ÉRIGÉ A QUÉBEC, EN
Monscalmus cecidit, sed non inglorius; a quo Contisas arces nil nisi mors rapuit
Wollius occubuit victor ; sic sanguine Ducis Albion obtinuit mænia tincta sui,
Pro patrià, pro rege, mori quâm dulce decorum que! His sint digna viris præmia, sera licet.
Ques simul una dies vidii cecidisse sub armis,
Una columna ferat nomina juncta simul,
Montcalm est tombé, mais non sans gloire ; la mort seule peut lui ravir ces murs que protégeait son bras,
Wolfe meurt vainqueur ; et Albion ne put arborer son drapeau que sur des murs teints du sang de son général,
Qu'il est doux, qu'il est beau de mourir pouf la patrie et pour son roi! Digne, mais hélas! trop tardive récompense de nos deux héros.
Un même jour les a vus tomber au champ d'honneur, qu'une même colonne reçoive et garde réunis leurs noms. F
Woifo et Monticalmo, viris heroico funere claris,
De patrid sud æquè meritis, 3 Quorum unum infaustum flevit Gallia Fe | Flevit et alterum victorern Albion, hunc lapidem,
Provincia Canadensis grata, dicabät
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À deux héros fameux par leur mort héroïque, / Et de mérites égaux envers leurs patries, dont l’un, dans son malheur, eut 1 les larmes de la France,
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PS rs:
Et l'autre en sa victoire fit pleurer Albion. A Wolfe et à Montcalm, Le Canada reconnaissant consacre cette pierre,
L'an COLLIER ULEEEERETEECINEELLRSLELLLAELLEELEE),
Miror inaccessis suspensas rupibus arces;
Miror eas potuisse capi sive arte, vel armis,
Düm duce impavido tectas et milite forti ;
Tela struunt cædem dum mille tonantia circûm, Quis tantas moles, praruptaque scandere saxa Audeat? Wolfus adest, qui mænia, classe relicta, 1 Expugnare ardens, ea jàm tenet alta triumphans, Prælia miscentur ; futali vulnere tactus Monscalmus cecidit, Lugentes cedite, Galli, Cedite, sed tanto debetur victir.a duci.
Wolfus et occubuit victor : sic gaudia luctu Turbantur; partam caro sic sanguine palmam Obtinuere sui, Nunc ætas postera laudes Heroum dignas, præclaraque funera dicat, Gloria quos eadem junxil, nune nomina grati Amborum aspiciant simul uno marimore cives,
Suspendue eur ces rochers inaccessibles, j'admire cette citadelle,
Comment ? par quel art? par quelles armes, a-t-elle pu devenir la proie
Qui donc, sous les yeux d’un général intrépide et d'une garnison sans peur et sans reproche, qui done, sous le feu de ces mille bouches tonnantes qui vomissent partout la mort,
Osera tenter d'escalader os énormes murailles ot ces rochers escarpés ?
Le voyez-vous? Pressé du désir de renverser ces remparts,
Woife 4 quitté sa flotte, il arrive et bientôt une victoire insigne lui nur donné es murs qui dominent les hauteurs,
Le combat s'engage, les feux se croisent, un trait lancé au hasard a frapp® un héros, Montcalm tombe.
Pleurez, fs de la France, retirez-vous
Retirez-vous, imais la mort d'un tel chef réolume inexorablement une victime.
Wolfe lui-même aussi meurt avee la palme à la main
Cest ainsi que le deuil vient troubler un triomphe; c'est ainsi qu'un sang éher à valu aux vainquefs la possesst p de cos murs
Puisse la postérité célébrer dignement ces héros et redire à jamais tour mort glorieuse !
