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plusieurs appuis. On sait que les expériences de Florssmann avaient montré l'attraction des cylindre-axes de néoformation d’un nerf par les produits de désintégration d’un nerf broyé. Lugaro, d'autre part, observa de son côté la pénétration des. racines postérieures sectionnées par des fibres de régénération issues des racines antérieures. Enfin Cajal, puis Marinesco avaient constaté dans un nerf sectonné, la convergence des fibres néoformées .vers le gliome inférieur dont les anciennes gaines de Schwan se préparent, pour les recevoir, les attirant « comme si elles sécrétaient une substance qui dirige les fibres néoformées » (Cajal). Nageotte, d’autre part, avait montré cette attraction particulière des cellules de Schwann dans les. greffes de ganglion rachidien. Dans ses travaux plus récents sur la régénération des nerfs, il a pu affirmer que jamais ce phénomène n’était possible « sans qu’il n’existe au sein du nodule résiduel en voie de formation, le cadavre de la cellule nerveuse. » C’est pourquoi, certains auteurs ayant remarqué la fréquence, que nous avons d’ailleurs signalée, dans nos préparations, des fascicules de régénération dans les régions nécrotiques bourrées de corps granuleux ou de cylindre-axes dégénérés, voyaient dans ce simple fait une des raisons du tropisme des fibres néoformées.
= I semble bien, en réalité, ainsi que vient de le montrer Nageotte, que le tropisme attractif, s'exerce, tout au moins dans. le nerf périphérique, non pas entre les gaînes et les jeunes cylindre-axes, mais entre les bouts des gaines sectionnées qui, elles-mêmes, tendent à se réunir. D’autre part, comme le fait remarquer cet auteur, « les axones ne s’avancent pas nus dans le mésenchyme, mais restent contenus dans un territoire ectodermique provenant de la gaine des fibres anciennes ».
Toutes ces notions vérifiées en partie sur le nerf périphérique semblent moins précises, lorsqu'on s'adresse aux phénomènes de régénération des fibres dans la moelle épinière. Il y, a lieu de remarquer cependant avec R.y Cajal (x) et Dustin
(1) Peut-être y aurait-il lieu à ce sujet de rappeler l'opinion de R.y Cajal sur la deslination des fibres régénérées : « Rien ne nous autorise dit le savant espagnol à
que le tissu conjonctif jeune réalise un milieu extrêmement favorable pour la régénération nerveuse. On conçoit ainsi qu'il existe une prolifération de ces fibrilles dans la cicatrice d'union des segments médullaires. De plus, l'enveloppe névroglique des fibres du système nerveux central (gaîne dont les éléments paraissent être doués ainsi que l’a supposé Nageotte, d’un pouvoir de sécrétion) nourrit les neurites. « De sa valeur physiologique bien plus encore que de son volume, dépend le sort de la cicatrice nerveuse » (Nageotte).
Ce tissu névroglique peut donc, ainsi que le pense M. Lhermitte, jouer dans la régénération des fibres de la moelle le rôle homologue de celui qui est tenu dans les nerfs périphériques par lappareil de Schwann. D'ailleurs, les nombreuses fibres dégénérées que nous avons observées dans la pie-mère dérivent en raison de leur origine radiculaire de fibres possédant des gaines de Schwann.
Quoi qu’il en soit, suivant la formule de notre maître M. Lhermitte, « la régénération ne s’effectue que d’une manière anarchique et désordonnée », et comme nous allons le voir, 1l est difficile de supposer que les fibres ou les faisceaux observés histologiquement puissent permettre une récupération fonctionnelle.
5° Régénération anatomique et restauration fonctionnelle. — Dans les cas de section totale de la moelle dorsale par un foyer de ramollissement post-commotionnel, peut-or en effet attendre un retour des fonctions motrices et sensitives.
Déjà Vulpian, comme nous l'avons fait remarquer au début de ce chapitre, avait critiqué(r) avec sa perspicacité habituelle les expériences rapportées par Brown-Sequard.
« affirmer de façon irréfutable que ce phénomène aboutisse jusqu'au rétablissement par- « tiel ou total des voies lésées. IL paraît plus probable au contraire que des phéno- « mènes dégénératifs leur succèdent amenant l’atrophie et la résorbtion des branches « nouvelles issues du cylindre-axe. Peut-être ce résultat est-il en grande partie, dû à « l'absence des cellules de Schwann qui dans les nerfs périphériques servent à attirer « et orienter les nouvelles pousses nerveuses. » (Histologie du S. N.).
