‹ Etude biographique sur M. Jean RaimbaultChapitre 20 sur 34 · DESCHAMBAULT · texte numérisé non relu

DESCHAMBAULT

Sur un mont escarpé que cent beaux pins couronnent, De leur feuillage épais les ombres t’environnent.

La vapeur et les vents conduisent Les vaisseaux,

Sur un fleuve profond, orgueilleux de ses eaux.

Sur toi, séjour heureux, souffle le doux zéphire ;

Pour t’orner, avec l’art, la nature conspire (a).

Mais quittons les rêveries poétiques. Deschambault, Portneuf, leurs bons souvenirs, les légendes de ces romantiques localités, ne doivent pas nous détourner plus long-

(a) Cette traduction est due à la plume intelligente de M. Jacques Paquin, décédé au mois de décembre 1847, à Saint-Eustache. C’était un homme d’une grande activité. Son infatigable énergie le portait à s'occuper de tout. Ce serait une injustice, néanmoins, à la mémoire de ce prêtre laborieux, de juger ses essais littéraires d’après les progrès de la science actuelle, plutôt que d’après l’état de la littérature à l’époque où il traçait laborieusement ses vues. Disons, toutefois, que, promoteur zélé, intelligent et éclairé de l'éducation et aussi de: l’agriculture, il à laissé des traces de ce que pouvaient dans ces temps difficiles les hommes dévoués. M. Paquin a été curé de Saint-François du Lace avant de passer à la paroisse de Saint-Eustache où il à desservi près de vingt-six ans. M. l’abbé Paquin était originaire de Deschambault,.

‘34 temps de notre étude de la vie et des vertus d'un bon

prêtre, dont le souvenir vit encore, là aussi, dans les traitions de famille.

"Depuis près de deux ans, M. l'abbé Leprohon faisait le bémheur du curé de Deschambault et l'édification de la

paroisse, lorsque l'heure du départ sonna. Il fut appelé à

remplacer,:à Belœil, M. Pierre Fréchette, que la mort en-

. levait à .uñ âge peu avancé (a). A la voix de son évêque, le

vicaire de.Peschambault quitta donc sa solitude enchantée.

Jl se rendit:sans murmurer au poste qui lui était assigné.

Dans sa nouvelle paroisse, 1l se livra aux fonclions du saint ministère avec cette prudence et ces mesures de charité dont il ne se.départit jamais. Il faisait de la prédication et

de la direction desiconsciences son occupation journalière. -C'est avec un zèle remarquable qu'il dirigea toutes choses. II -sut se concilier estime et le respect de ses paroissiens sans

rien sacrifier, sansæien relâcher même, des droits et de la

dignité du ministère.qui lui était confié.

Consultant plutôt.sa:charité que ses ressources, le curé de Belœil s’intéressa:tout d’abord au sort des pauvres : et

-ce en homme qui connaissait leurs besoins et qui voulait

les amoindrir. Ce bonkeur ne lui fit jamais défaut, pas plus

. à Nicolet, vingt-cinqans plus tard, qu'à Belœil. « Beatus

(a) M. Pierre Fréchette, élève «du Séminaire de Québec, ordonné le 18

. décembre 1784, avait succédé à M.-Jean-François Hubert, dans la mission de ‘ Sandwich et du Détroit, lorsque ce dernier eût été appelé par Mgr. Desgly,

pour être élevé à la charge de coadjuteur de Québec. Il n’y avait qu’un an

* que M. Fréchette était à ces postes-lorsqu'il en laissa la charge à M. Frs.-X. : Dufau, puis se rendit à Sainte-Croix:qu'il desservit quinze ans avant d’aller à | Belœil, succéder à M. F. Noiseux quivenait d’être nommé à la cure des TroiskRivières. M.Fréchette:est mort à Bekgil, le 4 janvier 1816.

