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C'était en disposant les conscienees et en les éclairant, que M. Leprohon faisait aimer le devoir aux jeunes étudiants qui se rangeaient sous sa houlette. Dès qu'il eût donné à la religion le plus grand empire sur les jeunes cœurs qu'il . devait façonner aux plus aimables vertus, dès lors on put connaître l'influence de sa haute raison et l'effet de la grâce, dans cetie maison confiée à sa direction. Riche de connaissances el de l’expérience acquise sous les meilleurs maîtres, ce vertueux ecclésiastique occupa la charge de directeur et de préfet des études avec un suecès (ouJours croissant. Sa grande réputation est fondée sur les services éminents qu'il a rendus à là jeunesse, en l’initiant aux arts et aux sciences, pendant une longue suite d'années. M. Leprohon peut revendiquer une large part des immenses succès de l'enseignement donné par cette maison, tant pour l'avoir dirigée lui-même, que pour lui avoir imprimé cette impulsion que ses SUCCeSseurs, si respeclueux envers sa mémoire, se font gloire de maintenir.
M. Leprohon ne se crut jemais à la hauteur de la mission qui lui était dévolue, et ne pensa jamais avoir justifié le choix de ses supérieurs. De là ses études constantes des divers systèmes d'enseignement, ses investigations prolongées sur le mérite des auteurs, ses visites annuelles aux autres maisons d'éducation, cette attention à tout voir par
Jui-même, à étudier le fonctionnement des systèmes et ce choix des meilleurs livres élémentaires. Ses yeux étaient toujours ouverts sur les moyens d'améliorer l'instruction sans compliquer l’enseignement, sans jamais se compiaire dans ses suceès, sans jamais se permettre des rapprochements défavorables aux autres maisons d'éducation. M. Leprohon lravaillait incessamment. Il doubla ses labeurs à certaines époques, et les prolongea presque jusqu’à l'épuisement. N'écoutant que son ardeur, ne prenant conseil que de son zèle pour la sainte cause à laquelle il s'était dévoué, il ne voulut jamais convenir que le repos lui serait utile pour renouveler ses forces.
M. l'abbé Leprohon composait avec facilité, mais ses écrits étaient toujours simples et précis. On se rappelle ses petits discours, si naturels, si gracieux, où brillait un style facile, un ton ingénieux, enrichi de quelques saillies, jetées au hasard, avec abandon. Ce qui, néanmoins, ne contrastait nullement avec l’éloquence si pathétique qu'il déployait à la tribune évangélique, où ce vertueux prêtre laissait toujours parler son cœur.
Son talent littéraire, si fécond, lui aurait assuré, sans aucun doute, un rang assez distingué, s’ileût consenti à le cultiver. Mais ne consultant que son humilité, et dans le but de s’effacer entièrement, il préférait donner aux autres l’occasion de se faire connaître en leur suggérant ce qu'il fallait dire, et le ton que réclamait la circonstance, afin de leur laisser le mérite et la gloire du succès. Sans doute, il promettait bien de reviser le travail d'autrui et d'indiquer les corrections à faire ; ils’y prêtait mème ensuite avec joie ; et, c'est lorsqu'il Jui fallait accomplir cette heureuse promesse, qu'il donnait
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des leçons Tant il est vrai que cet homme si actif et si occupé était pour tous du commerce le plus facile dansles relations familières.
| Indulgent envers la jeunesse, d'ordinaire si portée à la dis- DANS sipation, 1l ne lui épargnait, ni les encouragements, ni les
réprimandes. On trouvait, même dans ses avis, dans ses ob-
jurgations, lorsqu'il lui fallait élever Ja voix jusqu'à ce ton, l'esprit juste, l'intelligence forte, un goût sûr et un sentiment exquis des convenances.
En 1817, après avoir obtenu des réparalions considérables à l'ancien collége de Nicolet, etmême un agrandissement notable, M. Leprohon exprima à Mgr. Plessis combien il élait aise de pouvoir offrir à ses chers élèves un local plus spacieux, mieux aëré et un pe plus commode. Ilinvita le vénérable prélat à revenir à son collége, comme pour introduire lui-même les élèves dans ce nouveau loca! qu'il leur ut avail fait préparer. Le bienveillant prélat se rendit avec emch pressement aux désirs si légitimes du pieux directeur ; puis il adressa aux jeunes étudiants, avec une touchante simplicité, une allocution toute paternelle. Illes exhorta à profiler du temps et des moyens d'instruction que fiieu leur
mettre à profit les leçons et les avis de leurs instituteurs, de ces hommes zélés et dévoués qui consacraient leurs ainées, leur santé et toutes les ressources à leur disposition à les former aux sciences.
Enfin, ces paroles d'encouragement, illes fil suivre de con-
u’il laissait percer son tact exquis, son jugement sûr, son imagination riche el son rare talent.
tous un ami cosstant, un guide éclairé, comme il était avec
accordail, préférablement à tant d'autres de leur âge, à.
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di Cette même année, Mgr. Plessis avait, mais sans succès | aucun, présenté une supplique ai cabinet Saint-James pour nas obtenir une charte d'incorporation qui assurât l'avenir d'une
œuvre au succès de laquelle il attachait une si grande importance..
Deux ans après, le même prélat adressa de nouveau au prinee régent (plus tard George IV), par l'entremise de lord Bathurst, alors ministre d’Elat pour les colonies, une rouvelie supplique en faveur de sa chère fondation. En attendant cette grâce du souverain, le 4 mai 4821, l'Evêque fit
cession à la corporation, dès lors établie, ais non reconnue
civilement, de tous les biens qu'il possédait dans la paroisse
de Nicolet, y comprise la lerre sur laquelle était construit le collége, l'île Daneau, une autre terre au Trans Saint-Michel, et d’autres biens, outre des rentes con-lituées sur d'autres propriétés, formant en tout un montant estimé alors à cinq ou six mille francs de capital, etc., ete.
La charte d'incorporation du collège de Nicolet est due au zèle de l'illustre Evêque Plessis. Le gouverneur d'alors, le
comte de Dalhousie, par lettres sous le grand sceau de la
province, du 40 décembre 182F, proclama l'ordre de publier la charte octroyée par le roi George IV, afin de lui donner ses effets civils. L'original de ce document esl entre Îles mains du gardien des papiers de la couronne, et une copie, certifiée par le chancelier de la province, est maintenant au collége de Nicolet. Cetle charte confère, au nom du roi, eXistence légale à la maison de Nicolet, et reconnait pour membres de cette corporation l'évèque de Québec et son