‹ Etude biographique sur Louis Gérard botanisteChapitre 6 sur 21 · LETTRE DE LINNÉE · texte numérisé non relu

LETTRE DE LINNÉE

Viro acutissimo, experimentissimo D' Lud. Gerardo, Carolus Linnœus.

Pridié tuas accepi, vir experiraentissirae, litleras datas pridie Kal. dec. præcedentis anni, una cum rarissima centuria plantarum exsicataruni et thesauro pulcherrimorum serainum. Tam dives erat epistola encomiis et elogiis ut flectere potuisset ipsos Deos ; Utinàm potuissem obtinuisse finem quem quæsivi anxius at video quolidiè novos pessimos quod continuo emendare opus habeo^ Video tamen ex litteris, tuum in me prorsus non meritum animum benevolum mitem et amicum.

Ego potius miratus sum quomodo eô potuisti penetrare ut noveras omnes plantas vestrates apud nos quæ defîciebant et quoinodô potuisti delegere omnes rariores quæ lucem rei herbariæ adferrent verbo, ex bisce sufficientissimè persuasus sum quod sis solidissimis principiis innixus ut bas oculis æque fiderem ac propriis. Posses itaquè tu si velles (et cur nolles qui tanto sudore cô pervenisli) ritè examinare ea quæ etiamnùm manca persistant quæque tuis pedibus exposita sunt ! Utinàm tu mihi concederes tuos oculos adexaminandum plantas mihi dubias in vestrà patriâ vel etiam ipse hoc in te susciperes opus. Doleo quod etiamnùm hæreamus boréales circà plantas nascentes in florentissimâ scien -

* Charles Linnée était fils d’un pauvre pasteur de village, qui, le croyant doué d’une intelligence médiocre, voulait d’abord en faire un cordonnier ; mais un ami de sa famille, le docteur Rothman, en porta un meilleur jugement, et décida ses parents à lui faire étudier la médecine, ce point de départ

tiarum patriâ veslrà. Ingenué faleor quod plura ab hæc tua collectione, plantarum didici quani sæpe a libris plurimis in iis vidi quæ atlentissimè observasti ex iis species varias obtinui pro augmenlo scienliæ. Tuam mihi expecto lanlo tnagis graliam quo à te mihi plura polliceor, feliciler addiscenda ; studio, pietate, flde amici- Uam tuam semper colam. Expecto avidissimè, germinantia semina

presque général des naturalistes célèbres. Dès ses premières années, il avait manifesté pour les plantes un goût aussi vif que précoce. Sa mère aimait beaucoup les fleurs ; pendant sa grossesse, elle suivait des yeux avec amour son mari cultivant son modeste jardin, et, quand elle allaitait son fils, elle ne parvenait k apaiser les cris de l’enfant qu’en mettant des fleurs dans ses mains. Ce penchant naturel se développa encore avec l’âge. Cependant, son père avait bien de la peine à subvenir aux frais de ses études. Linnée gagna d’abord quelque argent k faire des copies, puis il donna des leçons de latin k d'autres écoliers; on ajoute que, se souvenant de son premier métier, il raccommodait k son usage les chaussures de ses condisciples. Enfin, on lui confia la direction du jardin botanique d’Upsal, et c’est en s’efforçant d’y mettre de l’ordre qu’il reconnut les vices des méthodes, et qu’il songea k les réformer. Ce fut de même en lisant le discours d’ouverture du cours de Vaillant qu’il conçut l’idée d'un système fondé sur les organes de la fructification. Quelques années après, une autre idée lumineuse devint pour lui comme une seconde révélation ; il imagina d’exprimer le nom de chaque plante au moyen de deux mots seulement, au lieu de la phrase caractéristique, mais souvent assez longue, de Bauhln ou de Tournefort. Linnée était âgé de 27 ans quand il publia son premier ouvrage : Species plantarum ; il avait déjk fait un voyage en Laponie, aux frais de la Société royale des Sciences d’Upsal.

Le plus célèbre des écrits de Linnée, sa Philosophie botanique, publiée en 1751, est le résumé de plusieurs opuscules qu’il avait déjk produits sous différents titres, comme pour y servir de prélude. C’est un ouvrage rempli d’érudition et de vues nouvelles, présentées dans un style concis, élevé et souvent poétique. Il est devenu le code, la loi fondamentale des botanistes; les principes en ont été heureusement appliqués k d’autres branches de l’histoire naturelle. Son Systema naturæ, qui d’abord ne se composait que de trois feuilles, fut réimprimé un grand nombre de fois, et, augmenté de toutes les découvertes récentes, il a fini par prendre des dimensions prodigieuses,

rarissitna omnium plantarum, sed serô sala, meluo quod pauca floreant.

Ad plantas missas, primùm abjungo sequenlia

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