‘qui vntelligit super egenum et pauperem. » Ce n’était pas assez pour sa belle âme de donner les soins spirituels les plus assidus à ses malades, il les visitait très-souvent, leur portait des douceurs, des provisions, des remèdes, selon que leur état de faiblesse ou d’infortune le réclamait. Ce bon prêtre leur apparaissait soudain, à des moments inattendus, apportant de douces paroles, de tendres soins et des suggestions encourageantes et consolantes. Il était auprès d’eux doux, comme toujours, affable, bon et trèsofficieux. Ses manières élaient, uéanmoins, toujours nobles, prévenantes et simples à la fois.

Son désintéressement égalait sa piété. C’est ce sentiment qui lui faisait sacrifier chaque jour ses modiques ressources. Tous ses revenus, tant qu'il fut curé, appartenaient aux pauvres de sa paroisse, comme, plus tard, son patrimoine fut consacré au soutien des élèves pauvres du collége. Car, sl faut le dire, M. Leprohon, dans tous les temps, n’a été que l'administrateur de son modeste avoir. Pour faire face à sa pieuse générosité, pour répondre aux besoins d’une foule de personnes qui recouraient à sa bonté, il se réduisait toujours au plus strict nécessaire.

Prédicateur remarquable par le sentiment et par l’expression d’une piété profonde et communicative, par une diction naturelle et parfaitement ‘adaptée aux sujets qu'il traitait, M. Leprohon était en outre doué d’un bel organe. Sa voix forte, vibrante, lui rendait facile la tâche de dominer son auditoire et de le captiver sous sa parole. Tous ses discours portent le cachet d’un esprit éclairé, exact, sévère et méthodique. Il se distingua toujours par une éloquence ra-

pide et pleine de mouvements, d’allusions, d'images, calcu-

lée pour agir fortement sur l'imagination, pour émouvoir fes consciences et pour affermir dans la foi.

Sinous ne craignions pas d’être trop prolixe, nous ajouterions qu’à la chaire évangéhique, M Fabbé Leprohon a fait preuve d’un talent eratoire remarquable. Dans le ministère de la parole il était infatigable, comme, dans toutes les actions de sa vie, it s’est montré animé d'une charilé inépuisable à Fégard de ses ouailles qui le vénéraient comme un bienfaiteur.

Sous peine de passer pour diffus, arrêtons-nous un moment sur ie genre d'éloquence auquel il:se donnait.

M. Leprohon maniait les sujets les plus arides avec talent, parce que l'étude constante qu'il faisait des livres sa'nts et des maximes spirituelles l'avaient familiarisé avec tousles: sujets de la doctrine chrétienne et de la morale évangélique. Toujours varié dans la forme, toujours fécond, mais toujours: familier et noble à la fois, cet orateur populaire évitait les idées métaphysiques, les longues périodes, les termes recherchés, les expressions, comme aussiles mouvementsextraordinaires. Cependant. toujours chaleureux, 1} était ausst toujours elair et précis. Il avait une méthode oratoire dégagée d’ornements frivoles, de phrases à prétentions et de figures recherchées. Comme saint Jean-Chrysostôme, 1k voulait être à la portée des esprits les plus simples, et captiver l'attention des plus petits, des plus humbles. Il vou- Jait émouvoir les uns, instruire les autres et convaincre tout son auditoire. Voilà l’orateur éloquent—’est l'orateur populaire. |

Sa diction était pure et correcte, son style élevé, mais simple en même temps. Son argumentation état serrée, solide, persuasive et entraînante ; et son geste avait une telle expression qu'il donnait une autorité incalculable à sa parole.

Rien.ne l’eût troublé dans ses discours, parce que sombut était déterminé, sa phrase calculée et son sujet médité dans

le calme. Décidé, au-dessus du respect humain, élevé comme celui qui est mû par de fortes convictions, M. Leprohon parlait avec force, allait droit au but, présentait, sans les dissimuler, les objections pour des pulvériser, répé- tait les prétextes pour en montrer la fulilité ; et, enfin, par

une analyse abondante, ingénieuse et savante, il résumait

ce que les saints docteurs ou les maîtres de la vie spirituelle

avaient dit sur le sujet qu’il développait. Puis, à l’aide de ces procédés sèrs et efficaces, il triomphait du heure des passions.

