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plusieurs de ces fêtes au collége de Nicolet, notamment de celle donnée à l’occasion de la visite de Lord Gosford, 1836, (a) et de l’arrivée, à Nicolet, de Lord Sydenham, en 1841. (Voir les papiers du temps.)
Aùx fêtes joyeuses des élèves, aux examens, comme aux autres réunions des amis de l’éducation, la foule mêlait ses vivats, ses approbations furtives, parfois, mais toujours énergiques, aux paroles chaleureuses et aimables de la jeunesse reconnaissante. Tout le monde voulait voir le prêtre béni de tant de générations instruites, et lui seul était calme et impassible au milieu de l'entrain général. On aurait dit un homme toujours insensible à toute gloire humaine. Souvent cette impassibilité du saint prêtre ramenait au silence la foule excitée etattendrie. Elle témoignait aussi son respect au digne prêtre, s’associant avec grâce à son sentiment. Belle déférence, que l'œil observateur saisissait, et qui, assurément, devait être comptée comme une des plus belles démonstrations de ces solennités. Malgré l'entratnement général, tout en lui était digne, grave et parfois majestueux. Et cet ami de l’enfance, ce digne confident de tant d’âmes, ce mentor de tous les âges, pouvait constater que cetle joie n’était pas folle autour de lui, parce qu'on savait qu’il avait droit au respect de tous, et que ses sen-
(a) Monseigneur Signay, en partant de Québec, le 7 juin 1836, pour commencer sa visite pastorale, le 9, à Saint-Michel d’Yamaska, accompagné de MM. Ant. Bédard et Dumoulin, écrivit à M. Leprohon que, le 20, il ferait la Tisite de la maison aÿec Son Excellence Lord Gosford, le Gouverneur. Après avoir visité, le 17 après-midi, le Séminaire de Québec et le Couvent des Dames Ursulines, il se rendit aux Trois-Rivières, puis, le lendemain, à Nicolet, où il ne séjourna toutefois qu’un jour. De là, Milord se rendit, par terre, à Montréal, y visita le collége et les autres institutions, le 8 juillet, etc.
timents sonffraient dans ce débordement de gaieté et de reconnaissance. Voilà comme ce digne ecclésiastique savait se dérober à l'admiration publique. Voilà ce qui se pratique encore, nous le savons, chez plusieurs de ceux qui imitent son dévouement. La religion, la conscience plus que les émoluments, plus que les éloges de leurs nombreux admirateurs, les tient assidus auprès de la jeunesse avide et recueillie.
Après ces éoncours académiques, lorsque le silence étendait ses ailes pacifiques sur la sainte maison, M. Leprohon, qui avait congédié la bruyante jeunesse, en l'invilant à rester pieuse et studieuse et à effectuer un prompt relour, s’enfonçait dans la solitude, repassant ses jours devant Île Seigneur, désirant revoir au plus tôt ses chères brebis pour travailler, avec une ardeur nouvelle, à leur avancement dans les lettres et dans les voies de Îa perfection.
Rarement M. l'abbé Leprohon cédait à un prétexte, même plausible, de quitter la maison. Il avait une répugnance invincible pour les dépenses qui n'étaient pas d'une nécessité absolue. Il ne demandait à ses amis que pour ses pelits protégés, que pour leur procurer des livres, ou des récompenses aux talents qui se distinguaient, ou enfin, pour quelque œuvre ou pour quelque institution sérieuse et d’une utilité reconnue. Son bon esprit lui faisait ranger les frais d'achats de livres, de papeterie, etc., etc., pour les élèves pauvres, parmi celles qui étaient de première utilité. On s'étonne qu'il ait pu faire tant de choses avec d'aussi faibles moyens que ceux qu'il avait à sa disposition. Ses droits patri moniaux, évalués à environ douze cents piastres, furent employés à des œuvres pies, dès qu'il y put toucher. Pen-
dant quelques années, il n’en percevait que la rente ; et,
chaque année, elle était employée à l'achat d'ornements, de linges, de vases, pour l'humble chapelle du collége, à
l'entretien de la lampe du sanctuaire qu'il se plut toute sa
vie à orner et qu’il remplissait des parfums de sa piété. Tantôt il s’assurait quelques douzaines de livres de piété, alors rares et chers, pour les donner en prix aux élèves, soit privément, pour encourager le talent qui ne brille pas mais qui persévère, ou pour récompenser un acte de vertu dans les concours annuels : manières touchantes et nobles d'encourager le {alent, de stimuler l'enfance, de consoler les parents des sacrifices de tous les jours pour l'éducation de leurs enfants. Ses judicieux encourazements accueillaient tous les essais, tous les efforts, même des plus faibles, Il fallait être un homme plus qu'ordinaire pour faire ainsi face: aux circonstances exceptionnelles où il se trouvait. |
M. Leprohon avait le talent de la direction dans le travail, le dévouement au devoir ; en toute occasion, la dignité de la conduite qui commande le respect et l'estime.
