‹ Étude biographique sur François Villon, d'après les documents inédits conservés aux Archives nationalesChapitre 18 sur 62 · LES EXPLOITS D UNE BAIS DE DE VOLEURS · texte numérisé non relu

LES EXPLOITS D UNE BAIS DE DE VOLEURS

Les dél)iits de renquéte judiciaire. — Miiîtie Oiiv Tabarie et le prieur de Paray. — L'inteiTOgatoire de Taliarie.

Deux mois et demi après le moment auquel Villon écrivait son premier Testament en annonçant son départ ponr Angers, les administrateurs du collège de Navarre étaient en grand émoi. Ils venaient de constater le détournement d'une somme considérable, — 5oo écus d'or, — contenue dans un petit coffre de noyer à trois serrures et à bandes de fer, lequel était lui-même enchaîné dans un autre coffre que renfernuiit le revestiaire ou sacristie de la chapelle du collège. La justice fut immédiatement prévenue, et le 9 mars

I. Ce chapitre a été écrit, presque exclusivement, à l'aide des docnments judiciaires que nous publions sous les numéros VI et X de nos pièces justificatives.

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1457 (n. St.), dès sept heures du matin, deux examinateurs au Châtelct de Paris, Jean Mautaint ^ et Jean du Four se transportèrent au lieu où le larcin avait été commis : là, ils rencontrèrent Guillaume de (Jhàtcaufort, principal du collège, en compagnie de Guillaume Evrard , Pierre Caros et Alain Olivier, tous trois docteurs en théologie, ciinsi que du grand bedeau de la Faculté, Laurent Pousterel, auquel appartenait la cinquième partie de la somme volée. Toutes les issues de la maison de Navarre furent fermées par l'ordre des magistrats, comme si ceux-ci eussent craint que leur présence n'occasionnât la fuite de quelque individu suspect. On passa alors dans le revestiaire et là, en présence des personnages déjà nommés, auxquels s'étaient joints le proviseur du collège, maître Etienne Paquot, et trois sergents à verge, les examinateurs visitèrent les coffres, où Ton trouva seulement, — enfermés dans le coffret, — un papier indiquant les sommes qui y avaient été jadis déposées, et deux cédules relatant chacune un dépôt d'argent. Les examinateurs firent ensuite des perquisitions dans les chambres qu'occupaient le proviseur du collège et trois autres maîtres qui, avant la garde des clefs de la chapelle et du revestiaire, pouvaient être l'objet de quelques soupçons; mais on ne trouva rien

I . Jean Mautaint est nommé dans les deux Testamt nts de Villon ; nous en parlerons plus loin.

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qui fût de nature à motiver des poursuites contre eux, car le proviseur et maître Guillaume de Campanes, détenteurs, celui-ci <le cent-Anngt, celui-là de trente écus, répondirent dune manière satisfaisante aux questions qu'on leur adressa.

On eût volontiers ordonné la visite immédiate des serrures de chacun des coffres par des experts, si ces derniers s'étaient trouvés en nombre suffisant. Remise au lendemain, lo mars, cette visite fut confiée à neuf serruriers qui, après avoir prêté serment aux mains des commissaires du Châtelet, se livrèrent à un examen minutieux dt'S serrures. Les experts constatèrent alors, dans un rapport que nous n'analyserons pas ici, les violences — crochetages et soulèvements, — dont ces fermetures avaient été l'objet, et déclarèrent qu'à leur avis ces violences ne pouvaient remonter à plus de deux ou trois mois.