Comme tantôt il développait les grandes vérités qui sont la base de la religion, comme le plus souvent il avait à découvrir à l’homme ce fonds, de misères et de vices que lui déguise son orgueil, et qu’il avait à varier ses tons, nous signalerons, dans l’occasion, ne fût-ce que transitoirement, les modes, les procédés ingénieux, délicats et charitables auxquels son zèle le faisait recourir, -soit pour dégager les esprits obscurcis par la-eorruption, soit pour faire briller à de jeunes intelligences les principes ou les conséquences des vérités du christianisme.

Pendant que M. ie euré de Belœil s’occupait sans relâche dans sa Ron à faire servir Dieu et bénir la religion, 4 fut réglé qu’à l'ouverture de Pannée classique suivante De tobre 1816), il se rendrait au collége de Nicolet pour y remplacer M. Archambault dans les fonctions de directeur. Son énergie et son habileté supérieures, l'importance des ser-

vices qu'il avait rendus antérieurement à l'institution, tout te

désignait au choix de l’Evêque de Québec.

Le vertueux curé demanda, il est vrai, à demeurer plus longtemps dans sa modeste paroisse, où il voyait beaucoup

de bien à faire :: mais l'Evêque, ayant mis ses services en réquisition en faveur du collége de Nicolet, et ne croyant pas devoir se départir de cet arrangement, M. l’abbé Leprohon s’y rendit sans mot dire. Sa position était délicate,. mais, en bon soldat, il sut plier sa lente, sans s'occuper d’avantage de ce qui restait à faire à Belœil. En bon ecclésiastique, chez qui on doit trouver obéissance égale au zèle, il dublia les consolations qu'il avait trouvées dans son ministère, il ferma ses oreilles aux regrets de ceux auxquels il avait été utile. Les paroissiens de Belæil demandèrent, en vain, qu’on leur laissât ce pieux pasteur, enlevé trop tôtà leur affection. Mgr. Plessis considérait comme le premier de ses devoirs de surveiller les établissements d'éducation. Le prélat voulait, avant tout, que les études y fussent fortes, solides, en même temps qu'inspirées par la religion la plus pure. Il tint ferme contre leurs respectueuses démarches pour assurer la continuation des services de M. Leprobon à Yétablissement d'éducation qu'il protégeait si efficacement. Les paroissiens de Belœil ont, néanmoins, gardé longtemps le souvenir de son zèle, de sa régularité et de sa douce piété.

Suivant les’arrangements de son supérieur ecclésiastique, M. Leprohon se reridit au collége de Nicolet. M. Archambault consentit à se charger de la cure de Saint-Michel de Vaudreuil (a) devenue vacante par le décès de M. Deguire, senior (b), et M. l'abbé Prevost, de la cure de Saint-Mathias, remplaça M. Leprohon à la cure de Saint-Mathieu de Belæil,

(a) Voy.: Note sur M. Archambault; au bas de la page 48 de l’article sur M. Raimbault.

(b) M.J. Bte. Larose-Deguire mourut à Vaudreuil, le 14 décembre 1815, à 71 ans, 9 mois et 8 jours. M. Joseph L. Deguire, décédé au mois d'avril 1813, était son fils; ce dernier est mort à Lavaltrie. M.l’abbé Deguire, père, était forgeron et demeurait à la Pointe-aux-Trembles. Son épouse étant morte, il demanda l'entrée du sanctuaire, et fut ordonné prêtre quatre ans après le décès de son épouse. Outre l’abbé Joseph, il avait un autre fils qui fut notaire, etun troisième qui mourut en bas âge. M. Deguire, père, avait étudié au séminaire de Québec. Il quitta ses livres pour prendre le mousquet dans la guerre d’invasion en 1775.

