‹ Étude biographique sur François VillonChapitre 11 sur 73 · Sous le n* XV · texte numérisé non relu

Sous le n* XV

FBANÇOIS YILLOTf a 3

barbier deaiaBcLa à être inhumé sous la tombe de son oncle, Gmllaume de Villon, et qu'il légua une petite maison du cloître, pour Thabitation des enfants de chœur qui seraient établis après sa mort en Téglise de Sainl>'Benoit ; ceux-ci , aux termes du testament , devaient chanter sept psaumes et diverses oraisons sur la tombe de maître Guillaume et de son neveu, pour le repos de leurs âmes et de celles de leurs parents, le premier jour de chaque mois après la grand'messe.

On sait donc, aujourd'hui, d'une façon pQsitive l'origine du nom Fillon ; mais on en est encore réduit aux conjectures relativement à l'origine du nom 4^s Loges que la découverte de nouveaux documents pourra seule permettre d'expliquer avec certitude. C'est donc avec la plus grande réserve que nous émettrons une hypothèse à ce sujet.

Des Loges était, au xv^ siècle, le nom d'une famille parisienne ^ qui, suivant toute apparence, était originaire d'un village appelé les Loges ; mais, pour notre poète auquel nous connaissons déjà deux noms, — de Moatcori)ier et Villon, — ce pouvait être un surnom

I. Noua «vous reiicontré le nom de Jean des Loges, pn>cureur eu Châtelet, dans un certain nombre de documents contemporains de Villon, notamment en 1447 (Archives nationales, 8. 1648, f^ 31 ▼* et 46 r*), en i454 (Ibid., ^ 523i ; à la date du a4 décembre et du 29 mars), en i455 {Ibid., S. 1648, f* 176 r«), en 1459 (Ihid.j S. 1648, t* 68 r»). Un acte d'ensaisinement du l5 avril 1460 nous apprend que « Jehan des Loges, bourgeois de Puis, » demeurait « en laTruanderie » (Ibid. S. 1648, f* 81 t*); ce penonnige Tirait encore au aimai i46i(/&ù/., S. 1648, f^ to6t*).

a4 FRANÇOIS Yinum

personnel. Il est possible qu'en acceptant le nom des Loges, au temps où il résidait à Paris, François de Montcorbier ne fit que suivre l'exemple de ces clercs qui, venant étudier à TUniversité, abandonnaient leur surnom héréditaire et se laissaient désigner par le nom de leur lieu d'origine, comme, — pour n'en citer que quelques-uns, — Jean de Guiscry, médecin de Charles Y, qui était natif de la paroisse de Guiscriff, au diocèse de Cornouaille ; Jean Gerson, le chancelier de l'Université, qui avait quitté son nom patronymique, Gharlier, pour prendre le nom du village de Gerson, près Rethel, où il était né; Nicolas de Baye, greffier civil du Parlement, qui échangea son surnom héréditaire, le Crantinat, contre le nom du village châlonnais où il avait vu le jour; Nicolas de Clamanges, ou Clemangis, le célèbre théologien, qui naquit à Clamanges, au diocèse de Châlons-sur-Mame; et enfin, msutre Guillaume de Villon lui-même, qui, ainsi que nous l'avons établi, portait le nom de son village natal. £t si l'on remarque, avec nous, que tous ces clercs tiraient leurs noms d'un chef-lieu de paroisse et non d'un simple hameau, on n'hésitera pas à préférer, — en ce qui concerne le nom des Loges, attribué à Villon, — la paroisse des Loges-en-Josas, du diocèse de Paris, à toute autre localité parisienne de même nom, comme par exemple aux Loges, près de Saint-Germain-en- Laye, localité qui ne peut guère entrer ici en ligne de

compte, puisqu'elle était seulement à cette époque une résidence royale. Ce n'est là qu'une hypothèse, mais cette hypothèse se vérifierait si Fou arrivait à constater l'existence d'une famille dite de Montcorbier dans la paroisse des Loges-en-Josas.

Cependant, bien que la qualification de parisiensis, donnée par le registre de la Faculté des arts à François de Montcorbier, puisse s'entendre d'une personne née dans le diocèse de Paris, notre conjecture peut être battue en brèche à F aide des ver$ mêmes de Villon ; car, par deux fois, le poète dit être a né de Paris ^, » ce qui concorde avec la mention de Parisius que msdtrc Jean de Conflans a inscrite par trois, fois à la suite du nom de François de Montcorbier, sur le registre des étudiants de la nation de France. Aussi, serait-il plus prudent, croyons-nous, de voir dans le nom des Loges un surnom que le père de Villon aurait légué à celui-ci en même temps que son nom patronymique.

I. D'abord dans son épit«ipbe, qaenous avons citée plus banf, et ensuite dans ces vers relatifs au legs qu'il fait à Robert Turgis, le taremier de la Pomme de Pin (buit. 98 du Grand Testament) :

Le droit luy donne d^escbevin.

Que j'ai comme enfant de Paris.

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