AU
centimètre cube d'acide sulfurique dilué, et dans le tube €, un petit fragment d’émulsine. On les abandonne au repos pendant quelques heures, puis on compare les colorations des différents papiers. Dans les trois cas, les papiers sont devenus faiblement bleus, un peu plus fortement peut-être dans le tube C.
Un contrôle est fait avec un autre réactif très sensible de l'acide cyanhydrique : le papier picro-sodique de GUIGNARD.!)
Les papiers se colorent faiblement en rose.
Ces essais préliminaires nous ont servi d'orientation dans la marche à suivre, et donné une première idée des corps qui pouvaient ultérieurement être isolés.
Ainsi la réaction acide provient vraisemblablement de ces acides qu’on trouve généralement dans le règne végétal :
Acide tartrique
Acide oxalique
Acide citrique
Acide succinique
Acide malique, etc.
La coloration verte obtenue par addition de perchlorure de fer est un résultat très commun dans un travail phytochimique (tannin, acide oxalique, etc.). En outre, le précipité obtenu par le traitement à l’acétate de plomb, l’écume se produisant par l'agitation et la réduction de la solution cupro-alcaline, indiquent la présence d’une série de corps, plus ou moins complexes, que nous chercherons à déterminer.
En ce qui concerne les essais pour la détermination des glucosides (ou bien des corps se dédoublant en acide cyanhydrique et sucre), on ne peut pas être trop affirmatif ; les réactifs donnent en effet des résultats auxquels il ne faut pas toujours se fier. Des recherches plus exactes ne sont possibles que par des méthodes plus rigoureuses, par exemple la méthode biochimique de BouRQUELOT, la méthode de détermination des alcaloïdes et glucosides d’après STAs-Orro, la méthode du plomb d’après ROCHLEDER, etc.
Nous avons jugé bon d’élucider, au commencement de ce travail, la question de la présence ou de labsence de corps
t) G. Denigès : Précis de Chimie analytique (1920), page 50.
aussi importants que les alcaloïdes et les glucosides ; il était à craindre en effet que des corps aussi facilement décomposables soient détruits au cours des opérations ultérieures.
$ 2. RECHERCHES DES GLUCOSIDES ET DES ALCALOIDES DANS LA MATIÈRE A ESSAYER PRIMITIVE.
19 Recherche des glucosides d’après BOURQUELOT.!)
Suivant les indications de Mr. BOURQUELOT, 250 gr. des fruits grossièrement pulvérisés sont traités dans un ballon à fond rond avec de l'alcool maintenu à l’ébullition au B.M. On adapte au ballon un réfrigérant à reflux et le liquide est maintenu à l’ébullition pendant une vingtaine de minutes. Après refroidissement, on filtre et l’alcool est éliminé par distillation sous pression réduite. Puis le résidu est repris par Q S d’eau thymolée, pour obtenir 250 cc. de liquide.
La solution obtenue est partagée en deux portions : l’une, A, de:50:ec41l’autre,:.B;«de:200 cc:
A la solution B, on ajoute l’enzyme : 0 gr. 20 d’émulsine. Les deux solutions, en fioles bien bouchées, sont portées dans une étuve dont la température est réglée à 250—300.
Au bout de 2 jours, on fait un premier essai en prélevant dans les deux fioles 20 cc. de liquide, ajoutant 4 cc. de sousacétate de plomb, puis filtrant.
Le filtrat sert à la détermination du pouvoir rotatoire et réducteur. Par suite de la présence d’une matière colorante extrêmement intense dans les fruits, ces valeurs, malheureusement, étaient difficiles à déterminer, surtout en ce qui concerne le pouvoir réducteur.
En tout cas, la quantité de sucre était pratiquement la même dans les deux solutions, tant au bout de 2 jours, qu’au bout de 4 jours. Quant au pouvoir rotatoire, nous avons noté une déviation de 001 à gauche.
‘) Denigès : Précis de Chimie analytique (1920), page 297,
HDI
29 Recherche des alcaloïdes et glucosides d'après Sras-Orro.!)
Pour appliquer cette méthode, 100 grammes de la matière à essayer sont additionnés d'environ leur poids d'alcool à 95°, dans lequel on a préalablement fait dissoudre 2 grammes d'acide tartrique. Après avoir abandonné le mélange pendant 24 heures, en matras bouché, à une température de 50060, on sépare le liquide alcoolique en filtrant. Puis l’alcool est éliminé par distillation au B.M., sous pression réduite. Le résidu est repris par de l’eau distillée et filtré. Par suite de la formation d’une solution colloïdale (corps gras, résines, etc.) le filtrat obtenu était fortement trouble. Il en est généralement ainsi en suivant cette méthode. Au lieu de chercher des techniques très compliquées pour éviter ce trouble, nous avons essayé de traiter le liquide avec du kaolin, de la terre d’infusoire, différents silicates, etc. Nous avons obtenu de bons résultats, surtout avec les silicates.
