AIT
M. Raimbaalt était le conseiller d'un bon nombre de ses confrères auxquels 1 rendait avee une bienveillance extrème que rien ne pouva’t altérer tous les services que réelamait leur position : mais c’est surtont aux prêtres Français exilés qu'il servait de père, de moniteur et de guide, avee un empresses ment qui ne se lassa Jamais,
Monseigneur Plessis, qui avait pour M. Raimbault un grand respeet, et une confiance sans bornes, avai: réuni auprès du vertueux vcclésiastique, dans le distrietdes Trois-Rivières, bon
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nombre de prêtres Francais que la tourmente révolutionnaire avait poussés sur nos rives hospitalières, Leursûmes, leurs paroles, leurs forces, leur énergie se trouvaient confondues dans les mêmes travaux, On eût dit que le grand prélat eût voulu que ces témoins de teurs infortunes mutuelles fussent,-jusqu'à l'heure suprême, les consolateurs les uns des autres, Ts jours soient de la sérénité de leur patrie adoplive, après avoir été leg doutoureux témoins des horreurs auxquelles était en proie leur ancienne patrie, On avait appelé, dans Le temps, la partie du diocèse qu'ils desservaient «la petite France, » comme on aimait à désigner du même nom, en Ecosee, après be retourde la leine Marie, le groupe de maisons qu'oceupaient, près de CrageMillar-Castle, les Français qui l'y avaient accompagnée (a).
Cette gdorieuse troupe, digne d'être associée aux martyrs de La foi, puisque, selon a doctrine de saint Augustin : « Martyres non [act pæna, sed causa » (b), se composait de prêtres veuus de divers diocèses de France, et qui se Sinalérent par leur dévouement à l'Eglise du Canada. On y comptait :
LM, Orfroi, né à la Flèche, en Anjou, longtemps curé de Notre-Dame de la Pointe du Lac, homme d'une piété sincère el éclairée et d'une conduite pleine de sagesse, qui lui conciliait tous les cœurs. Sa charité était sans bornes, avait, avec un zèle fortement animé de Fesprit de son ministère, desservi l'église de cette colonie pendant cinquante ans (ec) ;
(a) Getle désignation s'est conservée jusqu'à nos jours, dit un lustorien d'Écosse (fullarton, tome Ver, page 256).
(b) Saint Augustin, Serm, FE du Ps. 94, n. 1.
te) M Ürbaiu Orfroi, cure à la Visitation de la Pointe du Lac, en 1796, apres avoir été quelque Letps Vicaire, à Saint-Laurent, prés de Montreal, a éte cure aux Trois-Rivières, de EST2 à 1819. H fut ensuite successivement cure de Saint-François et de SaingPierre de la Rivière du Sud et de Sainte Valier, où il est mort au mois d'octobre 1846, à l'âge de 81 ans. Ilavait ete quatre ans en Angleterre,
2° L'abbé Courtain (a), curé de Gentilly, où il se montra rempli de toutes les qualités qui font lhomm: de bien et le saint ministre des autels. Ses infirmités l'empêchèrent longtemps de se livrer aux soins extérieurs du ministère ; anais il donnait tout son temps aux exercices de piété ;
3° À Bécancour, M. François Lejamtel, du diocèse d'Avranches (Normandie), d'abord missionnaire aux iles Saint- Pierre-Miquelon, où la révolution vint le prendre au milieu de ses ouailles qu'il édifiait constamment, malsré les plus rudes épreuves. En 1819, il fut appelé à la cure de Bécancour (b). Modeste et régulier, il y travaillait en silence au salut du troupeau qui lui avait été confié.
4° M. l'abbé Gibert, prêtre du diocèse de Coutances, qui soulint l’exil, el loutes ses épreuves, avec le courage et même la gaieté que donnent la ferveur de la foi et la pureté de conscience (c.
9° L'abbé Charles-Vincent Fournier, curé de la paroisse de Saint-Antoine de la Bue du Fèbvre, le compagnon d'études, d'arnes et d’exil de M. Raimbault, qu'il chérissait comme son frère, et auquel il fournissait des secours qui l’aidaient à multiplier ses largesses (d).
