‹ Etude biographique sur ColbertChapitre 123 sur 183 · Et lui-mèiuc général des galères en survivauce · texte numérisé non relu

Et lui-mèiuc général des galères en survivauce

2. Le n février 1679. Lettres, instructions et mémoires, VII, 85.

3. Sœur de l'abbesse de Fontevrault, Madame de Montespan était alors toute-puissante à la Cour,

VlS COLBERT.

persuadé que ce seront les meilleurs moyens dont je me pourrai servir pour conserver l'amilié dont vous m'avez donné tant de marques qui m'obligent d'être avec beaucoup de respect...

Le Roi combla de faveurs les mariés. On lit dans la

Gazette^ :

Le 13 (février), le maréchal duc de Vivonne, général des galères et gouverneur de Champagne, fut reçu au Parlement et y prit place en qualité de duc de Mortemart. Le même jour, il céda son duché au marquis de Mortemart son fils.

Le lendemain (14), le duc de Mortemart prêta entre les mains du Roi le serment de fidélité pour la charge de général des galères, possédée par le duc de Vivonne son père, et dont S. M. lui a accordé la survivance. Il épousa ensuite la troisième fille du sieur Colbert, ministre et secrétaire d'État. La cérémonie fut faite par l'évêque-comte de Noyon, pair de France.

L'après-dînée, la duchesse de Mortemart prit le tabouret chez la Reine-. Le Roi lui fît ensuite l'honneur de l'aller voir chez elle, et la Reine y alla le lendemain.

Le maréchal de Vivonne avait donné à son fils le duché de Mortemart; mais ce duché était grevé de dettes. La famille n'était pas riche, et les « bienfaits du Roi » étaient indispensables pour rétablir ses affaires. Louis XIV donna un million de livres' au neveu de madame de Montespan « en considération de son ma-

2. Les duchesses seules s'asseyaient chez la Reine, et encore sur un tabouret. Les autres femmes restaient debout ou s'asseyaient par terre sur un carreau ou coussin.

3. 5 millions d'aujourd'hui. — La future eut 400,000 livres (2 millions) de dot.

riage ». On put racheter le duché aux créanciers et remettre à flot les affaires du jeune duc de Mortemart. Le 21 juillet 1680, Colbert écrivait au duc de Vivonne :

Je crois que vous ne serez pas fâché d'apprendre que le don du duché de Mortemart que vous avez fait à Monsieur votre fils, par son contrat de mariage, reçut hier son entier accomplissement par l'adjudication qui lui en fut faite, après les formalités d'un décret et sur toutes les oppositions des créanciers de votre maison en grand nombre; et ce, moyennant le prix de 300,000 livres. En sorte que, par le paiement de cette somme qui a été fait, il possède à présent toutes les terres qui composent ce duché, franches et quittes de toutes les dettes de votre maison; et comme c'est un commencement de son rétablissement dans son ancienne grandeur, j'espère que les petits soins que j'en ai pris vous seront agréables, et ne diminueront pas l'amitié que vous m'avez promise; d'autant plus que je travaillerai toute ma vie à y correspondre sincèrement, et à vous faire connaître que je suis toujours... ^

Il annonçait en même temps la bonne nouvelle à son gendre :

Vous êtes à présent, Monsieur, véritablement duc de Mortemart, les terres qui composent ce duché vous ayant été hier adjugées, après les longues formalités d'un décret, pour le prix de 300,000 livres qui ont été payées; par conséquent vous possédez quant à présent ce duché franc et quitte de toutes les dettes de votre maison.

Renouvelez en cette occasion vos remercîments à M. le maréchal, votre père, et témoignez-lui bien combien les

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