Les extraits qu'il a fait des livres qu'il lisait, sont si considérables, qu’on pourrait lui appliquer ce mot qu'un ancien disait, en parlant de Pline : Nikil legebat quod non excerperet.
Son dévouement à la jeunesse s'agrandissait avec son amour pour l'Eglise. Sa vie s’écoulait dans le calme sans être entrainée par les agitations du dehors : mais elle était composée de jours laborieux qui ont eu le résultat le plus fécond.
Sous son patronage bienveillant, les jeunes régents et les professeurs de la maison agissaient avec confiance, gouvernant la jeunesse suivant les principes qui les avaient formés eux-mêmes. Ils allégeaient ses travaux, partageaient sa sollicitude, et, en retour, cet appréciateur éclairé les couvrait de son autorité, les favorisait de ses recommandations et contribuait de fout son pouvoir à leur bien-être. Il partageait aussi leur dévouement, les assistait dans leurs études, pro-
voquait leurs interrogations, les aidait dans leurs recherches, leur prodiguait les avertissements, les lumières salutaires,
encourageait leurs labeurs, accueillait leurs efforts et chérissait leur persévérance. Et ces services réciproques, ces égards mutuels, cimentaient une union qui rendait le ministère de tous merveilleusement fructueux.
M. le directeur voulait, pour professeurs et pour régents, des hommes qui, par la dignité de leurs manières, par une piété solide, comme par leurs maximes, inspirassent à la jeunesse, confiée à leur sollicitude, le respect et l'amour du devoir. Avec une extrême délicatesse il les avertit, 1} les dirige eux-mêmes ; il modère les mouvements imparfaits, il encourage le vrai talent, mais toujours, ses procédés sont délicats, empressés et sincères, comme ses leçons sont brièves, méthodiques, sans sècheresse, et surtout sans respect humain. | |
XLVIIT.
L'enseignement à donner aux élèves du sanctuaire, le chant grégorien, les cérémonies sacerdotales propres à chaque ordre, à chaque solennité, prenaient une part assez large sur le temps de M. le directeur. Par ses attentions auprès des écoliers, M. Leprohon ne se laissait pas distraire des soins qu’il devait aux étudiants en théologie. Pour les former à la vie studieuse et régulière, il leur ménageait tout le temps qu’il pouvait, il leur facilitait les recherches et les études ; et par des conférences fréquentes et prolongées, étudiées et pleines d'intérêt, il les indemnisait des sacrifices qu’ils s’imposaient pour remplir ses vues auprès des Jeunes élèves. L'enseignement de l'histoire de l'Église, de la Théologie dogmatique ou morale, el de la Théologie mystique, la manière d'administrer les sacrements, de réciter le samt
“office, occupaient successivement le Directeur pendant ses <onférences avec messieurs les ecclésiastiques de la maison.
