Inpotestate. — Le mot impôt a la môme étj'mologie
4)ôts, leur base, leur répartition, leur perception, étaient odieux, pleins d'iniquités. On a vu avec quelle improbité les prédécesseurs de Colbert avaient géré les affaires. Il ne faut pas craindre de le redire, Colbert rétablit l'ordre et la probité dans cette caverne de nialbonnétes gens; il s'efforça de tirer le meilleur parti du système existant, de le rendre moins lourd pour le peuple ; mais il ne changea rien au système lui-même, qui dura jusqu'en 1789.
A l'arrivée de Colbert aux affaires, le Trésor était litj téralement à sec ; les revenus des deux années suivantes I étaient dépensés ou volés; le taillable était ruiné, hors ! d'état de payer. Nous l'avons déjà dit, mais il est utile i| de reproduire ici les justes doléances de Louis XIV. On lit dans ses Mémoires :
Les finances, qui donnent l'action et le mouvement à tout ce grand corps de la monarchie, étaient entièrement épuisées, et à tel point qu'à peine on y voyait de ressource ; plusiem^s des dépenses les plus nécessaires et les plus privilégiées de ma maison et de ma propre personne, ou retardées contre toute bienséance, ou soutenues par le seul crédit dont les suites étaient à charge. L'abondance paraissait en même temps chez les gens d'affaires, qui d'un côté couvraient toutes leurs malversations par toute sorte d'artifices, et les découvraient de l'autre par un luxe insolent et audacieux, comme
s'ils eussent appréhendé de me les laisser ignorer La
manière en laquelle s'était faite la recette et la dépense était une chose incroyable. Mes revenus n'étaient plus maniés par mes trésoriers, mais par les commis du surintendant, qui lui en comptaient confusément avec ses dépenses particulières, et l'argent se déboursait en tel temps, en telle forme et pour telle cause qu'il leur plaisait. L'on cherchait
après, à loisir, de fausses dépenses, des ordonnances de complant cl des billets réformés pour consommer toutes ces choses.
Le premier point à obtenir était de faire cesser un pareil régime. Golbert et Louis XIV mirent fin aux voleries des financiers; mais le point essentiel, la réforme générale du système, ne fut accomplie, comme nous venons de le dire, qu'en 1789, par l'Assemblée constituante, qui abolit les privilèges et soumit à l'impôt tous les citoyens.
Nos impôts actuels sont à peu près les anciens impôts, mais perçus autrement, répartis plus équitablement et payés par tout le monde \ L'impôt foncier remplace la taille et le vingtième. — Les aides sont devenues les droits réunis, appelés plus tard les contributions indirectes. — La gabelle a perdu son nom exécré et est devenue l'impôt du sel. — Les octrois existent encore, mais s'appellent octrois de bienfaisance. — La taxe des maîtrises et jurandes, et le droit de marc d'or, qu'il fallait payer pour être admis à exercer une profession industrielle ou commerciale, ont été remplacés par l'impôt des patentes. — Notre impôt du timbre est l'ancien droit de contrôle, etc.
Taille.
La taille était payée par le paysan, qui de plus payait la gabelle, les aides, etc., subissait les corvées,
1. Les rentes frauçaises out encore le privilège d'être exemptes d'impôt.
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payait à son seigneur les droits féodaux, la dime au clergé, et supportait encore presque tout le poids du logement des soldats, dont les excès achevaient de le ruiner.
L'intendant de la généralité ' remettait aux élus le rôle des tailles, qu'ils répartissaient entre les diverses paroisses (communes) de leur ressort. La répartition dernière, qui se faisait dans la paroisse, était opérée le plus souvent d'une manière injuste, et exigeait la plus grande surveillance, surveillance que les agents du pouvoir négligeaient d'exercer. Colbert leur recommande' de veiller à cette répartition dernière, car il arrive, dit-il, que « dans presque toutes les paroisses, les principaux habitants et les plus riches, a les coqs du village», trouvent facilement les moyens de se décharger des tailles et d'en surcharger les moyens et les pauvres habitants, et même que ceux-ci demeurent d'accord de la décharge de ces plus riches, parce qu'ils les font travailler et parce qu'ils trouvent des secours par leur moyen dans toutes leurs nécessités ».
Colbert s'efforça de combattre cet abus, en autorisant les intendants à taxer d'office ceux que la faveur avait laissés en dehors du rôle ou qui avaient été insuffisamment taxés. Il soumit à la taille, le plus qu'il le pût faire, les faux nobles, déjà si nombreux.
1. La division administrative de la France, depuis Richelieu, était celle des gdnëraliics, qui se subdivisaieut en élections, administrées, au point de vue financier, par des magistrats appelés Élus, bien qu'ils fussent nommés par le Roi. A l'origine (1356) ils devaient être élus par les députés aux États-Généraux.