerveau, du cervelet et de la moelle, il conclut ainsi : « 1° Les plaies avec perte de substance sont «suivies d’une cicatrice fine et lisse de la surface mutilée. «2° Les plaies qui ne consistent qu’en une simple division se Ccicatrisent par réunion immédiate des points divisés. 3° Dans «ce dernier cas, à mesure que la réunion des parties divisées € s'opère, l'animal reprend les fonctions qu'il avait perdues ; Qilles reprend aussi dans le premier cas pourvu que la pertede «substance n’ait pas dépassé certaines limites ».

Ces conclusions un peu hâtives laissaient entrevoir trop d’intéressantes présomptions pour que l’activité de nouveaux chercheurs ne fut point avivée…

C’est Brown-Séquard qui publia les premiers faits de cicatrisation intéressant les lésions expérimentales de la moelle épimère. Successivement en 1849, 1850, 1851, il rapporte le résultat de ses expériences : après avoir sectionné la moelle chez des cobayes, des lapins et des pigeons, il conclut que la récupération des fonctions motrices et sensitives peut se faire surtout chez ces derniers animaux.

L’examen microscopique des pièces recueillies fait par Follin, puis par Ch. Robin sur le pigeon, par Laboulbène sur le cobaye, permit à ces auteurs d'affirmer que la réunion des deux segments de la moelle était complète et que la cicatrisation était due à des fibres et cellules nerveuses de nouvelle formation. . Nous verrons ce qu’il y a lieu de penser de ces différents faits étudiés à l’aide de techniques alors trop peu précises et perfectionnées pour leur accorder une valeur réelle.

Quoi qu’il en soit, des recherches expérimentales furent poursuivies : déjà Spallanzani, en 1826, avait affirmé que la moelle se régénérait dans la queue du tétard après section. Muller (1864), Colucci, Barfurth (1888), Caporoso (1888), Magini (1889) confirmèrent l’opinion de Spallanzani après des expériences sur la queue du triton.

Dans un important travail paru en 1890, Sgobbo montra que la régénération de la moelle caudale du triton se faisait aussi lorsqu'on sectionnait en même temps la moelle dorsale. Les cellules du canal épendymaire cependant étaient dans le cas moins régulièrement disposées, moins proliférantes et l'aspect des cellules et tubes nerveux beaucoup moins différencié. Sgobbo remarqua de plus que cette régénération des éléments nerveux observés dans la portion médullaire caudale, ne se faisait plus au niveau de la section dorsale. Il n’existe, el en cet endroit pas de cellules nerveuses proprement dites sur les tranches supérieure et inférieure de la moelle sectionnée, mais on observe une prolifération des cellules du canal épen-

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dymaire surtout marquée sur le bout proximal qui peut présenter un aspect rappelant celui des cellules nerveuses.

D’autres auteurs, après expérimentation sur le lézard vert (lacerta viridis) émirent des avis différents quant à la régénération des éléments nerveux de la moelle caudale. Admise par Calori (1858) et*‘Müller, elle n’est plus acceptée par Gulliani, Magini et Sgobbo. Pour ces derniers, il existe seulement des. néoformations du canal central.

Barfuth et Sgobbo, enfin, montrèrent que sur les queues de tétards, il en était de même que chez lacerta viridis.

Les expériences de Masius et Vanlair sur la grenouille (1870) vinrent confirmer les observations de Flourens et de Brown- Séquard. Entre les deux bouts de moelle sectionnée, ces auteurs affirmèrent l’existence d’une substance gélatineuse contenant des cellules en grande partie nerveuses et des fibres analogues aux fibres de Remak. Sgobbo critiquant ces expériences prétendit d'ailleurs, que seules les cellules épendymaires étaient intactes, et qu’elles ne présentaient en tous cas aucun aspect de reproduction.

Vulpian, avait de son côté fait une critique serrée des constatations de Brown-Séquard. Avec cedonde l'observation précise, ce scrupule scientifique justifiant le vif intérêt qu’on éprouve encore à relire son œuvre beaucoup trop ‘oubliée par les contemporains, il montra qu’on ne pouvait pas parler derestauration volontaire de la motilité dans les faits de Masius et Vanlair.

Pour lui, on se trouverait dans des cas semblables en présence de ce qu’il appelle « des mouvements réflexes, adaptés, défensifs »; nous dirions aujourd’hui avec Babinski des « réflexes de défense », avec Pierre Marie et Foix « des réflexes d’automatisme médullaire ». Vulpian, d’autre part, soutint que les fibres et les cellules observées par Vanlair, n'avaient pas de caractères suffisamment précis pour qu’il « ne soit permis de douter de leur nature nerveuse ». è

D'ailleurs, une série d’expériences et d'observations des différents auteurs vinrent appuyer cette opinion : Piccolo et Santi- Sirena après des sections partielles, Sgobbo après des sections

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