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Plus tard, mais encore à l'Ange-Gardien, M. Raimbault eut pour élève un frère du digne cure, M, F,-M. Huot, Nous voulons parler de Charles-P, Huot, écuyer, notaire à la Baie Saint-Paul, comté de Charlevoix, homme de probité, qui à toujours marché d'un pas sûr dans la voie du devoir.
Nous nous garderons bien d'omettre, en énumérantles noms des élèves de ce digne instituteur, le jeune P. Schuvler, le fils du général Schuyler, de New-York, qui s’est distingué en tant d'occasions dans la guerre de l'indépendance des Etats-Unis,
Ces jeunes gens faisaient l'édification de la paroisse et la joie du vénérable prêtre à qui était échue la charge de diriger leurs âmes dans les douces voies du Seigneur,
Tous ces élèves avaient pris à son école des habitudes laborieuses et régulières, quoique leur âge et leur caractère eussent pu faire croire qu'ils en étaient peu susceptibles, C’est qu’en effet, M. Raimbault avait un talent extraordinaire pour gagner l'affection de ses élèves et pour les former à la vertu. Chez lui l'amour de l'ordre était sans égal. Les fonctions qu'il rem plissait auprès de ses chers élèves le gènaient beaucoup ; mais il savait se contraindre pour être utile. Dévouement austère, continuel et parfois bien ingrat, que la société ne sait pas toujours apprécier el qui n’a sa récompense que dans la vertu même !
Pour reconnaître pabliquement les précieux services que ce bon lévite rendait à la religion, Monseigneur Plessis lui donna la satisfachion de voir conférer les ordres sacrés à ses élèves dans l’église même de l'Ange-Gardien, tant de fois témoin de leur piété, de leur ferveur et de leurs vœux. L’illustre Evèque avait élevé M. l'abbé Painchaud à la prêtrise, dans cette modeste église, ie samedi (21) des Quatre-Temps de septembre
à Québec, ordonné prètre en mars 1813, après avoir terminé ses études théologiques au Séminaire de Québec, et qui, après avoir été quelque temps vicaire à Saïat-Laurent, près de Montréal, remplaça M. l'abbé Painchaud dans sa mission de Carleton et devint successivement curé de Saint-Paschal, de Saint-François du Lac, de Saint-Paul de Lavaltrie, etc. Ce dernier est mort à Montréal, le 5 mai 1856.
1805, et, le mâme jour, M. François-Mathias Huot était introduit dans la milice du sanctuaire, et recevait la tonsure clericale, Grande fut la fête : nombreux clergé, affluence considérable de peuple, démonstrations les plus sincères, tout concourut à relever l'éclat du jour. Les paroissiens attendris, qui avaient vu grandir sous leurs yeux ces deux précieux sujets, se montrèrent bien reconnaissants envers leur digne curé auquel ils se croyaient, avec raison, redevables d'une si belle cérémonie,
Quelles douces pensées, quels sujets de consolation pour M, Raïmbault, qui prenait encore plaisir, plus de trente ans après, à raconter cet événement !—«ÆEt le lendemain, disait-il, Pabbé Painchaud chantait sa première grand'messe, et je faisais prêtre-assistant, Je prèchai, ce jour-là, sur les avantages de servir Dieu dès sa jeunesse, »
Ce n'était pas, au reste, la seule fois que l'illustre et bienveillant prélat accordait pareille faveur à M. l'abbé Raimbault, M. P'ainchaud avait été tonsuré dans cette même église, le er février 1801, le jour même que M. Charles-F. Huot y fut ordonné prêtre.
Monseigneur Denaut, Evêque de Québec, voulant, à cette époque, utiliser davantage les services et le zèle de M. l'abbé Girouard, alors curé de la Pointe-aux-Trembles de Montréal, l'appela à la direction de la vaste paroisse de Saint-Hyacinthe, où ce saint prêtre a laissé des traces impérissables de son dévouement au bien public (a), et M. Raimbault dût lui succéder à la Pointe-aux-Trembles, le fer octobre 1805. L'Evèque, par cet arrangement, se flattait de garder près de lui ce vertueux prètre dont il appréciait hautement la sagesse et la prudence, et qu'il se proposait de mettre souvent à contribution.
Nous renonçons à parler du départ du digne curé, de sa paroisse de l'Ange-Gardien. Les liens étroits qui l’unissaient à
(a) M. Girouard était depuis quinze ans curé de la Pointe-aux-Trembles, Ce digne prètre, ce fondateur de deux maisons de haute éducation, est mort, à Varennes, en 1832.
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ses chers paroissiens ne furent pas rompus sans douleur. Et ceux qui connaissent l'attachernent que, de tout temps, les bons paroissiens de l'Ange-Gardien ont témoigné à leurs pasteurs, comprendront facilement notre réserve.
jans sa nouvelle paroisse, M. l'abbé Raimbault fitle bien d’une manière solide et durable, comme le font les ministres des saints autels, remplis de l'esprit de leur état. Ses paroissiens éprouvèrent bientôt les effets de sa charité, et, lorsqu'il en partit, il emporta leurs regrets les plus vifs et les plus profonds, quoiqu'il n'eût été qu'environ un an au milieu d’eux.
M. l'abbé Raimbault avait des connaissances solides en droit canonique, en histoire, et paraissait fort versé dans les études philosophiques, comme aussi dans les sciences mathémuthiques. Son savoir et ses hautes capacités faisaient regretter aux amis des lettres que sa mauvaise santé ne lui peruit pas de donner son concours aux maisons de haute éducation, selon les vues des Supérieurs Ecclésiastiques et les goûts de ce sujet précieux. Ces vœux, cependant, ne datant pas tarder à se réaliser,
Au mois d'octobre 1805, Mgr. Denaut érigea en collége ou petit séminaire l’école fondée à Nicolet, par M. Brassard ancien curé de cette paroisse (a). Sa Grandeur nomma M.
