LETTRE DE M. MILLET
A Fox-Amphoux, ce 13 février 1776.
Monsieur,
Je viens de nouveau vous importuner pour vous prier de vouloir bien me pretter cent écus, c’est icy une occasion des plus essentielles qui procure la fortune du fils aîné de M. de Barras
qui a obtenu un employ sur les troupes que le roy tient à Pondichéry avec des bonnettes appointements, mais pour s’y rendre, il a encore besoin de ces cent écus. Vous dires que je ne scay m’adresser qu’à vous ! il est vray, mais ne trouvés pas mal que dans une pareille occasion, j’abuse de vos bontés, persuadé que je suis de votre bon cœur ; si par hasard vous ii’aviés pas toute la somme en main, je vous aurois la plus grande des obligations de tâcher par votre crédit de me la procurer de tout autre. On trouvera avec moy toutes les seureltés possibles soit par acte public ou privé, à jour ou à constitution de rente, ou enfin en cessions ; je descendray s’il le faut, au premier jour, à Cotignac, pour remplir cet objet, et comme ce garçon doit partir au premier jour pour Marseille, où il va s’embarquer, j’aurois besoin d’avoir au plus tôt ladite somme de trois cents livres. Je vous demande pardon de la liberté que je prens, mais soyés asseuré que je voudrais être à même de vous en témoigner ma gratitude.
J’ay l’honneur d’être avec une parfaite considération, Monsieur,
Votre très-humble et très-obéissant serviteur. Millet.