Lettres, instructions et mémoires, Vll^ xxxia et xxxiv
gement que dans des bains d'huile'. Il est facile de comprendre que les attaques incessantes de Louvois, et les justes plaintes du Roi contre dOrmoy, aient déterminé une crise fatale sur ce tempérament usé et maladif. Tout ceci paraît exact. Reste maintenant à savoir si Colbert est mort en désespéré, s"il s'est laissé mourir de faim, s'il a refusé d'écrire au Roi ou de lire une lettre que S. M. lui écrivait.
Racine a raconté la mort de Colbert-, et nous donne les détails qui suivent.
On prétend, dit-il, qu'il est mort mal content; que le Roi lui ayant évidemment écrit peu de jours avant sa morf, pour lui commander de manger ' et de prendre soin de lui, il ne dit pas un mot après qu'on lui eût lu cette lettre. On lui apporta un bouillon là-dessus, et il le refusa. Madame Colbert lui dit : « >'e voulez-vous pas répondre au Roi ? » Il lui dit : « Il est bien temps de cela. C'est au Roi des rois qu'il faut que je songe à répondre », Comme elle lui disait une autre fois quelque chose de cette nature, il lui dit : « Madame, quand j'étais dans ce cabinet à travailler pour les afTaires du Roi, ni vous ni les autres n'osiez y entrer: et maintenant qu'il faut que je travaille aux affaires de mon salut, vous ne me laissez pas en repos ».
Monthyon prétend, toujours sans citer aucune source, que Colbert, en parlant du Roi, dit : « Si j'avais fait