‹ Étude Botanique et Chimique de l'Asphodelus Ramosus LinnChapitre 3 sur 30 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

L'Asphodèle, qui fait l'objet de la présente étude, croît en abondance dans toute la région méditerranéenne. Il n’est done pas surprenant qu'il ait attiré de tout temps l'attention par son port spécial, ses Jolies fleurs en grappes serrées, et ses tubercules gorgés de réserves pour le développement des axes aériens. Les Grecs et les Latins lappréciaient au double point de vue alimentaire et médical. Ils le considéraient, en effet, comme une substance nutritive d'une récolte facile, et qui pouvait rendre de très grands services dans les temps de disette, el en mème temps comme un remède efficace dans cerlaines maladies. Comme substance alimentaire, les anciens n'ulilisaient les tubercules d’Asphodèle qu'après les avoir soumis à une longue décoction dans l’eau (1), opération qui est parfaitement justifiée par la composition chimique de ces

1) Flore de Grèce. N° 456, Voyage scientitique en Morée, relation 1%, page 208,

racines, composition sur laquelle nous aurons à revenir plus loin. En tant que plante médicinale, ses propriétés avaient été exagérées, eton en avait fail une sorte de panacée, ainsi qu'il résulte des relations d'Hippocrate (1) et de Pline (2,.

D'ailleurs, comme pour beaucoup d’autres substances anciennement connues, la légende intervint pour prêter à celle plante un caractère mystérieux, et on en fit presque une plante sacrée: on la cultivait autour des lombeaux, et on ht dans Lucien (3) que les mânes, après avoir traversé le Styx, dans les Enfers, descendaient dans une prairie d'Asphodèles. Un récit du même genre se trouve dans l'Odyssée d’'Homère (4).

Il faut arriver ensuite jusqu'à Lamarck, au XIX"° siècle, pour trouver une étude sérieuse de celte plante. Ce naturaliste donne, en effet, de nombreux détails sur diverses sortes d’Asphodèles (5) qui souvent, nous le verrons plus loin, ne représentent que les formes d'une seule espèce. Il parle successivement : 1° de l’Asphodèle jaune qui croît en Italie et en Sicile; 2° de l'Asphodèle de Crète, indigène dans l’ile de Candie ; 3° de l’Asphodèle d'Afrique: # de l’Asphodèle à rameaux ; D° de l'Asphodèle blanc des provinces méridionales de la France, de l'Espagne, de l'Italie et de l'Autriche ; 6° de l'Asphodèle fistuleux qui croit en Espagne.

Les Asphodèles blancs, jaunes, fistuleux sont, depuis 1783, cullivés dans le Jardin des Plantes de Paris.

Mais les données fournies par Lamarck avaient un caractère purement botanique, et il dit simplement au sujet de l’Asphodelus albus, non ramosus, «que sa racine était nourris-

(1) Hippocrate, livre IF, chapitre 199.

(2) Pline, livre XXII, chapitre 22.

(3) Privat, Deschanel et Focillon. — Dict. général des Sciences, art. Asphodèle. (*) Privat, Deschanclet Focillon. — Dict. général des Sciences, art, Asphodèle. (5; Encyclopédie, partic botanique, page 300.

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