(1) « Ce qui peut induire en erreur, dil Vulpian, dès 1877, et faire croire dans cer- « tains cas aux fonctions abolies, c'est que les phénomènes qui peuvent se montrer sous « l'influence de la mise en activité du segment postérieur, sans intervention encépha- « lique, ont parfois l’apparence.de manifestations volontaires. Ainsi non seulement on « peut voir des mouvements réflexes répétés se produire dans un membre sous l’in-
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Ces objections peuvent être maintenues intégralement dans les différents cas de pseudo-régénération fonctionnelle chez l’homme auxquels nous avons fait allusion 1l y a un instant. D'ailleurs, Cadwalader, reprenant récemment (1920) l’examen du blessé opéré de myélorraphie par Stewart et Harte en 1902; a bien montré qu’il ne présentait que des mouvements réflexes automatiques. Très nettement, l’auteur conclut dans ce cas : « Regeneration of the spinal cord does not take place after complete section and end-to-end suture ». Ces faits infirment donc Vopinion défendue par Krause dans son Traité de chirurgie de la moelle et confirment la conclusion de Sencert, adoptée par Beck, que l’ébauche de régénération anatomique s’oppose à l'absence complète de régénération fonctionnelle.
Si, comme le pense M. Lhermitte, après ces constatations, les fibres motrices sont particulièrement incapables de régénération anatomique, & il est bien évident que nous ne pouvons attendre aucun retour même très incomplet de la fonction motrice après une transaction spinale ».
Par contre, dans deux des cas suivis par notre maître et dans lesquels, chez des sujets jeunes et vigoureux, il fut constaté un retour ébauché de la sensibilité dans les membres inférieurs, malgré le syndrome de la section totale persistant depuis 12 mois dans un cas et 16 mois dans l’autre.
Doit-on établir une relation entre ces faits et la régénération des fibres postérieures? La question ne peut évidemment être résolue par une conclusion hâtive, mais il semble bien cependant qu'il faille tenir compte des faits originaux signalés par M. Lhermitte.
Comme nous le remarquions au début de ce chapitre, à côté des constatations de régénération anatomique au cours de l’évo-
« fluence d’une seule excitalion des doigts de ce membre, mais encore ces mouvements «peuvent avoir lieu dans les deux membres et simuler quelques mouvements de loco- « motion. Quelquefois en soulevant un des animaux sans toucher aux membres posté- « rieurs, on voit ces membres exécuter 2 ou 3 mouvements alternatifs analogues à ceux « de la marche, et provoquer sans doute par l'extension passive des membres sous « l'influence de la pesanteur. Dans certains cas même, l’animal étant sur le dos et au « repos, un des membres postérieurs peut faire un mouvement spontané en apparence, « mais excité en réalité par une irritation partant de la plaie ou de toute autre région de « la partie postérieure du corps ». (Art. moelle, in Dict. DECHAMBRE).
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lution des sections totales de la moelle, sections directes ou commotionnelles, il existe des faits de restauration fonctionnelle rapide pour lesquels nous avons proposé une interprétation différente. Dans des cas semblables, l’atteinte des éléments nerveux est beaucoup moins grave et se traduit en particulier par de simples modifications dans le volume de la fibre, modifications du type œdémateux qui sont probablement en rapport avec la lymphorragie, accompagnant le choc commotionnel spinal.. À
Parfois d’ailleurs ces altérations passagères peuvent s’associer à des lésions beaucoup plus graves des cylindre-axes (foyer de nécrose par exemple). On conçoit donc que dans ces cas-là l’évolution physio-pathologique se fasse en deux temps. Au début, Patteinte légère des cylindre-axes dans la moelle à peu près toute entière détermine le coma médullaire avec paraplégie complète mais de durée relativement courte. Puis, progressivement, les fibres inhibées pendant un certain temps, reprennent leur activité grâce à la disparition rapide des altérations dues à l’œdème, et seuls persistent les troubles en rapport avec les altérations cylindraxiles graves (fragmentation, etc.), avec parfois formation de foyers myélomalaciés.
Nous ferons remarquer en terminant que cette atteinte directe produisant une section physiologique et anatomique transitoire cadre peu avec quelques-unes des séduisantes hypothèses, émises par Monakow dans sa théorie de la diaschisis. On sait que pour cet auteur l’atteinte d’une zone centrale spécialisée détermine deux sortes de troubles : les uns résiduels düs à la destruction partielle ou totale de tous les neurones ou de leurs fibres siégeant dans cette zone, les autres temporaires provoqués par une véritable inhibition des régions qui reçoivent des fibres motrices commissurales ou d’association du centre atteint. Si la première de ces constatations cadre avec les données anatomiques, on ne peut admettre la seconde quant aux faits observés dans la moelle au cours de la commotion directe.
Nous savons en effet qu’une lésion en un point quelconque du système nerveux central réalise des réactions œædémateuses
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; parfois considérablement étendues dans le voisinage, et dans le
AA cas de la commotion, cet œdème probablement lymphorragique
Le ne présente pas de topographie systématisée. Nous ne croyons.
4. | pas en somme qu ‘il soit nécessaire, pour expliquer l'apparition,
Ma: puis la disparition des troubles transitoires, de faire appel à
un cata harmoniqueunissantla région atteinte profondément
et les régions avoisinantes. La récupération motrice se fait dès
que s’est dissipée la stupeur qui a frappé légèrement, mais
directement, les fibres nerveuses, tandis que persistent les troubles dûs à des lésions graves et définitives.