I. Petit Texttimcnly luiit. i
i. (jiiind Testament, huit. --
village (le Villon, (près Tonnerre) ^ , dont il avait pris le nom, et qui, après avoir conquis les grades de miiître ès-arts et de bachelier en décrets - , était devenu chapelain de l'une des chapelles de l'autel de Saint-Jean l'Evangéliste en l'église de Saint-Benoît-le~ Betourné , au cloître de laquelle notre jeune poète demeurait encore eu i455 3.
C'est au i5 janvier i4'-i3 (n. st.), c'est-à-dire huit ans environ avant la naissance de François de Montcorbier, que nous trouvons la première mention de maître Guillaume de Villon. Il fut pourvu, à cette date, de la chapellenie de Notre-Dame, en Féghse paroissiale de Gentilly, près Paris, vacante dès le mois précédent par suite du décès de maître Guillaume de Marie, le dernier titulaire. Ce bénéfice était bien
I. Etiennette Flastrier, nièce de maître Guillaume, demeurait encore en 1480a Villon, près Tonnerre » (Voyez les pièces justificatives, n" XV).
a. Ces qualifications lui sont données daus un acte du 20 mai l43i (Archives nationales, chapitre de Saint-Benoît, S. 891 b).
3. Un des derniers écrivains qui aient écrit sur notre poète a prétendu que maître Guillaume de Villon était chapelain d'une des chapelles de l'église de INotre-Dame de Paris, ainsi que de la chapelle de l'hôtel royal des Loges, en la forêt de Saint-Germain : on a même voulu voir dans cette dernière circonstance l'origine du nom « des Loges, » qu'une des lettres de rémission précitées donne à maître François. Nous croyons devoir prévenir nos lecteurs contre ces allégations en constatant qu'aucun document ne vient les corroborer. On connaît seulement un maître Guillaume Fillon qui était pourvu, au temps de Charles VIII, de la chapellenie des Loges. Quant au chapelain de Notre-Dame, qui vivait elTectivement au milieu du xv" siècle, son nom n'était pas non plus G. de Villon, mais bien Guillaume le Billon, ce qui est tout différent.
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modique, puisque le revenu de la ehapelle Notre- Dame, c'est Lebeuf qui nous l'apprend, consistait seulement en une redevance de blé mouture sur le moulin de Gentilly ^ : la possession en fut cependant contestée à Guillaume de Villon par un certain Jean Moret, lequel prétendait y avoir été nommé sur le feu roi (iliarlcs \l, au temps de la régale qui avait suivi la mort de Gérard de Montaigu, évèque de Paris. L affaire, portée devant le Parlement, v fut débattue le 19 juillet I 'j25. Guillaume de Villon, tout eu réclamant le renvoi de cette cause à Tabbé de Sainte- Geneviève, conservateur des privilèges de l'église de Paris, répondait avec bonheur aux prétentions de son adversaire, en observant que la chapelle de Xotre- Dame n'avait pu être légalement donnée à Moret, puisque sa vacance était postérieure de d«'ux ans à la dernière régale de l'évéché. On conçoit dès lors que maître Guillaume dut avoir gain de cause : néanmoins, nous n'avons pas retrouvé le jugement définitif, qui se fit sans doute attendre pendant fort longtemps , car un arrêt du Parlement , prononcé le aa janvier 1429 ("• st-)» assurait à Villon la possession de la chapellcnie <'n attendant Tachèvement du procès^ . ^lais, dix-sept mois avant cette décision, nous trouvons une autre mention de Guillaume de
I. Lebeuf, Histoire delà ville et de tout le diocèse de Paris, t. X.p..*). 1. On trouvera sous les numéros 1 et II de nos pièces justificatives le» documents que nous avons pu recueillir sur cette allaire
Villon, qui était, dès lors, en rapport avec la communauté de Saint-Bcnoît-le-Bétourné, dont il faisait sans doute déjà partie '.
