Ponrven, s'il rencontre en son erre
Ma demoyselle au nez tortu,
(Grand Testament, huit. 83.)
4a FRANÇOIS YIIiLON
journalière. La beUe recevait le poète avec une doa* ceur, ane bienveillance telle A, que celui-ci &'était pris à espérer que ses sentiments seraient partagés.
U paraîtra probable, peut-^tre, à plus d'un de nos lecteurs, que les entretiens si fréquents de Villon avec Catherine, dont il n'était pas l'amant déclaré, dénotent certainement la proximité de leurs demeures respectives. Or, Villon, à cette époque, était rentré dans U maison de maître Guillaume, au cloître de Saint-Benoît, puisqu'en écrivant son premier Testament il entendait sonner la cloche du collège de Sori>onne. Catherine de Vausselles serait-elle aussi une habitante du cloître de Saint-Benoît?
Nous répondrons à cette question par un rapprochement qui pourra paraître hasardé à quelques-uns. Le surnom que Villon attribue à Catherine était presque identique à celui d'un des quatre chanoines de SaintiBenoît-le-Bétoumé, maître Pierre du Vaucel *, que
I, Quoy que je lui vonlsisse dire,
Elle estoit preste d*escoater.
Sans m'accorder ne contredire ; Qui plus est, souffiroit m*escouter Joignant elle, près s'acoont^.
(/&«/., huit. 56.) a. Pierre du Vaucel, maître ès-arts depuis i4^3, étudia ensuite en théologie au collège de Navarre et parait, dès l'année 144^». comme « magister in theologia » . Il remplit ensuite les fonctions de principal da ccJlége de Navarre à partir de i45o, an plus tard, jusqu'en i456, époque à laquelle maître Guillaume de ChàtewifiMrt lui succéda (Du Bonlaj, Bistoria Universitatis Parisiensis, t. V, p. 914; Launoy, Regii Navarre gjrmnasU historia, p. i65). Suivant Launoy, Pierre dn Vaued aurait quitté la direction de la
FRANÇOIS VILIiON 4)
ses contemporains nommoient aussi Pierre de Vancel* . Il y a certainement une légère différence orthogra^^ pfaique entre ces deux noms, — de Vaucel et de Vaus^ celles, ^-^ mais il ne faut pas attacher, à notre avis, une trop grande importance à la forme du dernier, qui sert de rime à telles (pour toiles) , à groselles et à telles (adjectif) : Vausselles pourrait bien n'être qu'une forme nécessitée par la rime, ce qui ne serait pas fort surprenant chez un auteur qui transforme en Louvieulx le surnom de Nicolas de Louviers, afin de le faire rimer à vieulx, tieulx et mieulx. Aussi
maison de Navarre» après avoir obtenu un bénéfice ecclésia^tif^ue d'une certaine importance (^idonewn s<icerdotium) ; il ne nous dit pas quel était ce bénéfice, mais les documents contemporains nous apprennent que c'était un des quatre canonicats de Saint-Benoit-le- Bétoumé et que Pierre du Vaucel le tint du moins de i456à i47^ (Archives nationales, L. 379). Si les expressions de l'historien du collège de Navarre signifient que notre personnage n'obtint aucune prébende avant l'année i456, il Êiudrait le distinguer de « maistre Pierre du Vaooel, dhevesier et chanoine de l'église de Saint-Éstienne des Grecs »f que mentionne on acte en date du a avril i44^«
Le chanoine de Saint-Benoit est « nommé « maistre Pierre de Vaucel a dans une enquête du Chàtelet fiûte dans le collège de Navarra même, au mois de mars i456, v. st. (Voir plus loin au n° VI des pièces justificatives); ce qui prouve que les contemporains l'appelaient indifîéremment « de Vaucel * ou. * du Vaucel ». Cependant, cette dernière forme est la seule exacte, comme le montre une signature de cet ecclésiastique que nous avons rencontrée sur un acte du 18 octobre 1468 (Archives nationales, S. 889). De Faucello est l'unique forme latine du surnom de maître Pierre qui nous soit fournie par les actes du xv* siècle. La Jbmiile du Vaucel appartenait certainement au quartier de Saint-Benoit, car en 144^ on trouve mention d'une maison située « en la grant rue Sainct-Jacques, aa-dessoubz et près ladite église du costé et rue d'icelle, laquelle maison fiit à feu Jehan dn Vauoel. » {Ibid., S. 889.)
émettrons-nous cette conjecture : Catherine de Vausselles pouvait être la nièce de mautre Pierre du Vancel ; elle pouvait, en outre, demeurer chez lui, au clcHtre de Saint-Benmt. Mais revenons à notre sujet, c'est-àdire à r amour de Villon pour Catherine :
Malgré l'espoir dont Villon se berçait en raison de la bienveillance que lui témoignait Catherine, un jour vint où il fut désabusé; mais, après ce songe d'amour, le réveil fut d'autant plus cruel pour Villon que sa déconvenue n'était un mystère pour personne : on l'appelait partout « l'Amant remis et renié * ». Qu'était-il arrivé? L'amant de Catherine ne le dit pas ouvertement : celle, écrit-il quelque part
Qui si durement m'a chassé *.
Il semble cependant qu'il ait fini par obtenir un rendez-vous nocturne, qui n'était en réalité qu'un guet-apens préparé sans doute à l'instigation d'un rival, — ou peut-être du gardien naturel de la jeune fille, — et dans lequel il fut battu a comme à ru telles 1», c'est-à-dire a comme on bat les toiles au