L'enquête achevée, il fallut attendre du hasard quelques révélations sur l'auteur ou sur les auteurs du larcin; elles ne tardèrent pas à se produire. En effet, quelques semaines plus tard, un prêtre du diocèse de Chartres, maître Pierre IMarchaud, prieurcuré de Parav-le-Moniau, près d'Ablis, était de passage à Paris, où il était arrivé le 23 avril lA^v- Le lendemain ou le surlendemain de ce jour, il déjeunait à la taverne de la Chaire, au Petit-Pont, avec un autre ecclésiastique et maître Guy Tabarie, que Villon désigne, dans le Grand Testament, conune l'auteur

d'une copie du roman du Pet-au-Diahle ^. Guy Tabarie parla beaucoup de lui-même et conta à maître Pierre qu'il avait été longuement détenu, comme croeheteur, dans les prisons de l'évéque de Paris. A cette confidence, le prieur de Paray, qui avait entendu parlei* d'un vol de cinq ou six cents écus commis au préjudice d'un religienx augustin de Paris, frère Guillaume Coiffier, eut l'idée de questionner maître Guy sur la manière dont il crochetait les serrures, espérant en tirer quelque indice sur l'événemeut qu'il connaissait. Mais, pour arriver à ce résultat, il fallait capter la confiance de Tabarie ; aussi n'hésita-t-il pas à exprimer le désir de participer aux nouvelles expéditions que maître Guy et ses complices pourraient entreprendre. Il paraît que dans cette dissolue société du xv*^ siècle, un tel désir, exprimé par un ecclésiastique, n'avait rien qui dût sur|>rendre, car cette nisê réussit et Tabarie dit au prieur que lui et ses compagnons avaient des crochets auxquels nulle serrure, si forte qu'elle fût, ne pouvait résister. Il promit de lui montrer de ces engins; quant à ceux que lui, Tabal'ie, possédait en dernier lieu, il avait dû les jeter dans la Seine de peur qu'on ne les trouvât en sa pos-

Je lui donne ma librairie Et le romant du Pet-au-Diable, Lequel maistre Guy Tabarie Grossuya, qu'est bon» véritable.

{Grand Testament, huit. 78.

session. Il lui dit en outre qu'un de ses complices, un orfèvre connu sous le nom de Thibaud ou de Petit- Thiliciud, fabriquiiit des crochets a de diverses sortes et de plusieurs façons », et qu'il se chargeait aussi de fondre l'or et l'argent provenant de leurs expéditions. Les deux nouveaux amis se retrouvèrent le jour suivant, et le prieur de Paray, continuant le jeu de la veille , mena boire maître Guy à la taverne de la Pomme-de-Pin, en la rue de la Juiverie, de la Cite *. 4u sortir de la taverne, le transcripteur du Pet-ou- Diublt conduisit à son tour maître Pierre à 1 église de Notre-Dame, et lui montra quatre ou cinq « compaignons » qui , récemment évadés des prisons de l'évèque, a tenoient franchise en ladite église. » L'un de ces « comp;ugnons, yi dont le prieur ne jiaraît pas avoir retenu le nom, mais qui ne semble pas différent de Petit- Jean, 1 un des acolytes de Tabarie, fut particulièrement signalé par celui-ci à maître Pierre; c'était un jeune homme de vingt-six ans environ, de petite taille, portant les cheveux longs derrière la tête, le plus subtil de toute la bande, le plus habile à crocheter, au dire de maître Guy, qui ajoutait « que rien ne lui estoit impossible en tel cas. » Cet éloge prononcé, maître Guy procéda à une présentation régulière, et le prieur fut gracieusement accueilli par

I. Cette taverne et son propriétaire, Roliin Turgis, étaient fort connus de Villon (voyez, plus loin, le chapitre consacré aux légataires du poète).

les amis de Tjibaric, qui cependant ne lui parlèrent de leurs exploits et dt; leurs projets qu'eu termes généraux.

Par la suite, maître Guv, témoignant encore plus de confiance au prieur de Paray, lui lit part des entreprises qu'il comptait exécuter à Taide de ses complices, aussitôt que ceux-ci pourraient sortir delà franchise de Notre-Dame : ïhibaud, dit-il, préparait des crochets pour ouvrir la chambre et les coffres d'un certain maître Robert de la Porte, alors absent tle Paris, et l'on n'attendait plus, pour agir, qu'un trère du couvent des Augustins, parent de Thibaud, lequel avait promis de cacher les compagnons dans sa cellule, où il devait leur livrer des habits de religieux afin qu ils pussent accomplir plus facilement leur projet. Passant ensuite au récit de ses propres aventures, Tabarie constata que sa récente délivrance des prisons de l'évéque était due à l'argent de frère Guillaume Coiffier.