PÈRE ‘or

qu’il desservit jusqu’au mois de septembre 1820, où il mourut, âgé de près de soixante ans, dans sa trente-quatrième année de prêtrise. M. Prevost était animé d’un zèle prudent et éclairé. Il avait en outre la réputation d'être un habile administrateur.

KA

M. Raimbault, Supérieur du Séminaire de Nicolet, subjugué par l’ascendant du mérite, et par la bonté de cœur de M. Leprohon, l'avait désigné depuis longtemps au choix de l’'Evêque de Québec, et décida ce dernier à l’attacher à une institution au service de laquelle il avait, antérieurement, donné déjà des gages de son dévouement. Ces deux vertueux ecclésiastiques étaient intimement liés l’un à l’autre. Il semble qu'ils étaient inséparables ; et tous les jours, nous trouvons encore leurs noms dans la bouche de leurs contemporains, qui révèrent en eux deux amis de la science et de l'éducation.

On s’est tellement habitué à réunir ces#leux noms, qu'il devient utile de ne pas confondre leurs caractèresdifférents, comme leurs talents. Rendons justice égale à des mérites également remarquables. «Suum cuique » Ces deux vertueux prêtres furent incontestablement deux hommes dont la carrière a été des plus honorables. Tous deux ont éminemment concouru à l’avancement de la noble cause de l’éducaion en cette province ; et tous deux, par leurs grandes qualités, ont bien mérité de la religion et du pays, quoique à des litres un peu différents.

M. Leprohon fut maintenu par les circonstances dans un rôle plus modeste ; le nom de M. Raimbault plus lié à la chose publique, se trouve plus attaché aux événements du temps où il vécut. |

M. l'abbé Leprohon, plus communieatif, et, à la fois, plus ami de la solitude, du silence et de Pobseurité, trouvait son

. plus grand bonheur à s'occuper du bonheur des autres. M.

Raimbauit, plus pensif, plus concentré, plus sensible, peutêtre, désirait néanmoins le bonheur de tous, mais il n'avait ni l'énergie ni l’activité de M. Leprohon. L'un soignait plus les détails, Pautre embrassait plus facilement l'ensemble d'une affaire. M. Raimbault était éminemment qualifié pour présider, comme M. Leprohon pour le seconder. Sans doute, le premier élait comme J’âme du Séminaire de Nicolet, mais le second en était vraiment le cœur. Celui-ci était plus amical dans ses procédés, celui-là, cepesdant, élait ami fidèle et Gévoué, bien que plus maniéré et plus réservé. M. Raimbault avait plus de dignité, ii est vrai, plus d'urbanité, plus de noblesse même dans ses allures, mais M. Leprohon était plus bienveillant, plus sociable et, parfois, plus entraînant par sa touchante bonté. M. le Supérieur fit aimer la vertu dans le monde, et M. le Directeur fit plus aimer la solitude et les conseils de l’ascélisme. Enfin, si l’un avait plus de chaleur, l’autre avait plus de lumières.

Ajoutons encore que si, d'un côté, M Raimbault était plus façonné à #école des muses, si son esprit était plus orné, plus richement pourvu de connaissances variées et solides, s’il était enfin plus homme de cabinet, M. Leprohon, d’un autre côté, était plus simple dans les formes, plus profond dans la direction, plus empressé, plus dévoué, si non plus constant, au moins plus généreux et plus homme de conseil. Celui-ci avait une influence profonde sur la jeunesse qui était confiée à sa sollicitude, mais l'influence de celuilà était plus grande, plus étendue, plus générale dans les circonstances où il vécut. M. Raimbault trouva partout des admirateurs ; et partout aussi M. Leprohon se faisait des disciples, des amis. Quoique austère en apparence, et, parfois, usaat de formes un peu âpres, M. le Directeur était, néanmoins, toujours uni, Compatissant et paternel ; M. le