(a) La famille Brassard, originaire de Candoue, dans l'ancienne
vince (du Poitou, en France, a fourni, dans le siècle dernier donne tas celui-ci, plusieurs ouvriers à l'Eglise du Canada. M. Ls.-Mario Brass se dont il s'agit ici, naquit à Québec en décembre 1725. Il était fils DS À J.-Bte. Brassard et de Dame Me, Hujé Lagroix. Ayant terminé son go 4 classique au Séminaire de Québec, en 1747, M. Brassard y contintis je cours de ‘aéologie, fut ordonné prètre le 21 décembre 1749, par M Fe Pontbriand, et fat envoyé à Charlesbourg, en qualité de vicaire au “e de M. Morisseau, qu'il aida pendant près d'un an (Réieirie 6 , lesbour). Nous lisons quelque part qu'il passa près de deux A ae missions du Cap-Breton, où il recueiilit de nouveaux mérites ; mais ou croyons qu'il s’agit plutôt de M. Frs.-Xavier Brassard, prêtre ‘cibnné Es 1744, qui fut curé de Saint-Michel, etc., etc. Quoiqu'il de soit ee ni octobre 1750, M. Ls.-M. Brassard fut chargé de la desserte des jai ù de Saint-Jean-Baptiste de Nicolet, et de Saint-Antoine de la ab de Febvre. Ce ne fut que plus de trente-cinq ans après qu'il fut déchargé du
A'exis Durocher, alors curé de cette même paroisse, pour en être le Supérieur, et M. l'abbé Roupe pour en diriger les
soin de cette dernière paroisse, ayant à donner ses services aux familles qui déjà formaient un établissement assez considérable entre Bécancour et Nicolet, et que les Supérieurs érigèrent plus tard en paroisse sous le vocable de Saint-Grégoire.
Vers la fin de l’année 1793, M. AI. Durocher fut envoyé auprès de lui, en qualité de vicaire, d'abord, et, dans la suite, il lui continua ses services sous le titre de curé d'office.
M. Brassard mourut des suites de ses infirmités, dans sa maison privée, à Nicolet, le 27 décembre 1800; &t, le 29, il fut inhumé dans le sanctuaire de l’église paroissiale, au côté de l'Evangile.
M. le curé Brassard a occupé la partie du vieux collége la plus rapprochée de l’église-paroissiale, le bout nord. Ayant acheté une terre de trois ou quatre arpents de front sur quarante de profondeur, sur la rive N. E. de la rivière Nicolet, il en avait donné une partie à la fabrique, en échange de la terre sur laquelle était construite l’ancienne église. M. Brassard était, depuis quelques années, attaqué d’ae paralysie qui le minait tellement, qu’en 1794, il ne pouvait plus marcher, ni mème manger seul.
Par son testament, en date du 27 jan’ier 1787, M. Brassard donuait sa maison et les biens qui en dépendaien, pour ériger une école paroissiale qui devait être sous les auspices et même sous le contrôle de Mgr. l'Evêque de Québec. Ce testament n'ayant pas été trouvé valable, ses biens revenaient de droit à un frère de M. le curé Brassard. Ce parent, pour se conformer aux louables intentions du respectable défunt, voulut lui-même faire de nouveaux titres de donation, de cession, etc., à Mgr. Denaut. Cet établissement s'étant trouvé enveloppé dans la succession de l'Evèque de Québec, fut racheté par son successeur, C'est cette école qui, grâce à la protection spéciale, et à la munificence de Mgr. Plessis, jointes à la coopération de deux de ses successeurs, a toujours grandi et a pris un rang si distingué parmi les hautes institutions du pays, sous le titre de Collége de Nicolet.
Outre le frère aïné de M. le curé Brassard, que nous avons mentionné, comme ayant servi l'Eglise en qualité de prètre, nous devons citer deux de ses sœurs qui entrèrent au monastère des Ursulines de Québec. L'une, Dlie. Charlotte Brassard, prit en religion le nom de Sainte-Claire, L'autre, Dile Me.-Anne, en religion Sainte-Madeleine, fit son entrée chez les Dames Ursulines en décembre 1755. Elle mourut en 1815, âgée de 80 ans, dont 99 passés au monastère et consacrés presque tous à l’enseignement.
Tout le monde sait que trois prêtres de ce nom et de cette famille contribuent à faire l’ornement du clergé de Montréal. L'ainé, M. Moïse Brassard, aujourd’hui curé de Saint-Roch de l'Achigan, a été pendant plusieurs années procureur au Collége de Nicolet. M. Léandre Brassard, curé de Saint-Paul de Lavaltrie, a trouvé, comme son frère ainé, dans son patrio-
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études (a). Ce dernier n'était alors que sous-diacre ; cependant il fut bientôt ordonné prêtre et continué dans cet emploi pour lequel il avait bien toutes les aptitudes, mais que sa faible complexion l'obligea d'abandonner quelque temps après.
Monseigneur Denaut étant mort à Longueuil, le 17 janvier 1806, eut pour successeur immédiat, au siége épiscopal de Québec, Mgr. Jos.-Oct. Plessis. Dès son installation au sicge pontifical, le grand prélat songea à visiter Nicolet, et à y effectuer des arrangements qui devaient donner plus d'étendue et plus de stabilité à cet établissement ouvert à la jeunesse canadienne, S'y étant rendu, dès le mois de mars suivant, le prélat célébra les saints mystères dans l'église paroissiale, et donna au peuple réuni en foule une instruction sur les avantages de l'éducation religieuse. Les élèves de cette maison, et les fidèles présents à celle cérémonie, accueillirent avec intérèl et piété les avis et les conseils de leur Supérieur Ecclésiastique, conseils auxquels son accent pénétré et son ton paternel ajoutaient une nouvelle force.
Peu après, pour donner plus de relief à l'établissement, l’Evêque voulut d’abord en augmenter le personnel, puis élever le niveau des études qu'on y faisaitafin de lui imprimer un: nouvel essor. Le judicieux prélat, pour réaliser ses vues, crut
tisme et son désintéressement, d'amples ressources au prolit des colons. Et M. Th. Brassard, curé de Saint-Miche! de Vaudreuil, a toujours montré un zèle effectif pour le soutien de la cause de l'éducation.