Dès lors, il n'y eut plus de doute pour maître Pierre Marchand! Il avait trouvé un complice des larrons dont il cherchait la trace. Se gardant bien de laisser voir la joie que lui causait évidemment cette découverte, il questionna maître Guy au sujet de l'affaire Coiffier et en tira de précieux renseignements sur les exploits de l'association dont il faisait partie. Les compagnons avaient d'abord tenté un coup nocturne sur l'église des Matliurins, mais « les chiens les

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a avoient accusez ». C'est à la suite de cet échec qu'ils opérèrent audacicusement en plein jour, chez frère Guillaume Coiffier, pendant qu'un des Complices avait mené ce religieux à l'église des INIathurins pour lui faire célébrer une messe ; on rapporta de cette expédition une somme de cinq ou six cents écus dor et de la vaisselle d'argent que les bandits se partagèrent. Tabarie, détenu à cette époque dans la prison épiscopale, reçut pour sa part huit écus que Thibaud lui apporta et qui furent employés à corrompre le geôlier. Depuis sa délivrance, Guy et ses complices étaient allés au collège de Navarre, où ils dérobèrent cinq ou six cents autres écus; ce beau gain n'empêchait pas cependant les compagnons de maudire un des leurs qui, paraît-il, les avait détournés de crocheter une armoire où Ion aurait trouvé quatre ou cinq mille ecus.

Le prieur continuant à recevoir les confidences de Tal)arie, celui-ci lui amena un certain jour un compagnon de l'âge de trente ans environ, homme de petite tadle, à la barbe noire, portant un vêtement court : c'était un habile larron, connu sous le nom de maître Jean ou Petit- Jean. Les deux bandits donnèrent rendez-vous à l'ecclésiastique, pour le lundi i6 mai, à Saint-Germain-des-Prés, où l'on devait discuter le plan de la plus pi'ochaine entreprise, et ils lui dirent que Thibaud soumettait à la réunion les crochets qu'il avait préparés.

Le i6 mai, les conjurés attendirent vainement Pierre Marchand, aucjuel maître Guy fit visite en revenant de Saint- Germain. Le prieur de Paray s'excusa d'avoir manqué à sa promesse, retint Tabarie pour le déjeuner et en apprit alors quelques nouvelles. Guy, Thibaud et Petit -Jean s'étaient réunis; Thibaud avait apporté ses crochets afin de les montrer au prieur. Quant à l'entreprise contre Jean de la Porte, on avait décidé de la remettre à quelque temps, car elle était « ung peu esvantée. » C'était là un fâcheux contre- temps, Tabarie ne se le dissimukiit pas; cependant les affaires de l'association n'étaient pas en mauvaise voie, et, à ce propos, maître Guy p£:rla pour la première fois au prieur d'un de ses complices u nommé maistre François Villon. » C'était sans doute un bien adroit compagnon que ce maître François, qui voyageait en ce moment dans le but de préparer un magnifique coup de filet ! Au dire de Tabarie, Villon, neveu d'un religieux d'Angers, était parti pour cette ville afin d'étudier « Testât » d'un vieux moine, possesseur de cinq ou six cents écus, et la bande n'attendait qu'un signal de son éclaireur pour s'élancer à la conquête de ce petit trésor.