Dans l'enseignement de la théologie, pas de vues neuves, pas d’aperçeus nouveaux. Il n'avait nullement les allures d’un homme qui prétend se distinguer en quittant le sentier battu ; il se fit remarquer, plutôt, parda précision des idées, par la clarté des développements. par l'excellence de la méthode et surtout par l’art si difficile de présenter (oujours des preuves solides à l’appui de la vérité. Tantôt il leur parle de la sublimité de l’état auquel ils sont appelés et leur ‘en développe les devoirs et les obligations. Tantôt il leur inculque les moyens de respecter leur vocation et d'y être fidèles. I leur fait connaître le monde réel, le monde avee ses illusions, les erreurs qui plaisent au cœur humain, ses déceptions ,ses revers. Aux uns, il fait envisager les sublimes objets de leurs aspirations ; aux autres, plus altiers en apparence, il dévoile le mérite attaché aux humbles fonctions. Al sait plaire, ÿ sait émouvoir, il sait éprouver tout son monde. Sa marche est sûre, généreuse et toujours simple. Lorsqu'il censure, lorsqu'il reprend, qu’il réprimande, son 4act est toujours discret et judicieux ; et, de plus, avec <haque sujet, il vit dans la plus douce et la plus parfaite harmonie. Îl n’est pas un de ses anciens élèves qui n’accorde un souvenir de tendresse à ce bon et aimable directeur. Jusqu'à la fin, il a gardé la confiance intime de tous. Combien puisèrent dans les lumières et dans l’affectueuse et solide piété de ce sage et habile directeur les vertus sacerdotales qui embellissent leur carrière? Combien le chérissaient comme un bienfaiteur, comme ur père 7...
Sois béni, à prêtre du Seigneur, puisque par loi tant de lumière a été Jeté dans les âmes, tant de consolation a été predigué à de jeunes cœurs, tant d’espérances ont lui aux esprits que tu as guidés !
Sois béni, homme miséricordieux, pour tout le bien que 4u nous a fait, pour toutes les vertus que tu nous a fait
naître, pour toutes les pratiques que tu as inspirées, pour tous les dons que tu as prodigués à tes enfants !
Sois béni pour toutes les prières que tu as élevées vers le ciel pour ceux que tu dirigeas,—pour toutes les joies qui ont illuminé les autres, —pour toutes les faveurs que tu as fait descendre sur cette jeunesse que tu as sanclifiée, sur ces familles dont tu as formé les chefs, sur ce clergé qui chéril ton souvenir!
Mais il nous faudrait énumérer tous les devoirs, toutes les obligations d’un guide, d’un directeur sage et éclairé, pour faire ressortir le mérite de cet homme de Dieu. Encore nous resterions de beaucoup au-dessous de cette tâche. Bien loin de nous l’imposer, nous nous hâterons de rappeler que M. Leprohon en remplissait toutes les parties bien mieux que nous pe pourrons les énumérer et les décrire.
Enfin, M. Leprohon était le premier dans la maison par ses connaissances el ses lumières, et le premier par son zèle et par sa vigilance de tous les instants. Cependant, le digne ecclésiastique avait plus de goùt et d'aptitude pour la partie administrative et disciplinaire que pour la partie littéraire, quoique, sous lui, les cours aient toujours bien réussi. Mais le pensionnat d'année en année devenait plus nombreux. M. l'abbé Leprohon se plaignait de ne pouvoir plus suffire à ‘sa position et finit par solliciter sa retraite de la maison, L'Evèque de Québec, pour le conserver à un établissement qu'il honorait toujours de sa haute protection, envoya des sujets distingués à son secours, dès que les rangs du clergé, se grossissant, purent lui permettre d’en détacher sans préjudice pour les paroisses qui se multipliaient de tous côtés.
C'est alors que les Harper, les Brassard, etc., apportèrent leur concours si efficace à cette belle institution.
La plus serupuleuse orthodoxie distinguait les discours de M. Leprohon, comme il mettait toujours la plus grande purelé d'intention dans ses actions et dans tous ses pro-
cédés. Il restait toujours d'accord avec les vrais principes,
se refusant à admettre tout ee qui n’élait que hasardé, qu’aimable, les conjectures n’offrant jamais rien de sûr, rien de consolant. Tous les devoirs que M. Leprohon remplissait auprès des élèves et des ecclésiastiques ne l’occupaient pas tant qu'ils ne lui laissassent le temps nécessaire pour préparer les instructions qu’il prêchait le dimanche à l’église paroissiale ou à la chapelle du collége.