(a) M.J -Bte. Roupe, né à Montréal, ordonné prètre le 27 janvier 1805, fut ie premier directeur du Collége de Nicolet. Il en avait rempli les fonctions, n'étant que sous-diacre. 11 passa peu après au vicariat de Varennes puis alla ensuite exercer les mêmes fonctions pendant trois ou quatre ans à Saint-Rôgis. Ce vertueux ecclésiastique obtint bientôt la perm ssion de s’agrèger au Séminaire de Montréai. Au collége, ce prêtre, toujours si laborieux, faisait une classe aux élèves, la conférence aux ecclésiastiques de la maison, prèchait chaque dimanche dans la chapelle après la récitation de l'office de la sainte Vierge, et souvent à l'église paroissiale. Il y confessait beaucoup de personnes et y chantait la grand'messe chaque secord dimanche. Aussi, y fut-il beaucoup regretté lorsque sa mauvaise santé l'obligee de quitter ce poste pour se livrer au ministère paroissial. Le lieux abbé Roupe est mort, à Montréal, le 4 septembre 1854.
devoir s'assurer le concours de M. l'abbé Raimbault, parce qu'il trouvait réunies en ce digne ecclésiastique les aptitudes et les éminentes qualités qu'exigeait cet important objet. Cette belle intelligence mise au service de cette maison lui offrait les meilleures garanties de prospérité et de stabilité. Aussi les succès de celte grande institution ne tardèrent pas à justifier les prévisions du pontife.
Monseigneur l'Evêque de Québcee ne devait pas laisser plus longtemps inutiles à la cause publique les capacités éminentes de M. l'abbé Raimbault. Dans les divers emplois qu'il avait remplis, il avait fait preuve de talents remarquables et d'une science exacte, toujours relevée par des formes brillantes. 11 était partout reconnu pour un homme du premier mérile, joignant à une grande fermeté beaucoup de douceur, et, à une habitude consommée des affaires, un esprit de conciliation qui ne pouvait manquer de lui assurer dans son nouveau poste la grande autorité qui lui était nécessaire.
En septembre 1806, M. Raimbaull fut done nommé euré de Nicolet. 11 laissait la Pointe-aux-Trembles, qu'il n'avait pas desservie pendant une année entière, pour aller y remplacer M. Alexis Durocher (a), qui devait lui succéder à la Pointe-
(a) M. Alexis Durocher, premier supérieur du collége de Nicolet, naquit à Saint-Pierre du Portage (L'Assomption), le 31 mai 1767. Son père, Sieur J.-B. Durocher, était marchand, et fut, dit-on, assez heureux dans les affaires.
Hitit ses humanités sous M. Curateau, à la Longue-Pointe, puis à Montréal, et alla, pour ses cours de philosophie et de théologie, étudier au séminaire de Québec, en 1788.
M. l'abbé Durocher fut ordonné prêtre, le 9 avril 1791.
Après son ordination, ses services ayant été requis au séminaire de Qué-
parce ludes Celte frait si les lilier
aux-Trembles. La Providence enlevait l'abbé Raimbault à l'affection d'une paroisse, pour faire le bonheur d'une autre, où ses aimables qualités ne pouvaient que rendre son ministère très-efficace. Elle lui fournissait, en outre, l'ocvasion de
bec, M. Durocher était chargé de dire la messe conventuelle, chez les Dames Ursulines; et, sur la fin de l'année 1793, Mgr. Hubert l'envoya comme vicaire auprès de M. le curé de Nicolet, M. Louis-Marie Brassard, devenu paralytique.
Depuis quelques années déjà, M. le curé de Nicolet faisait le service religieux dans l'église paroissiale actuelle.
M. Brassard, archiprètre, curé de saint-Jean-Bantiste de Nicolet, occupait sa propre maison. C'était la partie du vieux collège qui s'étend depuis la porte d'entrée jusqu'à l'extrémité nord de l'édilice, simple corps de logis, en pierre solide, mais modeste, mesurant 50 pieds sur 30. C'est en 1807, par les soins de Mgr. Plessis, que cet édifice fut allongè et approprié d'une manière plus convenable à sa destination,
Les intirmités qui minaient le vieux curé, et les incommodités qui en résultaient, l'obligèrent, au commencement de l'année 1799, à se démettre de son bénéfice : alors M. l'abbé Durocher commenca à y exercer les fonctions cüriales:; mais ce ne fut qu'en 1x01, qu'il fut nommé curé titulaire de Nicolet, car, jusque là, l'évèque de Québec, Mgr. Denaut, avait en vue d'effectuer des arrangements qu'il ne put compléter, toutefois, que bien plus tard.
M. Durocher avait “té témoin du zèle et du dévouement de M. Brassard pour l'éducation des enfants de ses chers paroissiens de Nicolet. Il avait été contristé de voir qu'après son décès, ses intentions bienveillantes avaient été sur le point d'être frustrées; aussi, avait-il dirigé les choses prudemmeut sous les auspices de l'évèque qu'il informait régulièrement de la disposition des esprits. Le testament du bon curé n'était pas fait en tout point selon les exigences de la loi, Un arrangement fut conclu avec M. Pierre Brassard, frère du curé, et son héritier naturel.
Grâces donc à l’activité de M. Durocher, l'tablissement fut maintenu, les héritiers se montrèrent pleins de libéralité et de bonne foi. Ce fut alors qu'on y donna des cours classiques réguliers et que s'y commença l'enseignement du latin, enfin, la maison recut une nouvelle organisation et pri! un nouvel essor, Toute sa vie, M. Durocher se montra fort sensible à ce déplacement auquel il ne s'était pas attendu, car il s'était beaucoup intéressé à la fondation et au développement de l'école paroissiale élevée par son vénérable fondateur.
L'évêque de Québec avait nommé M. Durocher Supérieur du collége, dès 1803, mais il fut rappelé de ce poste en 1806. L'abbé Durocher mourut à la Pointe-aux-Trembles, le 30 juin 1835, à 68 ans.
rendre d'incalculables services à Ja cause de l'éducation. Eufin, un autre ordre d'événements paisibles s’ouvrait devant Jui. I sut en mesurer l'étendue du premier coup d'œil et se maintenir à la hauteur des circonstances.
Nommé Supérieur et Procureur du Collége de Nicolet, dès son arrivée en celle paroisse, cette‘institution devint bientôt florissante sous son administration si fructueuse, et si remarquable par l'activité et la persévérance qu'il déploya dans la charge de Supérieur, En effet, M. Raimbault est devenu une des gloires de notre pays par les divers talents dont il a fait preuve dans le poste qui lui avait été confié, et pat le grand nombre d'hommes distingués sortis de cet établissement, auquel il se voua sans réserve.
