I. Petit Testament, boit. s5 et »6. — Grand Testament, huit
1, ArchÎTes nationales, T. 52 3 1, à la date du 6 août 1454. — OosMmait, jptocforetar de rUuiténité, avait mis etupéchensent k une cause pendante entre Gossouyn et Jean Wasset, mais cet empêchement fut levé par le Châtelet : « Sera levé et osté, et icellui (empesebeiàétit) hstotfs et x>stokis, et si disons ^e ktelfoi Gowooyn joyra des previleges, franchises et libertés de ladiote Université comme vrai et continuel escolier aicette Université et tout selon 1h fennè et ttmSÈSc dudit BUtnileiMnt duquel la teneur s^easttit. % (Suit la copie d*un mandement de Guill. Houppelande, recteur de l'Université, en date du 27 juillet i4540
3. ArehxreB NatioMàe», Y SaSi, auk id février, &i c« 28 novembre 1454* — C'est avec une intention bien arrêtée que nous disons « IrJÙs Ae Girart Gossouyn Tainsné » et non \e frère, car, outre l'invraisemblance de deux frères portant le même nom de baptèoie^ an xt* siècle, nous pourrions citer des excÉnpftes du mot aîné pour distinguer le père d'un fils de même nom que kô^ jusque dans des actes de la seconde moitié du xvm* «èeie.
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comme la^ preuve d'une conduite assez régulière pendant cette période de sa vie.
Les lettres de rémission accordées par Charles Vil à Villon en janvier i456 (n. st.) marquent la fin de cette période et constatent que jusqu'alors il n'avait c esté attainty reprinSy ne convaincu d'aucun autre c villain cas^ blasikie ou reproche. » François demeurait encore^ en i455 — diez maître Guillaume de Villon, sans doute. — dans le cloîtré de Saint-Benoît<« le-Bétoumé) non loin de la Sorboune. Or, ainsi qu'il l'expose, il était assis le jour de la Fête-Dieu (5 juin ■ 455), vers les neuf heures du soir, sous le cadran de relise de Saint-Benoît en compagnie d'un prêtre et d'une femme, et conversait avec eux, lorsque survinrent un autre prêtre nommé Philippe Sermoise (ou Ghermoye) et un jeune maître ès-arts, natif du diocèse de Tréguier, du nom de Jean le Merdi ^. Philippe arrivait dans un état d'exaspération furieuse contre Villon, et bien que celui-ci eût cherché à le calmer en lui offrant place auprès de lui, il le frappa de sa dague et lui fit à la bouche une entaille dont yiHoù garda la trace. Les deux adversaires étaient alors complètement seuls, car leurs compagnons étaient partis pour ne pas se compromettre dans la
I. La qualité et le pays de Jean le Merdi noas sont fournis par Ié fegistr» des procureurs des arts pour la Bati<m de France où il figure p«ar arroir obtenu la Ucenoe et la maîtrise entre le 5 mai et le a6 aoAt i455 (f* SK>7 v* et ao8 r*).
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querelle. Villon, voulant éviter quelque nouveau coup, tira aussi sa dague et en frappa le prêtre à l'aine; cependant, il n'est pas certain qu'il l'ait dès lôrs blessé. Jean le Merdi, qui revint sur ces entrefaites, désarma Villon, et le pauvre maître ès-arts, poursuivi et menacé de nouveau par son ennemi, jeta au visage de celui-ci une pierre qu'il tenait à la main droite et parvint à se retirer chez un barbier pour se faire panser. Pendant ce temps, Philippe, grièvement blessé par la pierre, gisait sur la place, d'où il fut porté en F « ostel des prisons » de Saint-Benoît. Là, il reçut la visite d'un examinateur au Ghâtelet de Paris : questionné par lui, il ne semble pas avoir été tenté de charger Villon, et déclara, au contraire, lui pardonner sa mort ce pour certaines causes qui à ce le mou voient. » Le lendemain, vendredi, il fut trans-^ porté à l'Hôtel-Dieu, où il mourut le jour suivant. Villon, craignant cependant l'action de la justice, quitta Paris, et si l'on s'en rapporte à la lettre accordée au nom de François de Monterbier, il aurait été banni pour ce fait du royaume de France, et sa supplique n'avait d'autre but que d'obtenir le retrait de cette peine *.
Ce sont certainement les conséquences de ce malheureux événement qui jetèrent Villon dans la vie
I. Tous les détails que nous donnons sur la lutte entre Philippe et Villon, et sur ses suites, sont empruntés aux deux lettres de rémission dont nous donnons le texte en appendice.
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d'opprobres qu'il mena jusqu'en 1461. En effet , il n'est pas prd^able que notre fugitif ait eu des ressources suffisantes pour vivre honnêtement pendant le laps de temps qui s'écoula entre le 5 juin i455 et le mois de janvier suivant. On ne sait s'il quitta réellement le royaume, mais on peut croire que, pendant quelque temps du moins, il parcourut les environs de Paris, vivant aux dépens des bonnes gens. C'est du moins ce qui paraît ressortir de ce huitain du Grand Testament :
Item, et à Perrot Girart, Barlner juré de Bourg-lB-Ro3riie, Deux boMina et ung coqoemart, Puisqu'à gaigner mect telle peine. Des ans j a demy douzaine, Qn*en son hostd, de cochons gras, M'apastda une semaine, Tesmoing Tabbesse de Pourras \.
Si l'on ajoute quelque foi à cette indication des six ans qui séparaient la repue franche de Bourg-la-Reine du moment où Villon écrivait le Grand Testament, on arrive à fixer pour date à cet incident le second semestre de l'année i455. C'était justement l'époque où il fuyait la justice, et il est possible que ce soit alors qu'il ait contracté ces liaisons malsaines qui devaient le conduire à deux pas du gibet.
