‹ Etude biographique sur ColbertChapitre 170 sur 183 · Lettres, instructions et mémoires, VII, cLxxxi · texte numérisé non relu

Lettres, instructions et mémoires, VII, cLxxxi

qu'il était étrange , étant si généreux , d'être plus mal servi que personne. Et, peu de jours après, Colbert faisant quelques difficultés sur une demande de fonds extraordinaire, S, M. lui répliqua brusquement qu'avec Louvois elle n'avait qu'à indiquer les choses pour les voir aussitôt exécutées, tandis qu'avec lui il fallait toujours presser et pour ainsi dire prier.

Jusqu'ici, le récit de Foscarini me paraît vrai et conforme en tous points à ce que nous savons du caractère et du langage du Roi, aussi bien que de l'incapacité de d'Ormoy et des habitudes de Colbert. La suite du récit de Foscarini, vraie au fond, devient exagérée et aura besoin d'être rectifiée h l'aide d'autres documents.

Colbert, plein de rage et de honte, continue Foscarini, parvint à dissimuler son inquiétude ; mais le feu concentré n'en eut que plus de prise sur ce tempérament mélancolique archibilieux et l'obligea enfin à prendre le lit^, en proie aux plus vives douleurs. La cause interne et inattaquable du mal résistant à l'action des remèdes, la fièvre survint et bientôt les médecins déclarèrent la maladie mortelle, si le mal ne se calmait pas ; mais comme il tenait la place et voulait au moins le repos de l'esprit, d'où ne pouvait disparaître le fantôme de la faveur chancelante, il continua toujours et amena le malade à la dernière extrémité. Colbert, sentant lui-même que le mal était sans remède, refusait de manger et priait les assistants de le laisser mourir en paix, comme s'il en eût été capable. Il montra son dessein désespéré par l'obstination avec laquelle il repoussâtes insinuations de ses amis et les prières de ses parents, qui le pressaient d'écrire au Roi dans ses derniers moments pour

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