Ils ont été égaux, en partageant la gloire ; que leurs noms réunis, gravés ici par la reconnaissance, partagent le même monument,
Nous nous empresserons d'ajouter que M. l'abbé Raimbault fournissait de temps à autre des articles aux journaux de Ja province, et aussi à l'Ami de la Religion et du Roi, publié à Paris, par le célèbre abbé Picot, que nous avons déjà mentionné ; mais, telle était sa délicatesse qu'il ne voulut jamais donner une ligne qui pt compromettre quelqu'un, où prêter à de fâcheuses interprétations, L'éditeur de ce journal francais sollicitait incessamment de sa plume des renseignements sur l'état de la religion en cette colonie,
En 3824, il lui demanda des détails sur les affaires ecclésiastiques, et particulièrement sur ce qui concernait la con-écration épiscopale de Mgr. Lartigue, Fun des suffragants de l'évêque de Québec, préposé à Padministration du distriet de Montréal, et auquel on faisait, dans le temps, une opposition assez peu mesurée. M. le curé Raimbault ne voujut pas écrire, à cette occasion, le moindre détail, dans la crainte que, par induction, on s'exprimät d'une manière peu exacle ou peu respectueuse envers les prêtres d'une maison pour laquelle il avail toujours professé une singulière vénération, ou qu'on pût mal présumer des dispositions de Monseigneur Plessis. On peut juger par ce fait de la délicatesse avec laquelle M. Raimbault procédait en toute circonstance et envers tout le monde,
I faut en convenir, la conduite de ce digne ecclésiastique fut en tout point des plus édifiantes. IF était connu partout, surtout dans le district des Trois-Rivières, el partout honoré, D'une dignité toujours égale aux situations, grave en toutes circonstances, il se montrait doux etrésigné & tous les instants, humble en toute rencontre, et parfaitement détaché des choses de la terre,
Pendant les quarante-trois ans qu'il a été en cette province, il fut toujours véritablement animé de l'esprit ecclésiastique.
Au milieu de son petit troupeau, dans le collége et dans les paroisses environnantes, il a exercé un sacerdoee efficace : il s'est montré prêtre accompli et imbu de l'esprit de son état. Aussi, le elerge et les évêques lui doanérent-ils une confiance sans limites. Dès qu'il fut fait archiprètre, pas une bénédiction d'église, pas une cérémonie publique n'avait lieu sans qu'on y appelât M. Raimbault pour rehausser l'éclat de la fête. Mais aussi, avec quelle dignité il présidail ces cérémonies ? Quelle grâce il prêlail à ces gracieux concours ! Togs s'en souviennent, Comme il se montrait prévenont, facile, doué de jugement, plein du sentiment des convenances, et toujours distingué par une grande élévation d'âme.
En 1826, Mur Panel, évèque de Québec, lui donna un vicaire, M. Henri-Liboire Girouard (@) fut le premier de cette belle suite d'ecclésiastiques qui se sont formés sous Jui, et qui l'ont soulagé dans l'exercice du ministère pastoral, Ce vénévable vétéran du sanctuaire faisait de son vicaire son conseiller, son frère et son ami. En bon et vertueux curé, cet homme de Dieu avertissait ses paroissiens que les supérieurs ne lui donnaient pas un aide pour qu'il prit du repos, mais plutôt pour qu'il fût plus spécialement oecupé de ses ouailles, et qu'on ne devait pas se priver de recourir à son ministère, quoiqu'il fût faible et déjà âge.
Son goût pour l'étude et pour les pieuses lectures semblait se fortilier avec l'âge. On eût dit qu'il était jaloux, dans ses dermères années, de reprendre les moments que, par le passé, il avait donnés à tant de choses qui, disait-il, auraient dù li rester étrangères, I trouvait dans sa bibliothèque et dans les collections de livres du collége de quoi satisfaire ses goûts et ses inclinations. C'est avec les livres ascétiques qu'il se familiarisa davantage, parce qu'ils faisaient ses délices. Disons, toutefois, que ses éludes ne le détournaient pas de laccomplissement de ses nombreux devoirs. Cependant, on a pu le
(a) Aujourd'hui curé de Saint-Simon, au diocèse de Saint-Hyacinthe.
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