Il s'attacha, de bonneheure, à former les jeunes gens aux conpaissances et aux vertus du ministère ecclésiastique. Pendant plus de trente ans, il vit se succéder dans cette maison un grand nombre de sujets qui lui conservèrent loujours le plus profond respect et le plus religieux attachement, Comme procureur, sa tâche était plus laborieuse. Il lui fallait pourvoir à tout, avec prudence et avec ménagement, consulter les goûts des individus, ne pas blesser les susceptilités et se conformer aux vœux des administrateurs de la maison. Tout était à faire, à créer ; il &'y avait alors ni organisation à maintenir, ni système arrêté. Les moyens pécuniaires faisaient défaut; on ne comptait ni ressources puissantes, ni appui considérable. Le procureur ne pouvait procéder, établir, organiser, qu'avec hésitation, au hasard, après des tâtonnements inévitables, et encore avec une pareimonie bien déplorable, mais imposée par les circonstances. Combiner patiemment, améliorer sans cesse, c'est là, il faul en convenir, un grand mérite. M. Raïmbault fut au niveau de ce devoir, quoiqu'il fût encore peu familier avec les habitudes et les usages des populations agricoles, et malgré que les moyens de communication fussent assez difficiles, il y a quarante ou cinquante ans. Ceux qui lui ont succédé à cette charge, à laquelle il avait été pendant plus
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de vingt ans attaché, ont été heureux de profiter de ses indications et de ses données.
M. Raimbauly, malgré ses nombreux devoirs, desservit sa paroisse avec une piété toujours soutenue, se distinguant par cet esprit d'ordre et de régularité qu'il avait partout mis en honneur. Prédicateur onctueux et persuasif, il eut bientôt conquis l'estime et l'affection de ses ouailles. Sa cordialité franche lui acquit en peu de temps une juste influence ; et les anciens paroissiens de Nicolet se rappellent encore avec plaisir les rapports qu'ils ont eus avec cet excellent pasteur. Nous regrettons de ne pouvoir suivre dans leurs détails les renseignements que nous avons eus sur sa sagesse el sa prudence dans l'administration des paroisses,
I y avait environ trois ans que M. Raimbault était à Nicolet lorsque M. Joseph-Onésime Léprohon fut envoyé au collége comme régent. Bientôt M. le Supérieur se lia d'amitié avec ce vertueux ecclésiastique, et le fer octobre 1816, il le vit placer auprès de lui comme directeur du Séminaire, remplacan! en cette capacité M. L. Archambault, le même qui, plus lard, fut curé de Saint-Michel de Vaudreuil (a).
(a) M. Paul-Loup Archambault, né à Saint-Toseph de la Rivière des Prairies, au diocèse de Montréal, le 27 septembre 1787, étudia au Séminaire de Montréal. 11 avait d'abord été envoyé (en 1805) au Collège de Nicolet pour y enseigner leshumanités, 11 y revint ensuite en 1813 en qualité de Ditecteur ; M. Archambault fut ordonné prètre en octobre 1812, et dirigea la maison de Nicolet jusqu'au mois de septembre 1816, époque à laquelle il fut nommé curé de Saint-Michel de Vaudreuil, où il s'est constamment distingué par la pratique des plus rares vertus. En 1841, Monseigneur l'Evêque de Montréal, appréciant la douceur, le zèle, la piété et les autres vertus sacerdotales qui relevaient le beau caractère de M. Archambault, lui donna des lettres de Vicaire-Genéral avec le titre de Chanoine-Honoraire de la Cathédrale de Montréal, Ce digne et pieux prètre mourut à Vaudreuil, samedi, 20 février 1858. Qu'il nous soit permis d'ajouter ici quelques lignes qui nous furent adressées au moment de sa mort. «Le curé de Vaudreuil m'a toujours paru fort aimable, plein de douceur et de piété, Doué d'une franchise qui allait presque à la belle naïveté, d'un cœur compatissant, d'un esprit de sacrifices qui ne connut pas de bornes, comme l’attestent ses fondations, il était bon confrère, bon ami, bon conci-
Né à Montréal, le 6 février 1789, et élevé au collége de cette ville sous les auspices de MM. de Saint-Sulpice, M. Léprohon avait élé ordonné prêtre au mois de février 1814 (a).
On sait les services qu'il a rendus à la maison de Nicolet pendant plus de vingt-cinq ans qu'il la dirigea. Il mourut au presbytère de Nicolet, le 19 mai 1844, ayant succédé à M. Raimbault comme curé de cette paroisse. Humble, mais dévoué, pieux et prudent, luiseul ne se doutait pas de son mérite transcendant. Plein de douceur et de modestie, il joignait le caractère le plus aimable aux connaissances les plus étendues, Ses accupalions constantes auprès des sujets de la maison ne lui firent jamais oublier ses devoirs, ni l'esprit de son état. Il a fin ses jours dans les sentiments de la piété qui l'a loujours animé, après avoir préparé au ministère des autels un grand nombre de saints prêtres qui chérissent le souvenir de ce vertueux directeur. Nul mieux que lui n'a réussi à se concilier la confiance de ses supérieurs, Paffeclion de ses confrères et le respect des fidèles.
C’est à l'éducation de la jeunesse que ces deux prêtres con-
sacraïent leurs talents, leurs forces et leur savoir ; et le public sait qu'ils ont dignement rempli leur mission, Tous deux ont donné à la noble cause de ;'instruction et de l'éducation des gages que nul ne saurait méconnaitre.
Malgré les travaux de tous genres auxquels M. Raimbaull se livrait, ce digne ecclésiastique ne négligeait en rien le petit Séminaire auquel il était fort attaché ; et quoiqu'il le dirigeàt
toyen et, qui plus est, le vrai bienfaiteur des pauvres. Est-il étonnant que de pareils hommes, si richement doués, soient aimés de tous pendant leur vie et qu'ils emportent les regrets de toute une population en mourant. »
(a) M. Joseph-Onésime Léprohon avait été professeur au Collége de Nicolet en 1809. Ordonné prètre en 1814, il fut quelque temps vicaire à Des chambault. Depuis le mois de janvier 1816, jusqu'au mois de septembre de la même année, il avait desservi la paroisse de Saint-Mathieu de Belcæil, Il avait dirigé ce coilége pendant vingt-cinq ans, lorsqu'en 1841, il prit l'administration de la paroisse de Saint-Jean-Baptiste de Nicolet, où il mourut en odeur de vertu, On ne pouvait pas donner un plus digne successeur à M. Raiïbault.