Maître Guillaume liabitait en i43i au cloître Saint- Benoît, une maison située, suivant toute vraisemblance, entre l'église de Saint-Benoît et le collège de Sorbonne -. Nous le retrouvons en i4-î3, avec la qualification de chapelain de ladite église, recevant de cette communauté, à charge d une rente perpétuelle de huit livres parisis, l'hôtel de la Porte-Rouge, sis à l'extrémité sud-ouest du même cloître, et un fonds de terre de dix deniers parisis "^ . Il possédait, en outre, dans la partie orientale du cloître, une autre « petite maison ruygneuse et indigente de grans repa-
1 . L'inventaire des titres de l'église collégi.ile de Saint-Benoît, dressé en 1468, fait mention d' « une sentence donnée par le maire de la justice Saint-Benoit, soubz le scel de la mairie dudit Saint- Benoit, le mardi xaii'' jour de décembre m ccco xvii, par laquelle fut dit, entre le procureur de la coramunaulté dudit Saint-Benoit, demandeur, d'une part , maistre Guillaume de \ yllou et Pierre Robinet, deffendeurs, d'aultre part, que partie de certain rapport des jurez, nagueres lors lait, seroit entérinée » (Archives nationales, LL. 557, f° Sa r"). La date donnée ici à cette sentence relative aune maison du cloître Saint-Benoit est certainement erronée, carie I4 décembre 1417 ne tombait pas un mardi, mais bien un jeudi; le i4 décembre 1427, au contraire, était un mardi, ce qui permet de substituer cette date à celle de l4l7-
2. Une sentence de la prévôté de Paris, en date du i4 avril i43l (v. st.), nous apprend que la maison de la Heuze, de la rue Saint-Jacques « aboutissait par derrière à une maison et jardin qui est dedans le cloistre de Saint-Benoît, en laquelle demeure maistre Guillaume de Villon » (Archives nationales, chapitre de Saint- Benoît, S. 889 b).
,1. Voyez les pièces justilicatives, au n" XII.
FRANÇOIS VITXOX
tt racions, » cjuil bailla le 10 mai 14 ^4 «i titi'c de croît de cens à Geneviève Adam ^ , et une autre maison voisine, à l'enseigne de la Cuiller, qu'il céda à cette même fennne quatre mois plus tard -. Il avait encort» droit en 1462 à une rente de 40 sous parisis à percevoir sur la maison du Coq, de la rue Saint-Jacques; mais on lui devait à cette époque huit années d'arrérages •'.
A en juger par les documents qui nous sont parvenus, la vie de maître Guillaume de Villon fut celle dun paisible ecclésiastique : s'il figure dans de nombreux actes de l'époque, c'est le plus souvent en compagnie des autres prêtres de Saint-Benoît, et au sujet d"a(f;\ires intéressant la comnuinauté d<mt il fut à diverses reprises le procureur, notamment en 14^9, en i444) <^n i445 *. Il n'est guère utile de mcntion-
f. Arcliives natioiuiles, rl)a])itiv fie Sniiit-Benoit, S. 8f)i I).
•X. Le 9.3 septeml)re i4^4 (fbiil., LL. r)57, fol. 3i recto).
.'{. IhiiL, LL. 5.117, folio 17,5, recto.
.'(. C'est du moins ce que nous apiirend rinventjiirc des titres de Siiint-Bcnoit dressé en i.'tliS, au chapitre fjui contient la succession des ]>rocin'enrs et rindic:ition de leurs comptes (Arcliives iiation.nles, I,L. Tt^~ , folio '{f)'i, verso) :
« -Maistre G. de Vyllon, ccccxxxix, en parchemin, cloz et signé G. VYf.i.ox seulement... »
• Maistre G. de Vyllon, iiii "^ xr.tii et xi.v, en i)arclieniin, clo/ et signez.. »
On trou\e, en outre, au folio }().'), verso, i\n même registre, la mention du compte de ■ Messire Cres]>in Dailly, ccxci.vki , en parchemin cloz et signé CowiTts, G. ni-, MxRCHr*, G. Vyu.o-v, .1. m Rr; " mais aucun de ces autographes, ni <les signatures de Guillaume de Villon n'a pu être retrouvé jusqu'ici aux Arclii\esnalionalc>.
FRAXCOIS VILLON'
lier une protestation (lu'il lit le i4 mai i4'^6 ', contre un jugement rendu à son préjudice dans une afiaire purement civile , en annonçant l'intentiou d'appeler de cette sentence à l'oflicialité. Il ne servirait à rien, non plus, tle reuiarcjuer que la justice désigna Guillaume de Villon, en i/j/(8, pour curateur des biens de feu maître Pierre de Villiers - ; car ces divers faits n'apportent aucune lumière sur le caractère du chapelain de Saint-Benoît. Aussi nous contenterons-nous d'ajouter que la vie du « plus que pèr(; » de François de Montcorbier se prolongea jusqu'en 1468 ^ .
Il est donc certain que Guillaume mourut plus que sexagénair»'. Les archives de l'église de Saint-Benoît nous a})prennent qu'il avait choisi pour exécuteurs testamentaires un de ses collègues, Jean le Duc, atta-