G M. l'abbé Ciquart, placé à Saint-François du Lac, qui
(a) M. Ciaude-ïabriel Courtain était arrivé en cette colonie en 1795, àl est décédé, à Saint-Edouard de Gentilly, le 16 août 1832,
(bj M. l'abbé Lejamtel fut d'abord agrégé au Séminaire du Saint-Esprit. Des iles de Saint-Pierre de Miquelon, il passa aux Iles de la Madeleine qu'il desservit jusqu'en 1819. C'est alors qu'il fut placé à Bécancour, où il travailla avec un zèle qui ne se ralentit jamais, jusqu'en 1833, époque à laquelle il demanda sa retraite. M. Lejamtel mourut à Bécancour, en 1835, âgé de 77 ans et sept mois.
(ce) M. Pierre Gibert mourut, en 1821, à Saint-Michel de Yamaska.
(d) L'abbé Fournier, né à Orléans, séjourna quelque temps en Angleterre avant de passer en cette colonie, Une famille opulente de Londres s'estima heureuse de se l'atiacher comme précepteur, Malgré les avantages qu'il se pouvait promettre de la position enviable qu'on lui offrait, il aima mieux se donner au service des autéls. Il mourut à la Baie du Fèbvre, au mois de mai 1839.
tra tenait à ses ouailles un langage si affectueux et si pastoral (a). el le 7° M. Jover, d'une ancienne famille de l'Anjou, émigré en Ong- 1 cette colonie en 1796, sur l'invitation de M. le grand-vicaire is il Descheneaux. Il desservit suecessivement les paroisses de Saint-Sulpice, de Sorel, de Saint-André, de la Pointe du Lae, l'A- et mourut à Montréal, en 1847, à quatre-vingt-tr. is ans. [l fut int- le dernier survivant de cette pieuse phalange qui reçut iei-bas lieu l'expression de la reconnaissance des enfants de l'Eglise du plus Canada.
‘an- 8° M. de Saint-Mare, du diocèse d'Amiens, était attaché à au la desserte de la paroisse de Sairte-Madeleine du Cap (8).
* 9° M. l'abbé de Calonne, dont personne aux Trois-Rivières qui Le n'a oublié l'excellent cœur, l'esprit aimable, l'attachement ime î constant et tidèle à tous les devoirs de son état et le zèle pour on- toute espèce de bonnes œuvres. Né à Douai, en 1742, d'abord
allaché à la magistrature, il avait quitté ensuite cet emploi de À pour se consacrer au service des autels. On aime à se rappeler les, à qu'il avait longtemps étudié à Saint-Sulpice de Paris. son Son frère, Alexandre, après avoir été successivement maître tà des requêtes, intendant de Metz et de Lille, fut, sa 1783, appelé à la charge de contrôleur des finances du royaume de ui France. Il voulut en vain élever cet ecclésiastique accompli aux plus hautes dignités de l'Eglise ; la modestie de celui-ci id s'y refusa toujours. L'abbé fut pourvu néanmoins de lP'Abbaye Commendataire de Saint-Père de Melun. Son activité et rit, sa présence d'esprit furent plus d'une fois utiles au ministre A ! d'Etat, Homme d'esprit, caractère aimable, il se faisait à M dl en (a) M. Ciquart fut ordonné prètre au mois de mai 1781 ; il vint en cette colonie en 1783, et y mourut en septembre 1824, C'était un prètre plein de ferveur et qui se dévoua au saint ministire avec un zèle constant et re vraiment apostolique.
na (h) Ce bon ecclésiastique fut bientôt forcé de repasser en France, sa 8 santé ne pouvant pas se faire au climat de ce pays. Il partit en juin 1802, x * M. Jos. Jn. de Saint-Mare était en cette colonie depuis 1796. Lorsqu'il is arriva en ce pays, il était prètre depuis près de onze ans, ayantété ordonné
le ler novembre 1785,
admirer par sa politesse dans la plus haut: société ; mais enfin, dégouté du monde, le pieux abbé, se reprochant les moments qu'ilavait donnésaux choses et aux affaires terrestres, se consacra à des soins plus relevés et plus dignes de son caractère, Ipaisait dans la prière le courage dont il avait besoin, ét cachait sous un front serein ses souffrances vt ses épreuves (a).