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avec une affection toute paternelle, il n'oubliait rien néanmoins de ce qu'il devait à sa paroisse.
Simple dans ses mœurs, dans ses goûts, dans son ameublement et dans tout ce qui se ratlachait à sa personne, M. l'abbé Raïmbault trouvait moyen de soutenir le collège, et d'en améliorer les constructions dépendantes. Les travaux que sa générosité a soutenus sont innombrables. Mais, nous devons dire aussi qu'il eut souvent recours à la bourse de ses amis pour les conduire à bonne fin.
M. l'abbé Raimbault s'intéressait vivement aux jeune: talents. 1 s'occupait néanmoins plus spécialement des aspiants au sacerdoce, et, à plusieu.s, il a rendu des services signalés. Il encouragea les vocations et de ses conseils et de ses revenus; car toute sa vie il surveilla ses dépenses avec la pius stricte économie. C'est celte économie sévère qui donnait à ce respectable prêtre le moy®n de contribuer si largement à l'embellissement de la maison du Seigneur, et qui lui permettait d'ouvrir sa bourse à toutes les bonnes œuvres de ce genre.
Nous nous garderons bien de passer sous silence les services que M. Raimbault a rendus comme missionnaire des cantons du Sud. Si nous nous rendions coupables de cet oubli, les habitants de ces importantes et populeuses localités nous reprocheraient bien légitimement de méconnaitre les services du premier missionnaire de Drummondville, au canton de Grartham, où le colonel Herriot vint déployer sa tente en 1815, et que M. Raïwbault alla visiter peu après, sur l'ordre de l'Evêque de Québec, et à la demande du chef de cette colonie naissante. Pendant ejnq aniées consécutives, M. Raimbaull y continua ses visites comme missionnaire, se rendant avec ponctualité dans ces cantons à la fin de l'été et chaque hiver.
Toujours rene, patient et généreux, ce bon prêtre se faisait out à tous pour faciliter à ses chères ouailles l'exercice des devoirs rigieux, M revenait loujour: de cette excursion avec Ja joie sur Île visag: et avec le désir de faire davantage pour ces courageux colons, «de suis bien, malgre mes fatigues,
disait-il dans ses laborieuses journées, umpeu de sommeil sous le chaume me remet, » On a bien eu raison de dire: « Securos prœbet casa somnos.» Certes, la vie du missionnaire, si elle a ses consolations et ses dédommagements pour le seldat de Jésus-Christ, est, 1 faut l’avouer, toute hérissée dc soueis, de tribulations et de labeurs. Et, surtout à l'époque où ce dire ecclésiastique pareourait ces nouveaux établissements, là visite en élait fatigante et pémie au suprême décre pour le missionnaire.
M. l'abbé Raimbault seconda avantageusement le zèle de Monseigmeur Plessis pour l'agrandissement du collége de Nicolet, auquel on travailla, à trois ou quatre reprises, avant de songer à eonstruire la vaste maison qui fait, depuis plus de trente ams, l’orgueil des diocésains des Trois-Rivières, et la gloire âu elergé canadien. Ce dernier à toujours montré la mème une de vues, d'efforts et de sacrifices pour maintemr celte belle institution, à une époque surtout où il était peu nombreux et sans cesse sollicité de prendre part à d'autres œuvres d'utilité ou de bienfaisance.
Toujours ferme, toujours prudent et mesuré, M. Raimbault savait diseerner ee qui était le plus utile et le plus profitable à cette belle institution qu'il avait à cœur de rendre prospère ; aussi ne négligea-t-1l aucun moven de la rendre florissante, autant pour justifier la confiance qu'on reposait en ses lumières, que peur permettre à la corporation de donner plus d'essor à son zele pour l'éducation des enfants du sol.
L'aneien collège de Nicolet n'avait que cent-vingt pieds en longueur sur trente-sept en largeur. Tout l'édifice consistait en un rez-de-chaussée et la mansarde. Dès 1820, il s'agssait
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bault s'occupa patiemment de cette œuvre, el ne se ménagea aucunement pour la conduire à bonne fin.
Mgr. Plessis, voulant maintenir le collège de Nicelet au niveau des principales maisons d'enseignement, coargea M. Raimbault de préparer un plan de l'édifice en contemplation, se proposant d'en hâter la construction au moyen de souscriptions prélevées sur la charité des prêtres et sur la libéralité des citoyens.
M. l'abbé Raimbault, qui avait une grande propension à obliger et du zèle pour le succès de l'œuvre, aida puissamment à cette entreprise, en faisant venir la pierre, les bois de charpente et les autres matériaux nécessaires, en temps opportun et à des prix avantageux ; mais il refusa d'abord de présenter un plan de la spacieuse construction projetée. Il voulait, en tempor:sant encore, connaître quelle spmme on pourrait réunir et approprier à ces travaux.
Dès 1824, Monseigneur l'Evèque de Québec avait décidé M. l'abbé Léprohon à faire une collecte dans le diocèse pour donner aux amis des lettres l’occasion de contribuer à cette belle œuvre. Dans un seul été, en parcourant les campagnes, ce constant ami de la jeunesse canadienne, reeueillit une somme d'environ deux mille louis, On continua à recevoir les dons et les contributions des amis de l'éducation ; et les sommes ainsi réunies formèrent bientôt un montant évalué à plus de seize mille piastres. Les movens et les voies d'exécution étaient assurés ; la sympathie et la coopération active des citoyens v répondtrent amplement.
Monseigneur Plessis mourut en décembre 1825 ; mais, peu auparavant, Sa Grandeur avait envoyé à Nicolet le plan de l'édifice qu'elle avait en vue d'éleverincessamment, M. Demers, vicaire-géneral, supérieur du Séminaire de Québec, en avait préparé un, mars M. Raimbault le modifia de telle façon, après avoir visité en détail les appartements du Séminære de Québec et ceux du College de Montréal, dans le but de donner à l'édifice proyeté toutes les commodités et les avantages possibles,
que, dans la suite, M, Demers refusait d'admettre que cette maison ent été construite d'après ses données,
Los travaux de la nouvelle construction furent conduits avec beaucoup d'énergie ; et, le 40 mai FN27, on en ftbénir la premiôre pierre, Un peu plus de trois ansaprès, cette école de la religion, ce temple des muscs, était ouvert à l'empressement de la jeunesse canadienne, .
