Baudry, introduction aux Mémoires de Foucault, lxxvi
Affaires extraordinaires.
Nous venons d'indiquer les sources principales du revenu de l'Etat. Quand il était pressé d'argent, ce qui arrivait souvent, il avait recours à un moyen détestable, «aux affaires extraordinaires». On vendait quelques domaines, on créait de nouveaux offices en faisant payer les titulaires, on établissait « les formules » ou papier timbré (1673^), on mettait un droit sur la vaisselle d'étain, sur le tabac', sur les cartes à jouer, sur les métiers, etc. Ces nouveaux impôts, venant s'ajouter aux anciens, exaspéraient les populations ou les réduisaient au désespoir. Madame de Sévigné écrit en 1675': « Un pauvre passementier, dans le faubourg Saint- Marceau, était taxé à 10 écus* pour un impôt sur les maîtrises. Il ne les avait pas ; on le presse et represse, il demande du temps, on lui refuse; on prend son pauvre lit et sa pauvre écuelle. Quand il se vit en cet état, la rage s'empara de son cœur; il coupa la gorge à trois enfants qui étaient dans sa chambre ; sa femme sauva le quatrième et s'enfuit. Le pauvre homme est au Châtelet ; il sera pendu dans un jour ou deux. Il dit que tout son déplaisir, c'est de n'avoir pas tué sa femme et l'enfant qu'elle a sauvé. Songez que cela est vrai comme si vous l'aviez vu, et que, depuis le siège de Jérusalem, il ne s'est pas vu une telle fureur ».