Supérieur Raimbault, quoique plus digne, était aussi plus grave, plus froid, et, en toutes choses, plus mesuré. Enfin, ces deux hommes éminents, identifiés à la même œuvre, stimulés par la même ardeur et pour les mêmes motifs, s'entendaient parfaitement pour l'exécution des mêmes projets. Unis dans les mêmes travaux, animés des mêmes vertus, également humbles, pieux, réguliers et zélés, sou tiens généreux et désintéressés, guides de la jeunesse studieuse, rapprochés par les mêmes vertus, sans se ressembler par les mêmes sentiments ni par le mème caractère, ils passèrent plus de treute ans dans une coustante communauté de pensées et de vues, dans une douce et continuelle amitié qu'aucun nuage ne vint altérer.

Sans nous occuper davantage des relations, des sympathies qui existèrent entre ces deux laborieux ecclésiastiques, rendons hommage à Dieu qui sait incliner la volonté des hommes, vers le genre de travail auquel il les appelle et qui leur donne les qualités nécessaires pour y réussir.

L'air froid, sec, et parfois sévère, qu'on remarquait sur les traits de M. Leprohon, aurait fait soupconner, dès le premier abord, qu'un pareil sujet était déplacé à la tête d’une maison d'éducation ; mais bientôt on reconnaissait les qualités de son bon cœur et que sa grande âme était de mise partout pour faire le bonheur des autres. Tous les ecclésiastiques de la maison étaient heureux et fiers de voir à leur tête celui que partout on proclamait comme un modèle. On entend parler parfois de son air austère, mais ce ne peut être que par ceux qui exigent des supérieurs une vertu flexible, une discipline commode. La sévérité des prin-

eipes, loin d’atténuer en eux les qualités aimables, leur donne un éclat plus tempéré, plus doux.

Tous ceux, en effet, qui ont connu M. Leprohor rendent justice à l'élévation de son esprit, à sa touchante charité. Tous applaudissent à ce dévouement sans bornes pour la jeunesse confiée à sa sollicitude. Toutes ses démarches,

tous ses actes prouvaient qu'un meilleur choix était impos-

sible, et qu'il avait, à un haut degré, les aptitudes et les talents requis pour la direction d’une maison de hautes études. Ïl est remarquable que son début même dans Fadministration ne se ressentit aucunement de sa Jeunesse.

Rendu au collége par le grand évêque, M. l'abbé Leprohon montra qu’il avait toutes les qualités, et mieux toutes les vertus qu’exigeait l'emploi qui lui était dévolu. I] ne tarda pas à se vouer tout entier, sans trève et sans merci, à l’éducation des enfants. On peut donc dire de lui ce qui a été dit de l'abbé de l'Epée, qui consacra toute sa vie, avec un zèle infatigable, une charité ardente et une héroïque philanthropie, aux soins des sourds-muets: «L'abbé était comme un père au milieu de ses enfants, il se dépouillait pour les couvrir et portait des vêtements usés pour leur en procurer de bons.» Souvent même, dans les besoins pressants de ses petits protégés, le vertueux M. Leprohon anticipait sur ses revenus futurs en leur faveur, ou intéressait à leur sort les personnes bienveillantes de sa connaissance. Combien d'enfants, oubliés en quelque sorte, mal chaussés, mal vêtus, mal pourvus, passaient l’année scolaire sans subsides, sans recevoir aucun cadeau, aucune gralification, aucune visite de leurs parents, et cependant n’avaient pas fait de dettes au bout des douze mois? En congés, en vacances. en classe, ils n'avaient eu néanmoins aucun pécule à leur disposition. Les petits dons, les petites industries du bon prêtre, et son modique budget leur avaient fait traverser l’année sans chagrin. On avait beau raisonner, le taxer

d'imprudence, le pieux directeur laissait dire et maintenait

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