‹ Étude biographique sur François VillonChapitre 20 sur 73 · I. De moy, povre, je vueil parler · texte numérisé non relu

I. De moy, povre, je vueil parler

•r J*en fuz batuz, com à ru telles,

Tout nu ; je ne le quiers celer.

Qui me fist nias.'Uier ces groselles.

Fors Katherine de Yaulselles?

Noë le tiers est qui fîit là.

Mittaines à ces nopces telles,

Bien heureux est qui rien n'y a !

(Double ballade sur 1* Ajnonr, str. 5. ) a. Grand Testament, huit. 142.

3. Villon dit, dans la ballade finale de son second Testament, qu'il mourut victime de l'amour.

Icy se clost le Testament

Et finist du povre Villon.

Venez à son enterrement.

Quant TOUS. orrez le carillon,

Vestus rouges com vermillon.

Car en amours mourut martir.

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de Famoar; mais n'est-ce pas l'humaine destinée? De plus grands que lui y ont perdu, celui-ci sa vie, celui-, là son honneur, et il rappelle à ce propos, dans une double ballade d'une naïyeté charmante, le roi SalomoUi SamsoUi Orphée c le doux ménestrier », Narcisse a le bel honnestes *; Sardina « le preux chevalier »; le roi David, son ûls Ammon, et Hérode le Tétrarque. Cependant, malgré tous les dangers qui environnent l'amour, jamais ce le jeune bachelier », dit-il, ne saura résister aux attraits des « jeunes bachelettes ». Villon se prend ensuite à rappeler l'accueil qu'il recevait de sa maîtresse, se plaint d'avoir été abusé par elle en tontes choses, et conclut en reniant les Amours, lui, ce l'amant renié » . Puis, constatant le mauvais état de sa santé, qui, dit-il, annonce une fin prochaine^ il se décide à dicter son Testament.

Enfin, Villon commence à tester : sans doute il ne reviendra plus sur ses tristes amours. Tout d'abord, il songe à Dieu, auquel il laisse son âme^ à ce nostre gtantmère la Terre », qui recevra son corps, et parle ensuite de ceux qui resteront, après lui, dans ce monde terrestre» Ses premières pensées sont alors pour maître Guillaume de Villon, pour sa a bonne mère », et c'est justice ; mais la ballade qu'il lègue à la pieuse femme dont il est l'unique enfant, cette prière qui prouve que Villon était resté siiicèrement croyant, même dans ses plus mauvais jours, cette ballade, disions-nous, est à peine transcrite, que le souvenir

FBANÇOI8 yiLLON 4?

de la maîtresse du poète vient de nouveau le troubler ; mais cette fois, la jalousie le domine. Déjà, cinq ans auparavant, lors de son départ pour Angers, ce sentiment avait failli se faire jour dans ses vers : makre François avait exprimé l'idée qu'un autre était en faveur près de la belle :

Comme mon povre sens est dur !

Autre que moy est en quelongne *.

C'était là, néanmoins^ la parole la plus dure, pour l'honneur de Catherine, qui lui fût échappée. Cette Ibê, au contraire, il donne libre cours aux pensées les plus outrageantes s'il accuse de cupidité celle dont il ae pariait jadis qu'avec une douceur résignée ^; et, sans doute, il suppose que la conduite de sa beUe est loin d'être irréprochaUe, car en lui envoyant par Pierrenet de la Barre une ballade dont tous les vers se terminent par la lettre r, il commande à son messager' de l'aborder par cette grossière apostrophe : < Orde paillarde, d'où vieos-tu ^ »? £t cependant il n'est pas en état de justifier une telle insulte, puisqu'il ne peut, avec certitude, reprodier à Catherine d'être moins rebelle à d'autires admirateurs :

]^e sçay s*a tous est si rebelle

Qu'à moy : ce ne m*est grant esmoy;

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