Quelques détails sur la cérémonie de la bénédiction de ce noble édifice et sur son inauguration, ne seront pas considérés iei comme des hors-d'œuvre, puisqu'ils nous fourniront l'occasion de faire voir comment M. Raimbault savait agir dans des aceasions aussi itportantes,
M. Raimbault savait organiser ces pieuses cérémonies, sinon avee splendeur, du moins avec le fact et les convenances que commandaent les cireonstanees, Nulne savait mieux que lui concoror et exéenter les moyens de donner de l'éclat à ces jours de lêle et de concilier la faveur des ciloyens à l'institu- Hon qui duigeait,
Le gouve: neur de la province, le comte de Dalhousie, voulut prendre part à la cérémonie de la pose de la première pierre, et, à colle occasion, une adresse lui fut présentée par les éleves de la marson,
La demarche graeieuse du gouverneur était ainsi appréciée dans le second paragraphe de l'adresse :
… Peux fois ve modeste asile des muses a été honoré de la présence du vpr sentant de Sa Majesté dans cette province; mais si la visite d'un de
vos stres processeurs à 6t0 pour nous le présage des grâces que nous
is attom est Vous qui nous les avez obtenues: la protection ont il nons ut l'assurame of la promesse, c'est Votre Excellence qui nous Ta contrmée 08 quel bonheur pour nous de pouvoir déposer dans
sein l'expression de notre vive gratitude !
Nous le sentons, s'il est un moyen d'acquitter cette maison, notre
| ti thrure, de ces gramdes obligations qu'elle contracte envers ses bioctatenrs, c'est de raliser l'attente des progrès que le public semble
per pour e c'est qu'elle soit, dans tous les temps, une pépinière do sujets tites et propres à remplir les différentes places de la société : c'est
que KWus ceux qui sont ou seront admis dans cet établissement, répondent
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aux soins des maitres zélés qui y enseignent, et consolent la tendre sollicitude de son illustre chef qui les choisit,
«Un autre devoir nous presse en ce moment, c'est celui de payer le tribut de notre adudration pour les hautes qualités qui distinguent Votre Hveollonce, Ce n'est ni comme guerrier, ni comme homme d'état, que nous essniorons de la louer, Les beaux faits d'armes que la renommée uous à appris, la confiance que notre grand monarque à mise en Votre Hxecollence, en lélevant aux postes les plus éminents, fourniraient, il est vrai, une ample matière à de justes éloges... Mais un mérite qu'il nous convient mieux d'apprécier, c'est l'encouragement que vous donnez à tons les genres des arts utiles, en vous déclarant le protecteur de toute société particulière dont le but est de procurer l'avantage de la société en général,
«Oui, voilà la gloire de Votre Excellonce, C'est d'exciter une noble émulation parmi tous les membres de la société,.....c'est de faire bénir le règne de notre auguste monarque en vous montrant partout le protecteur de l'innocence, l'appui du faible et le père de tous 5,
Les inscriptions qu'on avait adaptées aux décorations avaient été choisies avec une délicatesse exquise et placées avec goût. Emblèmes, mottos, symboles, ornements en verdure, tout s'y trouvait disposé pour satisfaire Fail et l'esprit, mais sans profusion, et gracieusement distribué, Le comte de Dalhousie(a), disait avoir vu ailleurs des ornementations plus riches, des préparatifs plus grandioses, mais nalle part des démonstrations plus cordiales.
En effet, les décorations brillaient de l'éclat d'une belle matinée d'été. Musique joyeuse, chants religieux, exécutés avec un ensemble et une précision à ravir, clergé nombreux,
(a) George de Ramsay, comte de Dalhousie, gouverneur de cette province, de 819 à 1828, etait chef d'une famille où clan d'Écosse, les linmeay, La principale residence de ges ancêtres était au comté Maddington (Haddingtonshire), 1 etait le neuvième comte du nom. Cet il'ustre capitaine avait pris part, sous Wellington, à la guerre de la Péninsule, et s'était couvert de gloire à Bordeaux, Après avoir été gouverneur du Bas-Canada, en 1828, il fut appelé au poste de commandant des troupes dans le Bengal, Son épouse, héritiere des Browns of Colstoun, N, B., se distingua en cette colonie par le gracieux et eflicace patronage qu'elle accordait aux beauxarts. Lord Dalhousie eut trois fils, dont l'ainé est mort ieune, le second mourut à son retour des Indes, où 11 avait accompagné son pére, et le troisième, qui lui succéda à la Chambre des Lords, naquit en 1812 En 1837, il était membre du Parlement impérial pour le comté de Haddington. Il est mort en 1860,
foule de citoyens distingués, peuple recueilli et reconnaissant, tout semblait à la hauteur de la pompe religieuse. La plupart des personnes présentes avouaient n'avoir jamais joui d’une aussi belle fête et d'un aussi beau jour. Ce n'était pas seulement de la joie qu’elles ressentaient, c'était aussi une respectueuse et vive gratitude pour tant de générosité et de dévouement.
La fondation d'une institution de cette importance est un événement heureux, et bien fait pour combler de joie un cœur chrétien, et, à plus forte raïson, un prêtre dévoué à la religion et à sa patrie adoptive. M. l'abbé Raimbault voyait dans l’agrandissement de cetle maison, une consolation pour la piété, un soutien pour l'Eglise, un ornement pour le pays et un sujet d'allégresse pour les individus, pour les familles, pour le clergé et pour la société toute entière.
Aussi, avait-il tout préparé pour que cette journée se passât avec splendeur et ravivät les émotions les plus chères et les plus attendrissantes. Mzgr. Panet, évêque de Québec, assisté de son coadjuteur, était présent à la cérémonie.
Sa célébrité l'avait désigné au choix de l'Evêque pour le discours de la circonstance ; mais, sur les raisons délicates qu'il allégua, M. Cadieux, vicaire-général, fut chargé de cette tâche. Talents, science el bonne volonté, toutes les couditions du succès, auquel il était déjà accoutumé, se trouvaient réunies chez lui, mais s'étant trouvé malade, il ne put pas prendre part à la solennité du jour, et M. Raimbault dût le remplacer.
