‹ Etude biographique sur Louis Gérard botanisteChapitre 9 sur 21 · LETTRES DE GRÉGOIRE · texte numérisé non relu

LETTRES DE GRÉGOIRE

Paris, le 12 nivôse, an III (1" janvier 1795).

Je suis bien en retard envers vous ; ce silence n’est pas coupable, ne l’imputez qu’à l’immensité de mes affaires ; qu’il me serait doux de pouvoir librement suivre mes goûts et vous écrire

* Grégoire (Henri), vulgairement nommé l’abbé Grégoire, né en 1750 k Vého, près de Lunéville, était curé de d’Emberménil en Lorraine, lorsqu’il fut député aux États-Généraux en 1789 pour représenter le clergé de Lorraine. Envoyé k la Convention en 1792, il y proposa dès la première séance l’abolition de la royauté et la création de la république ; il demanda èn même temps que la peine de mort fut supprimée, mais il ne put l’obtenir. 11 fut nommé membre du Comité de l’instruction publique, fit restituer aux Juifs leurs droits civils et politiques, et fit décréter l’abolition de l’esclavage des Noirs (1794). — Il mourut en 1831. Il a laissé un grand nombre d’écrits.

longuement, fréquemment, et réclamer les observations lumineuses d’un savant que je respecte.

Vous verrez par le rapport dont copie est ci-jointe que je ne vous avais pas oublié, et que vos renseignements sur l’espèce d’helmento coton dont vous m’avez envoyé un échantillon ont inspiré un vif intérêt; je veux envoyer une autre copie de ce rapport à quelque journaliste.

Bientôt on organisera définitivement les jardins botaniques; j’ai à cœur que chacun soit muni des instruments nécessaires pour faire des observations météorologiques dans tous les genres. Il est étonnant et surtout il est fâcheux que cette science soit si arriérée, puisque ses résultats s'appliquent d’une manière immédiate à l’agriculture, à la physique, etc. ; j’en ai conféré plusieurs fois avec Cotte, le Joaldo de la France, qui continue ses travaux. D’ailleurs, il faut renouer le commerce épistolaire avec les savants étrangers et nous mettre en possession de toutes les découvertes qu’ils ont faites depuis quelques années et dont la guerre a intercepté la circulation. Qu’en pensez-vous, savant estimable ; quelles sont vos vues à cet égard ?

Agréez un nouvel opuscule de ma façon et quelques autres qui n’en sont pas.

Salut cordial.

Grégoire.

Paris, ce 12 ventôse, an III (2 mars 1795).

Oui, citoyen, c’est bien malgré moi que vous n’avez pas été conservé sur la liste des récompenses dont vous êtes bien digne. Vous ne me dites pas dans votre dernière si vous avez lu dans la décade le rapport de Desfontaines qui concerne les échantillons

d’helmenlo coton que vous aviez eu la bonté de me faire passer. Il paraîtrait d’après cela que ma dernière lettre ne vous est pas parvenue.

Ci-jointe est une réponse de la Commission de santé à qui j’ai transmis copie de votre intéressant mémoire.

Salut réitéré.

Grégoire.

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