Maître Pierre Marchand jugea-t-il qu'il ne pouvait plus rien tirer de Guy Tabarie sans se compromettre lui-même, ou bien fut-il forcé de quitter Paris après un séjour de quatre semaines environ? Nous l'ignorons. Il est certain, toutefois, que le lendemain du

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jour où Taburie lui avait parlé d<' Villon, il fit sa déposition par devant maître Jean du Four, examinateur au Cluitelet de Paris, qui, au mois de mars 1457, avait été chargé d'instruire l'afiaire du collège de Navarre, conjointement avec l'un de ses collègues.

La prévôté de Paris dut faire immédiatement des recherches pour s'emparer des divers membres de l'association à laquelle appartenait Villon. Mais l'éveil fut sans doute donné à Tabarie et à ses complices, car il ne semble pas qu'aucun d'eux soit tombé dans les mains de la justice parisienne avant l'été de i458, c'est-à-dire plus d'un an après la déposition du priemde Paray. jMiutre Guy Tabarie fut pris tout d'idjord et enfermé dans les prisons du Chàtelet. Il se réclama probablement de 1 evèque de Paris en sa qualité de clerc, passa le 26 juin i458 dans les prisons de l'ofiL cialité, et comparut le 5 juillet devant l'official, assiste de plusieurs membres de la cour épiscopale, Guillaume Sohier, Jean Rebours, Denis le Comte, François de la Vacquerie *, Jean Laurens, Jean le Fourbeur et Jean Truisy. Il donna des renseignements assez précis sur les divers vols dont il avait parlé à Pierre JMarchand, bien qu'à l'entendre il eût été moins coupable que ses compagnons.

C'est aux environs de la Noél i456 que le vol aurait été effectué. Guy Tabarie, dont nous analvsons les

I. François de la Vaccjiieiie et Jean Lauivns, qui suit, sont nommés tous deux dans le Grand Testament (huit. ii3 et 11 4)-

aveux, rencontra vers cette époque maître François Villon on compagnie d'un certain Colin de Cayeux qu'il connaissait scul(;niont pour l'avoir vu avec Villon, sur l'ordre duquel il lit préparer à la taverne de la Mule, (m face l'église des IMathurins, un dîner dont un religieux picard du nom de doni ISicolas et Petit- Jean prirent aussi leur part. Après le dîner, tous les cinq s'acheminèrent vers la demeure de maître Robert de Saint-Simon et, v ayant pénétré en franchissant un petit mur, ils y déposèrent leurs vêtements de dessus i^gippons). Ils se dirigèi'ent ensuite vers le collège de ÎVavarre, et, à l'aide dun râtelier qu ils avaient piis chez Robert de Saint-Simon, ils escaladèrent un grand mur donnant sur la cour du collège. Tabarie prétendit ne rien savoir de ce qui s'était passé à l'intérieur de la maison de Navarre, car il n'y aurait pas accompagné ses acolytes et serait retourné attendre leur retour et garder leurs vêtements dans la maison de Robert. Enfin, les compagnons le rejoignix'ent au bout de deux heures environ, c'est-à-dire vers minuit, et lui donnèrent dix écus d'or sur le produit de leur expédition, produit que les quatre larrons se partagèrent également entre eux et qu'ils évaluaient devant lui à cent écus. Ils reconduisirent ensuite maître Guy et, en le quittant, lui dirent qu'on avait réservé deux écus pour le dîner du lendemain. Cependant Tabarie, ayant su depuis que la somme enlevée au collège de Navarre était supérieure à celle dont on lui avait parlé, en fit l'ob-

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servalion, et ses amis reconnurent que chacun d'eux avait eu cent écus pour sa part.

C'est là tout ce qu'avoua maître Guy.

Tabarie ignorait absolument quel moyen ses compagnons avaient eniplové pour ouvrir les coffres du collège de Navarre : il ne leur avait pas vu de crochets et rapporta seulement que Colin de Cayeux avait la réputation d'un adroit crocheteur, mais que Petit- Jean passait pour être plus habile encore.