L'attention qu’il donnait aux cours d'histoire et de littérature ne [ui faisait pas négliger la science sacerdotale : bien loin de là, par-dessus tout, il considérait, avec plus de scrupule, la partie de sa tâche qui consistait à préparer aux paroisses des pasteurs destinés à y faire fleurir la foi, la sainteté des mœurs et cette charité qui, comme le veut l'apôtre, enfante le sacerdoce d'une loi de grâce et d'amour.
Mais, encore une fois, nous ne voulons pas énumérer tous les travaux de ce vertueux prêtre. Ceux que nous avons rapportés ne furent pas les seuls qui remplirent une vie si fructueuse. Au reste ce n’est pas sa vie que nous écrivons ; ce n'est pas son panégyrique que nous préparons. Sa réputation trouve dans ses vertus une base assez solide sans que nous énumérions davantage ses titres à l'admiration de nos concitovens,.
M. l'abbé Leprohon donnait au Séminaire de Nicolet je concours d’un appui efficace, la garantie d’une vigilance exacte et soutenue comme aussi le secours de lumières étendues et d’une longue expérience. Les évêques aimaïient à établir sur lui de brillantes espérances. La jeunesse qu'il avait immensément aimée lui était fidèlement dévouée. Cependant, il fut inopinément appelé à prenire la direction de la paroisse de Nicolet, où il succédait à M. Raimbault comme curé. L'aménité de son caractère, sa constante disposition à obliger, l'impulsion qu'il donna aux études firent regretter son éloignement du collége. Toute la ma'son, enfin, attendait de lui des services prolongés, lorsqu'il parla de sa retraite. Après avoir si longtemps et si laborieusement vécu pour cette institution, M. Leprohon se retira selon qu’il avait été réglé. Tout le monde fut pris par surprise. M. le Directeur partit, comprimant affections, regrets et émotions. Il passa rapidement devant tout ce qu’il avait édifié, protégé, secouru et aimé. Il rompit avec courage tout lien, n'emportant que l'espérance de faire du bien ailleurset une grande confiance en Dieu. Les adieux furent briefs ; mais il était entendu qu’il servirait encore cette institution de sa parole austère et de ses vues consciencieuses. Comprenant les besoins et la . direction de l'ère nouvelle qu'il avait préparée à cette maison, il souscrivit généreusement aux vues des supérieurs ecclésiastiques, aux désirs de ceux qui le remplaçaient, et promit à tous d'être utile selon la mesure de ses forces.
D'ailleurs. en quittant le collége de Nicolet, M. Leprohon n’en parlait pas tout entier, 1l y laissait ses exemples, ses règlements, ses leçons, et même son portrait, qu’il possédait depuis quelques années.
Per ETC
L'humble prêtre s'était longtemps refusé aux sollicitations de sa famille, qui demandait son portrait, et de son parent, M. Dulongpré (a),-peintre français, qui s’offrait à reproduire ses traits sur la toile. Mais M. Raimbault ayant promis de faire faire le sien pour le collége, il consentit enfin à poser. C’est ainsi que l'humilité de M. le directeur dota la maison de Nicolet de deux précieuses toiles.
(a) Louis Dulongpré, écuyer, né à Paris, mourut à Saint-Hyacinthe, au manoir seigneurial.
Il vint en Amérique, faisant partie d’un corps de marine joint à l’escadre du comte d'Estaing. Après être débarqué sur le continent, il retourna peu après aux Iles Françaises, à la Martinique, à la Guadeloupe, ete.