Sa Grandeur Mgr. Signav, évêque de Fussala, coadjuteur de Mgr. Panet, officia. L’affluence du peuple était immense. Outre les anciens élèves de la maison, accourus en grand nombre, il s’y trouvait une foule de citoyens de tous les ranzs, des personnages de distinction, de hauts fonctionnaires, les chels de la magistrature, et Lous les visages annonçaient une heureuse émotion. La vue de l'évêque, du clergé, des citoyens indiquait assez l'intérêt que l'on portait à une œuvre qui a si largement répondu à l'attente du publie et aux espérances qu’elle avait fait naître chez tous les amis de l'éducation.
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L'inauguration eut lieu le 8 août 1830, et ce mémorable événement, M. le Supérieur du collége le rehaussa encore par son éloquence. Un tel sujet convenait bien à un orateur brillant, suave, onctueux et délicat. Sa parole fut, ce jour-là, comme toujours, pleine d'âme et d'une sensibilité exquise, relevée encore par la simplicité du débit.
A l'entrée de l'édifice, dans le vestibule même, l'orateur, dont l'émotion était visible, s'avança vers l'Evèque pour avertir Sa Grandeur qu'elle n’entrait pas dans une maison étrangère, mais qu'elle se trouvait chez Elle dans ce modeste asile des muses, au milieu du nombreux clergé auquel cette institution était si redevable. Il reconnut respectueusement que c'était au nom du diocèse que Sa Grandeur venait prendre possession d'un établissement destiné à ètre une pépinière de sujets pour le clergé et pour tous les rangs de la société,
Après cette respectueuse mais briève allocution, le prélat fut introduit processionnellement dans la chapelle du collège dont il fitla bénédiction ; et M. le Supérieur étant monté en chaire, prononça un discours bien approprié à la circonstance, La modestie de l’orateur à dérobé jusqu'aujourd'hui ce morceau littéraire aux amis de l'éducation, mais nous croyons devoir le reproduire (a), tant pour faire connaitre les commencements de cette belle institution, que pour faire ressortir la manière éloquente de M. Raimbault. L'orateur sut puiser dans les souvenirs du passé, mêlés au spectacle du présent, des rapprochements qui faisaient espérer hautement pour l'avenir de ce précieux établissement.
Le nouvel édifice, élevé à la religion et aux lettres, présentait une facade d'environ deux cent quatre-vingt-seize pieds en longueur, sur une largeur de cinquante pieds. La chapelle, qui occupe une des ailes, a soixante-cinq pieds de long sur à peu près trente-sept de large. Cette bâtisse spacieuse et solide est environ à onze cents pieds en arrière de l'ancien collége ; elle est en face de la rivière Nicolet, qui borde en front les ter-
(a) On trouvera ce discours à la fin de ce volume.—Appendice, No. 2. LA
rains qu'elle occupe. Elle est divisée en salles de diverses grandeurs, en chambres, en corridors convenables aux divers oflices, divisions qui en font un logement simple, mais commode, bien aéré, et parfaitement adapté à sa destination.
M. l'abbé Raimbault avait déployé une grande énergie dans
l'accomplissement de cette œuvre si importante, en aclivant t 9
les travaux de construclisa, et en les surveillant incessamment.
Cette maison, pour laquelle il avait montré un si généreux dévouement et une si constante prédilection, M. le curé de Nicolet ne l’oublia pas dans ses dernières dispositions, I} lui iégua sa bibliothèque, choisie avec tant de goÿi, son modeste mobilier, et tout ce qu'il possédait, sauf le peu qu'il jugea à propos de distraire pour des legs charilables. Au reste, M. Raunbaull n'était pas riche. Ouvrier de la pensée, ministre de l'autel, il n'avait pas fécondé son sillon pour la terre.
On a dit que c'était avec tout l'appareil el toutes les démonstrations de la joie, de la gratitude et du respect, que M. Raimbault avait reçu le comte Dalhousie à Nicolet ; ce n'était pas,
‘au reste, la seule fois qu'il y recevait le représentant de son
souverain en celte province. Cette réception se faisait toujours d'une manière pompeuse, avec toute la grâce et toute la magnificence que les circonstances permettaient ; aû milieu d’une grande affluence de citoyens, aux aceeuts de la musique et des chants les plus joyeux, rien n'était fait à demi. Façade du collége décorée, illumiuations dans la soirée, drapeaux déployés, discours appropriés, tout était mis en œuvre tant pour disposer les élèves au respect envers les autorités que pour les prévenir elles-mêmes en faveur de la belle institution à laquelle il présidait ; ou pour dissiper les préventions des personnes d'une autre croyance et pour satisfaire le goût des amis des institutions de la colonie. Sir Robert Shore Milnes et Sir Georges Prévost se sont plus à donner en maintes occasions des preuves de la haute satisfaction qu'ils avaient éprouvée, en visitant Nicolet et les superbes édifices qui embellissent les rives charmantes de sa rivière aux méandres si riants, Lord
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Palhousie fut accueilli avec plus de pompe, parce que l'institution avait grandi et se trouvait mieux pourvue ; d'ailleurs, c'était par son entremise que la charte d'incorporation du collége avait été octroyée par le glorieux monarque Georges NL, en 1820, à la demande spéciale de l'immortel évêque Plessis,
Ce serait ici le lieu de signaler la noble conduite de M, l'abbé Raimbault aux jours d'examens, de distributions de prix, aux fêtes annuelles, toujours simples, mais toujours si touchantes, el si éminemment religièuses et sociales. Au milieu d’une assemblée nombreuse et choisie, M. le Supérieur, avec un tactexquis, plaçait les notabilités du clergé, de la magistrature, ete. Etla parole du digne pasteur faisait toujours une heureuse impression sur les esprits el sur les cœurs Aux eufants, il donnait les encouragements les plus paternels, les conseils les plus tendres ; il savait rehausser avec adresse le mérite toujours humble, et faire briller le talent solide, toujours si modeste, Enfin, dans tous les détails de ces fètes, M, le Supérieur se conduisait en père, en ami de la jeunesse studieuse.