En mentionnant ici M. l'abbé de Calonne, nous y trouvons l'occasion de parler des travaux littéraires de M, Raïmbault, et nous nous donnerons bien garde de la msaquer. Sa plume exercée laissait parfois échapper de charmantes p'èers de poésie, et, dans certaines circonstances, l'on devait à sa verve, à son esprit observateur, à sa grande sensibilité, des alloeutions semées de mots heureux. Dans la chaire sacrée, sa parole onctucuse, pressante et dont la ferveur échauffait les cœurs, portait la conviction etl'émotion dans l'âme des fidèles, Outre ses productions, nées au gré de mille circonstances, il nous à laissé des travaux littéraires plus importants, mais qu'il serait trop long d'énumérer ici, Lorsque le vénérable abbé de Calonne mourut, au monastère des Ursulines des Trois-Rivières, M. le supérieur du collége de Nicolet fut invité à faire l’oraison funèbre de l'illustre et cher defunt, décédé en odeur de vertu.
Au milieu d'une affluence considérable de citoyens, M. Raïmbaull prononça, avec une émotion visible, une sllocution qui révéla à la fois les vertus de l'illustre et pieux personnage, ainsi que les qualités de l'oraleur et son rare talent pour ce genre d'éloquence. Bien que la modestie de Fauteur ail jusqu'ici soustrait aux lecteurs celte production si hautement intéressante, nous sommes heureux de leur faire partager les émotions que nous avons nous-même éprouvées en la lisant (b).
(a) M. l'abbé de Calonne est mort aux Trois-Rivières, le 16 octobre 1822, à l'âge de quatre-vingts ans.
{b) On la trouvera à l'Appendice, à la fin de cette biographie.
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Un peu plus de trois ans après, Monseigneur Plessis étant mor: (a), M. l'abbé Raimbault fut appelé à prononcer, dans l'église paroissiale des Trois-Rivières, l'éloge de l'illustre prélat, à la suite d'un service chanté pour le repos de son àme. Son discours, écho de tant d'âmes affligées par cet événement, et qu'ont répété lesinterprètes de la douleur publique, chargés de rappeler les titres de l'immortel prélal aux regrets des enfants de l'Eglise du Canada, a été imprimé, tout récemment, dans un recueil littéraire.
Il trace à grands traits les actes nombreux, les vertus éminentes, les œuvres saintes qui ont occupé le grand évêque pendant toute sa belle carrière, La parole grave et parfois noblement imagée de l'orateur, révélait de sévères études littéraires. Nul doute que cette oraison funèbre ne soit conservée avec amour par tous les enfants de l'Eglise du Canada, comme par tous les amis de l'histoire et de la littérature. C'était la nuit, dans ses laborieuses veilles que M. Raimbault écrivait et revêtait son stsie suivant les circonstances des accents de la joie ou des tons plaintifset graves de la douleur,
Eu parlant du séjour passager de M. Raïimbault à Liége, nous avons dit qu'il avait une dévotion fervente au Saint-Sacrement, En parcourant celte illustre cité de saint Hubert, arrosée du sang des martyrs, et qui avait même donné des chefs à l'Eglise universelle, M. Pabbé ne visita ni la place Saint-Hubert, ni la place Saint-Lambert, où ileût pu admirer les palais des anciens princes. Non, notre pieux visiteur ne cherchait pas la cathédrale de Saint-Paul, mais bien l'église de Saint-Martin. {l traversa, à cet effet, cette ville pour aller prier dans eette nef qu'avait visitée si souvent la vierge du Seigneur, sainte Julienne, élevée par les servantes de Dieu, les hospitalières du Mont Cornillon ; sainte Julienne, qui se donna tant de peines pour faire instituer la célébration de la fête du Saint-Sacrement, qu'un Evèque de Liége, Monseigneur Robert Torote, autorisa,
(a) À Québec, dimanche, le 4 décembre 1895.
à la suggestion des Frères Prècheurs (les Dominicains), et que confirma, en 1262, le Pape Urbain IV (a).