Questionné sur le vol commis au préjudice du religieux augustin, il rappela qu'à l'époque où ce larcin avait eu lieu, il était détenu par l'autorité ecclésiastique pour s'être battu avec Casin Cholct * : il ne pouvait donc rien savoir de ce fait, et se refusa à reconnaître pour vrai tout ce qu'il avait dit au prieur de Parav relativement à sa déhvrance et au voyage de Villon à Angers. Il n'essaya pas cependant de niei'ses relations avec Villon, qu'il connaissait depuis longtemps, mais il déclara qu'il avait ^^l Petit-Jean pour la première fois le jour de l'expédition contre le collège de Navarre; quant à Colin de Cayeux, il répéta qu'il ne l'avait jamais rencontré autrement qu'avec maître François. Enfin, interrogé une dernière fois au sujet de sa sortie de la prison épiscopale, que la déposition du prieur attribuait à la corruption du geôUer, il s'exprima moins nettement qu'il ne 1" avait fait dans son entretien

1. Villon mentionne aussi ce Cliolcl, huit. 24 du Petit Testunicnt , ot huit. 99-100 du Grand Testament.

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avec Pierre Marchand : Colin de Cayeux, c'est du moins ce qu'il prétendait tenir de ce personnage même, aurait donné quatre écus à Petit-Thibaud pour le tirer de captivité, lui, Tabarie, qui, peu après, ouït dire que Thibaud était soupçonné d'avoir pris part au vol.

L'interrogatoire fut alors suspendu et l'on donna lecture à maître Guy de la déposition du prieur de Paray. Tabarie, courbant la tète devant ce témoignage, ne persista pas dans ses dénégations, reconnut la réalité des faits énoncés par Pierre INIarcliand, et fit de nouveaux aveux. Il rapporta, par exemple, qu'au dire de Villon, les serrures des coffres de la maison de Navarre avaient été crochetées. Il continua toutefois à nier sa participation au vol du collège, car il était resté dans la maison de Robert de Saint-Simon pour gardef les robes de ses compagnons, et c'est parce qu'il n'avait pas prêté un concours actif aux larrons que sa part de butin n'avait pas dépassé dix écus.

Ces déclarations ne parurent pas suffisantes aux juges, qui ordonnèrent que Tabarie subirait la question. Maître Guy, dépouillé de ses vêtements, fut placé dans une courte-pointe et on lui donna la question avec le petit tréteau, c'est-à-dire la question ordinaire, mais il ne confessa rien. C'est alors qu'il fut mis à la question extraordinaire du grand tréteau, durant laquelle il déclara ne savoir du vol commis

chez frère Guillaume Coiffler que ce qu'il en avait appris de Petit-Thibaud, car, lors de celte expédirion, il était détenu dans les prisons épiscopales, dont il sortit, avoua-t-il cette fois, grâce aux quatre écus qu'on lui donna et qui servirent à corrompre le geôlier. Il supplia ensuite ses juges de le fiiire délivrer de la géhenne, promettant de dire toute la vérité. On fit droit à sa requête et, suivant le notaire épiseopal, l'accusé serait entré dans la voie des révélations. Il ne semble pas toutefois que celles-ci aient ajouté des données importantes à ce cjue Ton savait déjà, car le scribe se borne à rappeler que Tabarie avait ouï dire par Villon que celui-ci et ses compliciîs s'étaient emparés, dans le collège de Navarre, d' « un autre sac renfermant ce une somme plus grande » , et que chacun d'eux en avait eu quatre-vingts écus ; mais Guy n'avait rien vu de cet argent.

A la suite de ces aveux, Tabarie fut reconduit dans sa prison en présence d'Etienne de Montigny et de Robert Tuleu, docteurs en décrets, ainsi que de Simon Chappitault, Denis le Comte, François Ferrebouc et François de la Vacquerie, licenciés en droit canon

Mais là s'arrêtent nos renseignements sur son

affaire, et nous ignorons quelle sentence fut prononcée contre lui. Il convient maintenant de dire quelles conséquences la déposition du prieur de Paray eut pour Villon.

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