‹ Étude biographique sur François Villon, d'après les documents inédits conservés aux Archives nationalesChapitre 32 sur 62 · Ibid.. LL. 223, fo 178 r · texte numérisé non relu

Ibid.. LL. 223, fo 178 r

FRAXCOIS VILLO>'

nous n'avons trouvé jusqu'ici aucune mention dans les titres que nous avons parcourus) ; c'est-à-dire paj* douze personnages au moins. Le prévôt de Paris n'est désigné ni par son titre, ni par son nom; cependant il est impossible de ne j)as le reconnaître dans le « seigneur qui sert saint Cristofle » *, le même que le Petit Testament appelle « le seigneur qui attainct « troubles, forfaits, sans espargnier » 2, Qn a remarqué, en effet, que les deux premiers liuitains de la ballade tpie Villon composa pour ce gentilhomme, et à l'intention de sa femme, donnent en acrostiche le nom Anibraise de Lorede et on a supposé que ce pouvait être le nom de l'époux ^. Cette conjecture nest pas heureuse, Amhraise ou ])lutôt Ambroi.se * n'étant alors qu un nom féminin dont l'analogue masculin s'écrivait Ambrois 5. Or, Ambroise de Loré (il ne faut pas tenir compte des initiales des vers i5 et 1 6 de la ballade)

I. c'était une i;royauce alors générdiement répandue que la vue d'une image de saint Clnistoj)lie préservait de mort subite; de là la dévotion particulièi-e de oei-tiiines personnes pour ce martyr.

•2. Petit Testament, huit. 21.

j. P. Jannet, OEuvres complètes Je F'illon, p. 271.

;. Cette variante de l'acrostiche est justifiée par certaines leçons (le la ballade.

5. Ambrois ou Ambiojrs est du moins la seule forme du nom masculin que nous ayons rencontrée dans les manuscrits du xV siècle 'voir, par exemple, tous les" textes originaux, actes ou chroniques , où figure Ambroise de Loré, célèbre chevalier alençonnais, qui occu]>a, avant Robert d'Estouteville, son gendre, le poste important de pi-é\ôt de Paris). — Nous devons reconnaître cependant qu'on trouve imbroise, au masculin, dans tjp-i textes rie l.i (in du xti'' f^u <bi Mir sif-cle.

eRANÇOIS VILLON Io3

était le nom de lu femme de Robert d Estouteville, prévôt de Paris depuis 144^» sous les ordres duquel se trouvaient justement Pierre le Basanier, Jean Mautaint et Rosnel, que. Villon indique comme les serviteurs de ce « seigneur » juscjuici inconnu. Suivant notre auteur, le prévôt de Paris aurait « conquesté » sa femme à l'un des pas d'armes du roi René, sans doute à celui de Saumur tenu en i44^ et dans lequel Robert d'Estouteville figurait au nombre des assaillants ^ . Cette circonstance peut faire supposer que Villon aurait assisté, dans sa jeunesse, au tournoi de Saumur, et qu'il écrivit la pièce consacrée à Ambroise de Loré sous l'impression de ses souvenirs; nous ajouterons même que les relations que le poète entretenait en Anjou , où vivait alors un de ses oncles -, semblent tout d'abord corroborer cette hypothèse. Malheureusement, le titre que l'on donne ordinairement à cette pièce (ballade que Villon donne à un gentilhomme, nouvellement marié , pour l'envoyer à son espouse, par luy conquise à Vespée), ne remonte pas au XV® siècle : il est dû à Marot et se trouve pour la première fois dans l'édition des œuvres de Villon donnée en i533 '•*. Il ne représente donc que

1. De Quatrebarbes, OEuvres complètes du roi René, t. l, |). Ixxviij.

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