Parmi ces liaisons, il en est une dont il nous faut
\. Grand Testament, )m\\ io5.
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parler dès maintenant, puisque la mention s'^ trouve au buitaiA que nous venons de citer : nous voulons parler des rapports de Villon avec l'abbe&se de Pour* rasy témoin de la repue franche faite aux dépens d« Perrot Girard* M. Paul Lacroix a donné du nom de Tafabesse une explication que rien n'appuie ^. L'ab-^ besse de Pouiras n'a pas plus que les autres persooH nages des Testaments un titre imaginaire; c'était raU>esse de Port-Royal, au diocèse de Paris, abbaye dont le nom vulgaire était alors Porrais, Pourrais ou Pourras ^. Huguette du Hamel, ainsi se nommait cette indigne religieuse, passait pour être la fille de Hugues Cuillerel, abbé de Saint-Rîquîer. Entrée en religion vers l'an 1439, elle était devenue abbesse de Port-Royal à la mort de Michelle de Langres en 1 454 ou 1455 ^. Il paraît qu^ avant son élévation à cette
1. P. L. Jaeob, bibUophile, Œ^ucrM complétas de FilUn,^, 127, note 2.
2. Cette dernière forme subsiste encore aujourcThui dans le nom dhme andenne dépendance de l'abbaye, la feme dn Pourras, an finage d*Orphin (Seine-et-Oise), qu^on désignait indifféremment au xvn* siècle sous le nom de Chaagny, Petit-Port-Royal ou Pour-' ras (Archives natioiiales , S. 4^27). Sur l'ancien nom de Port- Royal, on peut consulter VHUtoire de la ville et du diocèse de Paris, de l'abbé Lebeuf (t. vm, p, 473-475). Nous devons rendre cette justice à Fauchet, qu'il avait reconnu l'abbaye de Port-Royal, sous le nom de Portas que donne son manuscrit, comme le prouve cette note écrite de sa main : « Port-Roîai, près Trapes » (f 54 v*).
3. Suivant les auteurs du Gallia christiana^ Michelle de Langres est encore nonunée dans une charte du i**' février i454* ^^ ^ n'ont rencontré Huguette qu^à partir du 12 février i455 (Vallia christ., t. vif, c. 9i5 et 916).
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dignité, Huguette se oonduisait déjà d'une façon peu régulière; mais la connaissance de ses désordres se répandit surtout eu i465, époque à laquelle la guerre du Bien Public la força de venir chercher, avec ses religieuses, un asile à Pans chez le procureur de r^hbaye, ms&fse Baude le Maistre, qui passait pour avoir des relations intimes avec elle. £lle fut alors dénoncée par un religieux bernardin à Fa^bé de Ghaalis qui, ^a. i463, avait déjà reçu mission de Tabbé de Giteauic, chef de Tordre, de surveiller sa conduite. L'abbé de Gbaalis la relégua en prison dans Fahbaye de P(ml>aux-Dame&, au diocèse de Meaux, et Jeanne de la Fin, d'une famille forézienne, lui sucr céda iHUr le siège abbatial. Cepa^dant Huguette re«ou<^ vra la liberté, plaida contre l'abbé de Gbaalis et fut réintégrée dans son abbaye en vertu de lettres rpyaux ; mais Jeanne de la Fin eut définitivement gain de cause ^.
Parmi les faits allégués contre Huguette lors de ce procès, il en est un qu'il importe de mentionner ici, parce qu'il se lie étroitement à notre sujet et
I. L'arrêt du Parlement intervenu en date du 2 juin 1470 n'était pas définitif : on décida seulement que Jeanne de là Fin jouirait dks fruits de Tabbaye jusqu'à ce qu'il en fust autrement ordonné par « }m gens lenaat les requestes du palaiz » .devant lesquels le procès était pendant (Archives Nationales, X^* 14^9 f* 64 ▼*). L'annâC Ml transcrit au registre X** 102 (f* a45 y* à 246 i^); mais s'il y eut une nouyeUe décisioB, ce fut certaioeoient en fisivcur de Jeanne, qui gouverna l'ahhAye de Port<«Royal jauqu'en i5i3 (Gailia'durùtiana, t. vu, c. 916).
prouve que Villon ne fut pss le seul à mêler le nom de cette religieuse à ses vers. « Elle aloit aux « festes et nopces, dit le procureur de Jeanne dé la « Fin, et se degoisoit avec les galans, et, aucunes fois ce la nuit, illec se tenoit telement que les gens d'armes ce en Ûrent une ballade, desquelz elle fist tant battre * ung qu'il expira et en est encore le procès pence dant ^. 3>
Rentré à Paris vers le mois de janvier i456 (n. st.), Villon tenta sans doute de reprendre ses anciennes habitudes de travail. Il ne paraît pas y avoir réussi, préoccuppé qu'il était d'un amour sans espoir dont la pensée le poursuivait encore en 1461 ' et qui, onze mois après la délivrance des lettres de rémission, amena son départ pour Angers ^» C'est du moins le motif qu'il donne de ce dernier événement, à l'occasion duquel il composa son premier Testament.
Les deux Testaments sont les seuls écrits où nous trouvions trace de cet amour, qui exerça certainement une grande influence sur 4a destinée du poète et que celui-ci cherche dans plusieurs de ses vers à rendre responsable de sa mort prochaine; ils ne donnent
I. Tous les détails qui précèdent sont tirés des plaidoiries du i5 décembre 1469 et jours suivants, que nous imprimons dans nos pièces justificatives sous le n* XIII.
a. Cet amour lui a inspiré une double ballade et les hnitains 54 à 6i du Grand Testament, et il prétend dans la ballade finale de cet ouvrage qu*il mourait victime de l'amour.