Lettres, instructions et mémoires, VII, cl
des bâtiments qui aurait de l'esprit et qui ne voudrait rien faire paraître k ses yeux qui ne fût propre et tel qu'il doit être.
Je te renvoie ce beau plan.
Il faut faire seulement les quatre petites routes auxquelles j'ai mis de ma main bon, et ne rien faire de toutes les autres.
Depuis ton départ, je vois que tu galopes fort les bâtiments et que mes courriers te trouvent toujours à Paris, c'est-àdire que, pour tenir cabinet et pour travailler, tu es encore un peu pire que tu n'as jamais été. Si cela continue encore une semaine, j'y remédierai en t'ôtant ton carrosse.
Les esprits de rien ne trouvent rien à faire au milieu de beaucoup de travaux. C'est là ton caractère. Je vois bien que quand tu as bien galopé, tu crois n'avoir plus rien à faire. Je vois bien clairement que je ne suis pas à la fin des peines que tu me donneras; mais, ou tu changeras, ou tu souffriras beaucoup.
Les ordres les plus clairs, les réprimandes ef les menaces ne servent à rien : Golbert n'a pas de prise sur ce jeune homme dissipé et paresseux, dont il a eu tort de vouloir faire un surintendant avant l'âge, et de lui donner une fonction au-dessus de ses forces.
D'Ormoy envoie à son père, le 13 mars 1682, une lettre commençant ainsi :
Chapelle : — l'échafaud est ôté. — J'ai envoyé ce matin à Paris, pour avoir la grille de séparation, etc.
Golbert ne peut que répondre :
Dis-moi, qui est-ce qui peut entendre ce que tu veux dire par ce terme chapelle? l\ faut que ta paresse soit grande, puisque tu ne veux pas faire au moins ce que tu peux pour
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parler et écrire correctement et en sorte que l'on puisse te comprendre.
Le 2o mars 1682, Colbeit envoie encore une lettre fort dure à son incorrigible coadjuteur, dont le Roi est fatigué :
Si tu ne t'accoutumes pas à me rendre compte tous les soirsdece que tu fais pendant le jour, etque tu ne t'appliques à exécuter promptement et bien tous les articles contenus en tes mémoires et tous les ordres que le Roi te donne, je t'ai déjà dit que le Roi ne me donnait qu'un mois ou deux pour voir si tu changerais, en sorte que tu es perdu si tu ne t'appliques à exciter ta fainéantise, et la paresse, et ton inapplication.
Si tu veux bien faire, il faut tous les jours te lever entre cinq et six heures du matin, aller visiter aussitôt tous les ateliers, voir si les maîtres des ouvrages y sont, compter le nombre de leurs ouvriers, visiter toujours leurs ouvrages et voir s'ils sont bons et bien travaillés, employer deux heures à cette visite, entendre tous les ouvriers, voir ce dont ils ont besoin, leur faire donner sur-le-champ, et ensuite aller dans ton cabinet travailler deux ou trois heures à revoir tous les mémoires de tout ce qu'il y a à faire, donner ordre à tout, voir, vérifier, régler les prix et arrêter des parties.
Après le dîner ', il faut encore faire une autre visite, voir les ouvrages et compter de même les ouvriers.
Le soir, voir tous les plans, y faire travailler, revoir tes portefenilles et les mettre en l'état que je t'ai dit.
Je t'avais dit avant-hier, à quatre heures, qu'il fallait faire monter les trophées et les vases dès hier matin, et que le Roi les vit. Hier, à quatre heures du soir, l'engin, qui est une chose de rien, n'était pas monté.
Il y a huit ou dix jours que le Roi te dit de faire mettre