ASPHODÈLE FRANCE CORSE ALGÉRIE
100 kilos de tuber- | cules frais donnent! 2 lit, O 80 ‘| 2litre 160 | 1 litre 445
Si nous nous rapportons au lableau des densités des divers sucs d’Asphodèle, nous vovons que le rendement en alcool est d'autant plus grand que le suc de l’Asphodèle à une plus forte densité.
Enfin, si nous rapportons ces résultats à 100 kilogramme de matière sèche, nous trouvons que le rendement esi d'environ 10 litres d'alcool.
Ces résultats montrent que l’Asphodele fournit une quantité d'alcool de beaucoup mférieure à celle que l’on obtient avec les céréales, les pommes de terre ou la betterave, et à peu près équivalente à celle que fournissent les pommes.
Voici quelques chiffres que nous extrayons du Dictionnaire de Chimie de Würlz :
QUANTITÉ D'ALCOOL FOURNI PAR 100 kil. | EE — |
| Théoriquement | Pratiquement | Dior 2. 00 AU Htresar 204 J00itres | DÉMO: PR en RSA ASS us 24 à 28 — MONCE RSR... 090 86, —. 1284 à 28 —
| Pommes de terre . . | 10 à 13 Le | Peiteravé 082. » 4,55 1à,5.5 HOMMES ne «+ » 22) Asphodèle.. . . . . » | 2: |
Comment expliquer ces différences si considérables avec le rendement de 10 litres annoncé par les anciens auteurs, et sur lesquels sans doute ont élé basés les essais de culture el d'exploitation faits en Algérie el en Corse, el même dans les environs de Montpellier ? Nous pensons que l’on avait dû calculer le rendement par rapport à la plante sèche, et l’on obtient, en effet, comme nous l'avons indiqué plus haut, 10 litres pour 100 kilogrammes de tubercules desséchés, ce qui correspond bien à une leneur en eau de 80 0/0 pour les tubercules frais.
L'alcool d’As sphodèle est de bon goût, et dans les nombreuses ne cations que nous avons faites avec l'appareil à plusieurs boules (Lebel et Henninger) nous n'avons pu séparer des produits de tête ou de queue différents de alcool éthylique.
M. Dumas s'exprime ansi sur les qualilés de lalcool
7 es
d'Asphodele (1): «Il est limpide et incolore ; son odeur franche est celle de l'alcool même ; mélangé avec deux fois son volume d'eau, il donne un liquide dont l'odeur offre quelques analogies avec celles que l'alcool de vin donne en pareille circonstance. Il ne contient ni acide, mi sel, n1 matière huileuse; 1l brûle sans résidu, el la flamme est parfaitement identique à celle de l'alcool pur. En résumé, l'alcool d'Asphodèle est d’une qualité très marchande, d'un ütre très éleve et d’une pureté qui ne laisse rien à désirer».
Malgré ces qualités, tous les essais industriels qui ont été tentés onl dû être abandonnés à cause du rendement trop faible et par suite insufisamment rémunérateur. D'après les renseignements qui nous ont été fournis par plusieurs personnes habitant l'Algérie, 1l n'existe actuellement aucune dstllerie d'alcool d'Asphodèle, bien que la plante pousse spontanément et qu'elle soit extrêmement abondante en diverses régions:
En Corse, M. Barbier, principal au Collège de Corte, auquel j'avais demandé des renseignements sur la manière d'opérer pour obtenir la plus grande quantité d'alcool d'Asphodèle, et de lâcher de m'en procurer une pelle quantité, me répondit, le 15 janvier 1905, que, malgré loutes les recherches faites soit dans Corte où ses environs, 11 n'avait pu se procurer de cel alcool, el que depuis longtemps on n’en fabriquail plus. Il pensait cependant m'en envover sous peu, parce qu'un indusiriel état venu, l’année précédente, voir des champs d’Asphodèle et essayer d’en fabriquer de l'alcool, el avait promis de revenir cette année-ci monter des usines.
J'ai écrit aussi à M. Michaud, directeur d'une usine im-
1 Prival, Deschanel el Focillon. — Dict. général des Sciences, artiele Asphoele,
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porlante à Ajaccio, qui me répondit, le 29 avril 1905: «Je ne puis que vous exprimer le regrel que j'ai de ne pouvoir vous fournir les renseignements que vous désirez. Il v a au moins 10 ans qu'il n'existe plus de distillerie d'Asphodèle à Ajaccio et même dans toute la Corse. J’ai vaguement entendu parler, lors de mon arrivée dans le pays, que quelques essais avaient été faits, mais il n°v a jamais eu, à vrai dire, d'exploitation importante ni même sérieuse.
I était venu un industriel Ivonnais, il y a 2 ans, pour étudier s'il était possible d'établir une distillerie de ce genre, mais 1l a dû renoncer à ce projel. car je n'en ai plus entendu parler.
«L'Asphodèle pousse ahondamment dans toute l'île, etilv aurait sûrement la matière premiere suffisante pour une
exploitation de cet alcool, mais j'ignore le rendement de ces
Lubercules».
M. Barbier, fidèle à sa promesse, me répondit, le 24 mai 1905 : «M. D... vous a-t-1l dit que je continuais mes recherches pour obtenir de l'alcool d'Asphodèle? je n'en ai pas encore, el je crains bien de ne pouvoir m'en procurer. La fabrique dont on m'avait parlé n'est pas en activité, et 1l est à craindre qu'elle ne s'ouvre pas. Je m'étais adressé à Tavaco. près d’Ajaccio, il n'y en à pas plus qu'ici; il ne me reste plus qu'à m'informer dans l'arrondissement de Sartène, mais Je n'ai point de relations dans cette partie de la Corse, et je ne sais quand je pourrais avoir des renseignements. Je regrette bien vivement de ne pouvoir vous être plus utile, mais jai fait tout ce que j'ai pu, j'ai même fail recueillir des racines d’Asphodèle par des élèves, et j'ai prié le professeur de physique de les mettre à fermenter et de distiller ensuite. La chose est en train depuis une quinzaine de jours, mais Je ne pourrais vous en envoyer ainsi qu'une minime quantité, el
encore devons-nous atlendre quelque lemps.
Re
QT doit yavoir fort longtemps qu'on ne fabrique plus de cet alcool en Corse, car la plupart des personnes à qui je m'adressais ne le connaissaient pas, et les pharmaciens d'ici ignoraient son existence. Je vous ai dit dernièrement qu’on sen servait autrefois pour laver les tonneaux avant d'y mettre le vin; un vieillard m a dit, il y a quelques jours, qu'on en buvait: il se souvenait d'en avoir bu, mais il en avait oublié
le goût».