Dés les premières années qu’il fut curé de Nicolet, M. Raimbau't mit tout en œuvre pour donner à la fête du Saint-Sacrement une splendeur qu'elle n'avait pas atteinte jus ‘.e là, et, chaque année, il enchérissait sur les démonstrations des années précédentes, avec un zèle dont on a conservé la tradition au collége, à la cure et dans toute la paroïsse. Il avait mème fait faire un petit tableau, qu’on voyait encore, peu d'années avant sa mort, dans ses appartements, représentant la procession du Saint-Sacrement sortant de l’église paroissiale de Nicole. Cette charmante petite toile, placée entre deux gravures, l'Incarnation du Verbe et la Cène, produisait un bel effet, et montrait la tendre dévotion de ce pieux pasteur à Jésus-Christ fait chair pour nourrir ses enfants. Ce petit tableau nous donnait une idée de l’église paroissiale de Saint-Jean- Baptiste de Nicolet et de ses dépendances à cette époque. Elle attestait le goût de M. Raimbault pour les beaux-arts, et, comme on la déjà remarqué, sa grande dévotion envers la Sainte-Eucharistie.
On peut dire que, toute sa vie, ce fervent ecclésiastique avait travaillé à l’embellisseme, : ‘e la maison du Seigneur. Aussi, se plaisait-il à répéter ce moi du psalmiste : «Domine dilexæi decorum domus tuæ.» Ajoutons que, sur sa den:ande expresse, ce mot fut gravé sur son tombeau.
Nous nous reprocherions d'omettre, en parlant des œuvres de l'infatigable M. Raimbault, la mention de la belle prose qu'il composa en l'honneur «des SS. Anges Gardiens,» lorsqu'il était curé de la paroisse érigée sous ce vocable, dans Île diocèse de Québec. Cette fête, qui se célèbre le 2 octobre, il la solennisait avec toute la pompe possible. La prose que nous mentionnons ici fut chantée avec l'autorisation de l'Evêque qui l'avait examinée soigneusement. En voici quelques strophes
(a) Jacques Pantaléon, archidiacre de Liége, avant sa promotion au Souverain-Pontilicat.
et que
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que nous avons copiées, il ÿ à déjà bien des années, du livre du lutin, et qui nous ont paru notées et écrites de la main de l'auteur. Quelques années après le départ de ce vertueux ecclésiastique de la paroisse qu'il avait desservie avec tant de fruit, Monseigneur Plessis, y étant en visite épiscopale, la fit encore chanter à l'office du matin; il l'écoutail loujours avec
complaisance,
Hymne en l’honneur des Anges.
l'elices, concentibus Dicite solemnibus Angelorum gloriam!
Vos, memores putare Almam vestri psallite Quam illi agunt custodiam.
In supernis sedibus Funguntur muneribus Diversis unanimes,
Numinis Altissimi Hus in terras nuntii Jussa ferunt alacres.
Nunc os velant pavidi, Adorantes cernui, Nunc hymnos ingeminant,
000 00000 00000 000 00000 00000 00e une ns
Præmia victoriæ Ipsi norunt grati® Et gloriam Numini,
Pascit eos charitas, Nuda beat veritas, Sol verus illuminat.
Qui facit hæc otia Angelis, nos in vid Per hos Deus adjuvat,
0 nn ne nn de Donne ne de nonoû:
Heureux protégés! redites dans vos chants solennels la gloire de vos anges.
Oh! ne l'oubliez pas, chantez la tendre sollicitude qui veille sur vous,
Aux célestes demeures leurs fonctions sont diverses, mais leurs cœurs sont d'accord,
Messagers allègres et rapides, ils transmettent à la terre les ordres du Très-Haut,
Tantôt, tremblant de respect, ils se voilent la figure et se prosternent en adorant ; tantôt, ils répètent à l’envi leurs hymnes de louanges.
Le prix de leur victoire, ils le reconnaissent, est dû à la grâce, Et la gloire, à Dieu.