N’ayant pas trouvé dans cette excursion d'emploi qui convint à ses goûts, il revint aux Etats-Unis, espérant être attaché au corps de troupe sous le commandement du colonel Rochambeau. La paix ayant été conclue avant qu’il eût pu effectuer l’arrangement qu’il avait en vue, M. Dulongpré vint en Canada. Il s’y trouvait sans emploi, réduit même à une déplorable condition, lorsqu’il reçut l’avis de s’annoncer comme professeur de musique et d'enseigner le clavecin. Il épousa, à Montréal, Mlle. Campeau, et quelques amis, entre autres M. Joseph Papineau, notaire, lui conseillèrent de se livrer à la peinture. Sur divers essais de son pinceau, qu’ils avaient examinés, ils avaient prévu qu’il réussirait. En effet, il excella dans le portrait. Bientôt, il eut la vogue. On à porté à plus de trois mille le nombre de têtes qu’il avait été appelé à reproduire sur toile, et toutes avec une grâce et un naturel qui lui méritaient les éloges de la société, le suffrage des amateurs et l’estime du public. Il était heureux, surtout, dans l’exactitude et la perfection des ressemblances, Il eut moins de succès dans les tableaux d’église, qui lui furent demandés. Son talent se montra toujours rebelle à ce genre. Comme la plupart des artistes, M. Dulongpré devint pauvre dans sa vieillesse. Mde. Dessaulles le recueillit alors chez elle, comme eile avait offert un refuge sous son toît hospitalier à l’arpenteur J. MeCarthy, écr., et à tant d’autres pour qui la fortune fut inconstante. Dans la généreuse hospitalité de cette personne si bienfaisante, le vieil artiste à trouvé des consolations et des jours heureux.
Que servirait de rappeler iei les regrets que provoqua son: éloignement du collége ? Ils ont témoigné ce qu'on devait à un affectueux directeur. Tous se rappelèrent longtemps ses adieux touchants qui émurent tant de cœurs. Tous priaient le Seigneur, dans sa bonté, de leur rendre au plus tôt leur aimable et vertueux mentor. La communauté toute entière était remplie d'estime et de respect pour sa personne el pour ses enseignements. Aussi personne ne se permit de fui faire des observations. Combien auraient voulu lui faire agréer le tribut de leur vénération et de leur reconnaissance. Son souvenir était si vivant dans le collége de Nicolet! On le retrouvait, ce semble, en classe, au dortoir, à la récréation, au saint autel, devant ce sanctuaire béni, qu'il s’élait tant de fois plû à orner, à embellir, en prélevant sur ses besoins indispensables, tantôt pour l'entretien du lumi-
naire, tantôt pour rehausser, par quelques décorations,
l'éclat des fêtes. Tous regrettaient son départ du collége, ious le voyaient avec chagrin disparaître de cette maison qu'il avait gouvernée avec tant de sagesse. Tous déploraient les circonstances qui le forçaient d’en venir à cette détermination. |
Cependant, on aimait à se consoler dans la douce pensée que M. Leprohon, que tant de liens attachaïent à cette précleuse institution, resterait toujours à Nicolet, que tous le pourraieut revoir souvent, que tous pourraient donner à sa vieillesse les égards et les soins dus à un père vénéré.
La communauté qu’il avait dirigée avec une si tendre sollicitude s’estimait heureuse de pouvoir, longtemps encore, compter sur ses conseils, sur sa sagesse, et sur son expérience toujours rehaussée par la piété la plus éclairée. La
Divine Providence a voulu, néanmoins, en agir autrement, pour récompenser, sans doute, le zèle de son bon et fidèle serviteur. Les successeurs que le ciel lui a substitués se sont toujours estimés heureux d’avoir pu puiser dans le souvenir de sa conduite des leçons de prudence et d'expérience qui les ont puissamment aidés dans une administration toujours épineuse, et toujours hérissée de difficultés. Mais! comme ses élèves dispersés dans les diverses conditions de la société s’entretiennent toujours de lui avec plaisir! Homme heureux, qui sut être goûté ! On ne l’admire pas avec transport, mais on l'aime partout. Comme il donnuit de l'attrait à la morale! Comme il faisait aimer le bon sens ! Il a néanmoins vécu sans éclat, n’a jamais rien prétendu, rien envié, rien affecté. Toujours surpris des honneurs qu'on lui rendait au collège, il serait étonné, s’il revenait parmi nous, que son mérite eût vécu dans notre souvenir.