‹ Etude biographique sur ColbertChapitre 116 sur 183 · P. Clément, III, 2* partie, p. xii ; VII, p. xxiv · texte numérisé non relu

P. Clément, III, 2* partie, p. xii ; VII, p. xxiv

dans ce jeune homme un rival redoutable, qui n'entendait être inférieur à personne. Son esprit et son instruction sérieuse et variée lui permettaient de parler facilement sur toutes choses. C'était un joli causeur, disait Michel Le ïellier, peiné, sans nul doute, de l'infériorité de Louvois, qui ne s'exprimait que lourdement.

En 1688, Seignelay, veuf depuis dix ans, se remaria avec mademoiselle de Matignon, dont la grand'mère était de la maison d'Orléans-Longueville, fille d'un Bourbon. « Ainsi, dit mademoiselle de Montpensier, ils ont l'honneur d'être aussi proches parents du Roi que Monsieur le Prince, Marie de Bourbon étant cousine germaine du Roi mon grand-père*. Cela donne un grand air à M. de Seignelay, qui, naturellement, avait assez de vanité '». En 1689, Louis XIV le nomma ministre d'État.

Magnifique, ami des lettres et des arts, riche, comblé des faveurs de la fortune, Seignelay mourait à Versailles le 3 novembre 1690. « Quelle jeunesse ! quelle fortune! quels établissements ! écrit madame de Sévigné en apprenant cette mort. Rien ne manquait à son bonheur; il nous semble que c'est la splendeur qui est morte ».

Colbert avait formé un admirable élève, doué d'un génie plus vaste que le sien. Saint-Simon n'hésite pas à reconnaître qu'il avait toutes les parties d'un grand ministre d'État et désespérait M. de Louvois, « qu'il mettait souvent à n'avoir pas un mot à répondre devant

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