La charité, l'amour céleste est leur aliment, la vérité sans voile, leur béatitude, le vrai soleil, le jour qui les éclaire,
Dieu, qui fait, à ces anges celte douce paix, ce repos, nous les envoie pour aile dars notre rouie vers lui
Vix puer innascitur Custos cælo mittitur Ne quid hostis noceat,
Stat propè cunabulo Avertens periculo, Alumno pervigilat.
Quot monet conciliis, Quot fovet remediis, Nauta, tutor medicus,
Si nutes ille tint, Devias ? eccu.dolet, Hic dolor ne pereas,
Sed doluisse parüm, Porrigitille manum ; Hic dolor ut redeas,
Haustà Dei gratià Victà natientià Cusios unus superes
Lenta jam justitia Minitatur fulmina, Custos obvius adest,
Piis sedens artibue, Si mules in melius Quanta causa gaudii!
Particeps letitie Chorus omnis curim Festa movet canticis,
Pro perdito fleverant, De reduce nunc ovant, Tantus amor superis !
O ni:ortalis dignitas !
Cui divina bouitas Tantos dedit priusides,
\ peine un nouveau-né a vu Je jour q un gardien céleste descend vers lui, de peur que l'eunemi n'ose lui nuire,
L'ange, debout près du berceau, détourne les dangers et veillé avec sollicitude sur son petit protégé,
Que de bons conseils insintie, que de remèdes salutaires applique ce médecin, ce défenseur, ce guide!
Chancelez-vous ? il s'alarme ; déviez-vous du droit chemin ? il s'aflige, il craint de vous voir périr,
Mais il ne s'en tient pus à de stériles alarmes ; il vient vous tendre la main ; s'il s'émeut, c'est qu'il veut vous Voir revenir,
Quand la grâce est épuisée, quand l1 palience de Dieu s'est lassée, seul l'ange-gardien reste encore.
Si la justice divine, suspendant ses lenteurs, vous menace enfin de ses foudres, à l'instant l'ansro-gardien est là, il se pose à l'encontre comme un rempart.
Si, gagné par ses pieux artifices, vous devenez meilleur ; Oh! quel sujet de bonheur !
Partageant son allégresse, tous les célestes chœurs font éclater leurs transports par de joyeux cantiques,
Votre perte avait causé leurs larmes, votre retour présent Îles trans-
porte, tant savent anner les anges !
O Dignité humaine !
à qui la bonté divine 4 donné de pareils protucteurs,
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did tente so esotomonenno ere strain DrIÈreS OL n08 VŒUX,
Tu, qui facis angelos O vous, qui faites vos anges des Ignes, Deus, frigidos feux brülants, Seigneur, par votre Nos refove gratià, grâce, réchaulfez nos froideurs,
O beati cœlites, O bienheureux habitants des Simus vestri comites cieux, faites que nous partagions In perenui patriâ. Amen, avec vous l'éternelle patrie, Amen,
Un grand nombre de ces strophes sont faciles, heureuses et suaves. Toutes paraissent porter le eachet d'une Jatinité exercée,
Dans le genre profane, M. l'abbé Raimbault a remporté paretilement de véritables succès littéraires, [est regrettable que sa modestie nous ait dérobé tant de gracieuses productions. Les petites pièces suivantes feront voir au lecteur combien sont justes les regrets que nous formulons à ce sujet. Voici une occasion, entre autres, où sa muse se senlit provoquée.
Son Excellence le gouverneur Dalhousie, au moins de novembre 1827, avait fail part à quelques amis des beaux arts, qu'il avait convoqués, à cet effet, aux salles du château Saint- Louis, du projet qu'il avait formé, d'élever un monument à la mémoire des deux guerriers célèbres qui se sont illustrés sous les murs de l'ancienne capitale Un bureau de direction fut nommé, et fil appel au savoir des hommes de lettres du temps, pour se procurer les inseriptions qui devaient orner ce monument,
Plusieurs essais furent présentés, mais M. Raimbault, n'écoutant cette fois encore que son désintéressementel sa modestie, envoya, non pas au bureau de direction, mais à une feuille publique, les pièces que nous citons plus bas [voulut sarder le plus strict incognilo pour ne pas ravir aux concurrents le prix qui leur reviendrait, Quelle délicatesse, quelle grâce dans ces procédés !
Nicolet, avril, 1828,