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0 Nicolet, Nicolet qu'embellit la nature !.… Nicolet, où tani de jeunes talents ont müri dans la solitude ; où tant de jeunes amis ont embelli réciproquement leur existence ; où tant de personnages éminents ont été préparer les bases de leur avenir !.… aimable asile, rempli du souvenir de tant de précieux noms, de tant de beaux génies sortis de tous Îles rangs, de toutes les conditions, depuis plus de soixante ans! Maison fortunée qu'embellissent tant de charmes, plus florissante encore par les suaves vertus qu'on y pratique que par les arts et les sciences qu'on y enseigne, oh! toujours, toujours, du pays tu seras el l'honneur et la gloire !
Mais fa rivière, maïistes pins, ce massif enchanteur, ce hosquet ombreux et sans rival où l'on goûlait autrefois le frais et le repos, tes jardins, fes bois, sont encore doux et chers à bien des cœurs... Combien de tes enfants qui ont brillé dans le sanctuaire ou dans les conseils de la nation, qui ont été par leur honorabilité et par leur capacité reconnus l’ornement de la société, combien de jeunes! gens, disons-nous, pendant qu'ils mürissaient leur jugement, qu'ils fortifiaient leur raison, qu ils enrichissaient leur mémoire et leur imagination par la culture des lettres, et qu'ils puisaient
le savoir aux sources les plus pures, contemplaient 10H
nature, dans ses plus belles splendeurs ! L'âme sensible aux beautés de la nature apprenait à bénir et à louer le Créateur. La vie de chacun s'écoulait, sur ces bords enchanteurs, sans agitation, dans une douce monotonie, au sein de belles et riches campagnes. On étudiait, on méditait, les uns par inclination, les autres par reconnaissance, {ous par devoir ; puis, aux doux fruits de la science, on joignait les plaisirs
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de la solitude, les agréments de la vie champêtre, et les joies douces que donne une conscience pure.
La jeunesse active, sobre et rustique parfois, toujours . timide, rêveuse ou naïve, aimait tantôt à se réfugier dans le temple, tantôt à s’ébaudir sur les vertes pelouses. Chacun ‘s’évertuait à déployer son génie naissant, insouciant des misères el des épreuves qui lui étaient réservées ; sans ‘soupçonner les errements des beaux esprits, les mécomptes de l'ambition, ni les plaintes, ni les aigreurs, ni les déceptions de leurs devanciers que déjà la fortune traitait parfois <n marâtre.. O séjour enchanteur! Combien de cœurs affectueux élèvent vers toi les parfums de la reconnaissance et d’un amour inaltérable !…
Des souvenirs si chers, si vifs, si tendres ne seraient pas ‘complets si on omettait ce que M. Leprohon faisait pour es embellir et pour les multiplier.