Pour être si dévoué à cette précieuse institution, M. Raimbault ne négligeait en rien ce qui pouvait améliorer la condition de ses ouailles. 11 surveillait exactement les écoles qu'il établissait dans sa paroisse, et s’occupait sans reläche du bonheur et des besoins des plus humbles de ses paroissiens. Il emyloyait son crédit, son influence, pour leur obtenir quelque jouissance ou quelque amélioration, Ce bon prêtre encourageait l'agriculture, et donnait l'exemple de l'exactitude et de la précision dans les travaux, en ténantses terres dans un état de culture profitable au collège. Ses jardins fournissaient avec profusion les fleurs et les verdures qui ornaient les autels, lors des fêtes publiques, qui se reproduisaient assez souvent au Séminaire, en présence des visiteurs et des amis de létablissement, Ah!sillui était donné de se retrouver dans cette maison, fruit de ses longs travaux, il aurait la consolation de voir que l'esprit de foi qui l’a animé dans toutes ses œuvres s’est heureusement perpétué dans ceux qui lui ont succédé ;
et qu'en outre, la même bienveillante urbanité, la même affabilité 4 aceuoille, disons mieux, yattire constamment des visiteurs distingués de toutes les parties de la provinee et même de l'étranger ! Bénissons la Providence qui a conservé à la tête de cet établissement des hommes si éminemment qualifiés pour l'important ministère qui leur est dévolu,
Le soin de son église, ses décorations, ses embellissements occupaient beaucoup le digne euré de Nicolet, IF s'était plu à l'agrandir d'abord, à y ajouter des tours et des clochers, à l'orner, à la pourvoir de meubles, de vases sacrés et de riches ornements, afin qu'elle Ft à la hauteur des célébrations religieuses qui y ramenaient, plusieurs fois dans l'année, l'Evêque diocésain, toujours accompagné d'un assez nombreux cortège de prêtres. En 1822, le digne curé avait tout préparé dans son église pour donner le plus grand éclat possible à la consécration épiscopale de M. Provencher, né dans cetle paroisse, et l'un des plus anciens élèves ln collége, TE avait d'abord été réglé que ja cérémonie aurait leu dans l'église paroissiale de Nicolet, Les vœux du respectable curé ne purent pas néanmoins être exaucés, son espérance fut déçue, L'Evèque de Québec avait été force de revenir sur sa décision par des considérations plausibles sans doute, mais qu'il seraitinutile d'énumérer ici. La cérémonie eut lieu dans l'église paroissiale des Trois-Rivières, le 12 mai 1822.
Uo orgue superbe, qui faisait autrefois l'ornement de l'église paroissiale de Montréal, et dont la variété des jeux et la douceur des sons, fait encore aujourd'hui les délices des connaisseurs, fut acquis par le digne euré, jaloux de relever ainsi l'éelat des solennités et la pompe des fêtes, et d'initier les étudiants du collége aux règles de la musique el aux suaves accents de ce délicienx instrument.
Mais ce qu'on adnurait le plus généralement dans l'église de Nicolet, c'etait la riche collection de tableaux que ce digne ecclésiastique y avait réunis, grâce aux soins de son vénérable ami, M. l'abbe Desjardins. Ces toiles, qui décoraient autrefois
ne afYndes visi- 1 môême rvé à la qualifiés
sscments tait plu à à l'orner, nements, sus qui y liocésain, » prêtres.
glise pour piscopale des plus 16 que la olet, Les Mre CxXAaUavait clé ons plaur ici. La Rivières,
de l'église et la dou- $ CONNAIS- * ainsi l'ér les étues accents
l'église de e ce digne
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los sanctuaires des plus beaux temples de France, dévastés pendant la révolution, trouvèrent refuge dans nos églises, comme les ministres perséeutés trouvèrent le repos et la paix à l'ombre de nos autels, Les amateurs aiment encore à visiter cette intéressante petite galerie, dans laquelle la beauté des sujets, la finesse du pinceau, le brillant coloris et les contours ingémeux attestent le mérite des hommes de Part auxquels la religion en est redevable.
Plusieurs, nous assure-t-on, sont de mains de maitres, bien qu'aucun ne nous ait paru signé. Hs font grandement honneur à l'école de la peinture française, Ces tableaux étaient souvent visités, lavés et entretenus avec soin. Le vieux curé mettait la main le premier à cet ouvrage, ne se contentant pas de le diriger,
Toujours en action, M, Raimbault ne se reposait d'un travail qu'en en poursuivant un autre, I se livrait au ministère de la chaire avec ardeur et passait souvent une grande partie de son temps à faire descendre le pardon et les bénédietions du ciel sur ceux que le repentir conduisait en foule auprès de lui.
Les autres moments de sa journée étaient donnés à l'étude, surtout à l'étude des livres sacrés ; aussi prèchait-il non-seulement le petit troupeau qu'il était chargé d'instruire et de prémunir contre les erreurs du temps, mais encore les retraites annuelles du Séminaire de la ville voisine et celles du monastère des religieuses Ursulines.
Dans bien des églises, on avait encore le plaisir de l'entendre aux neuvaines, aux quarante-heures, etc., et son empressement à seconder le zèle de ses confrères et la pieté des fidèles le plagait bien haut dans l'estime de tous.
Sa correspondance avec les évêques de Québec, relativement à la gestion des affaires de l'institution, qui prenait, sous les auspices du chef de l'Eglise du Canada, des développements si merveilleux, attesterait la sollicitude, la générosité des sentiments et la bonté de cœur de ce vertueux prêtre. Les !'ails qu'il donnait sur le personnel de la maison, sur les ék: s et
eur lee professeurs, sur lee aplitudes des ne, sur los disposis tions des autres et sur le progrès de tons, montrermienttn han tour de sos vues ol ses espérances eur Ja jeunesse qui lon tourait, S'il nous était donné de reproduire certaines parties de ses lettres, on vorraiteomme 1 sovt multiplier les moyens d'encourager la timidité des uns et de faire apprécier les hote rousos qualités des autres: sa vigilance s'étendait à tous et sa bonté toute paternelle m'exelnait personne, S'iEnégligonit, par modestie, de dire la part qu'il avait prise aux travaux des élèves et à l'avancement des affaires de Ja maison, aimait à signaler les efforts individuels de eeux qui lentournient et indiquait co qu'il vovailet êe qu'il discernait dans chacun de profitable aux autres,
Enfin, pendant bien des années, M, l'abbé Raimbault fut associé aus travaux de son évèque dûns l'administration de la maison de Neolot, les allégeant par son exquise urbanité, 1es partageant par un concours sincère eleffieace, d'autant plus utile qu'il ne s'imposa jamais, el Qu'il savait y mêler ce fact délicat, eot esprit de déférence que rien ne peut remplacer dans les relations ordinaires.