Le filtrat clair et limpide est épuisé immédiatement par l’éther, bien exempt d’alcoo!. L’épuisement est exécuté dans un entonnoir à séparation et l’éther est séparé par décantation. Le traitement par l’éther est renouvelé une seconde et une troisième fois.) Les solutions éthérées sont finalement réunies et évaporées. Le résidu d’un volume extrêmement petit, est soumis aux expériences suivantes : Un fragment examiné au microscope apparaît sous forme d’une masse amorphe jaune, entremêlée de petits cristaux peu nombreux.
Une solution aqueuse est traitée par les principaux réactifs des alcaloïdes *) et glucosides.
A l'exception du réactif d'Erdmann qui produit une coloration rose, les réactifs des alcaloïdes indiqués ci-dessous ont donné un résultat négatif.
1) Dr. L. Rosenthaler : Der Nachweis organische Verbindungen (1914), page 675.
2) La troisième fois en milieu alcalin.
G. Denigès : Précis de Chimie analytique (1920), page 318.
3) D’après GADAMER, Lehrbuch der chemischen Toxicologie, page 482, nous avons choisi parmi les differents réactifs les suivants : 1° des acides simples : l’acide picrique et l’acide tannique ; 2° des acides complexes avec composant métalloïdique : iodo-iodé et acide phosphomolybdique ; 3° des acides complexes avec composants métalliques : réactif de MAYER et iodo-bismuthique, ainsi que les réactifs d'ERDMANN, de MARME, de DRAGENDORF, de MILION et de WAGNER.
Comme réactifs des glucosides, nous avons employé : le naphtol additionné de SO‘ H? concentré ') et le réactif de Pettenkofer *). Tous deux ont donné des résultats positifs quoique très faiblement. La liqueur cupro-alcaline est directement réduite, et nous n'avons pas observé une réduction plus forte après un traitement à l’ébullition en présence d’un acide.
Il faut donc conclure que de petites quantités de la solution sucrée sont passées, pendant l’épuisement à l’éther, dans la couche éthérée. Les réactifs indiqués plus haut sont extrêmement sensibles, soit vis-à-vis des sucres, soit vis-à-vis des glucosides.
Après avoir terminé nos analyses préliminaires nous passons à l'étude systématique. Nous avons maintenant une idée des corps qu’il convient de rechercher et de caractériser. En ce qui concerne les glucosides et alcaloïdes, nous avons jugé bon de continuer nos recherches, bien que les essais préliminaires fussent négatifs.
Afin de faciliter la compréhension de ce travail nous commencerons par une description générale de la méthode d’épuisement qui fut employée.
DADIIE ROSENTHALER, Grundzüge der chemischen Pflanzenuntersuchung (1904), page 17.
2?) GADAMER, Lehrbuch der chemischen Toxicologie, page 482.
RÉECHERCHES" DERINITIVES:
MÉTHODE SYSTÈMATIQUE D'EXTRACTION.
Les solvants qui ont servi aux épuisements sont : l’éther de pétrole léger, l’éther ordinaire, le chloroforme, l'alcool à 959, l'alcool à 800, l'alcool à 600, l’eau distillée froide, l’eau distillée chaude et l’eau distillée acidulée. Le pétrole employé passait à la distillation entre 30° et 500.
Pour obtenir l’éther et le chloroforme sans alcool et sans eau, on les traite d’abord plusieurs fois avec de l’eau distillée dans un entonnoir à séparation, puis on les abandonne au repos pendant quelques semaines en présence d’une forte quantité de chlorure de calcium fraîchement calciné. Enfin, les liquides sont soumis à la distillation.
Nous avons fait un premier essai en employant 40 grammes de fruits grossièrement pulvérisés. En épuisant la matière successivement par les solvants indiqués plus haut, on obtient une série d'extraits plus ou moins nets, mais tous différents.
Les extractions à l’éther de pétrole, à l’éther éthylique et au chloroforme sont exécutées au B.-M. dans un appareil de Soxhlet. La matière à essayer est laissée en contact avec les différents solvants pendant 24 heures environ, ou bien jusqu’à ce qu'une prise d'essai, évaporée à sec, ne laisse plus de résidu.
Nous avons fait les observations suivantes :
Lorsqu'on distille à sec la solution pétrolique (il est bon d'achever l'opération avec l’aide du vide, car l’extrait retient énergiquement les dernières portions du dissolvant), on obtient un extrait huileux, de couleur rouge brun, d’odeur forte, mais agréable, se modifiant par refroidissement en une masse de consistance butyreuse et d'aspect cristallin (la quantité était de 3 grammes 60, ce qui correspond à environ 90 gr. par kilogramme de fruits).
Par les traitements avec l’éther et le chloroforme, nous avons obtenu des extraits d'aspect semblable, c. a. d. des résidus résineux de couleur brun noir. La durée des traitements (qu’on peut considérer comme terminés lorsque le liquide s'écoule incolore) est d’une vingtaine d’heures (les quantités étaient
LS
respectivement environ 24 grammes et 10 grammes par kilogramme de fruits).
Les épuisements par l'alcool à 95°, 800 et 600, sont exécutés par ébullition au B.-M. dans un ballon muni d’un réfrigérant à reflux. Les traitements sont répétés jusqu’à ce que la dernière portion de l'alcool soit incolore. Après distillation de l'alcool! à 950, on obtient un extrait mou, rouge foncé et odorant. (La quantité de cet extrait atteint 285 grammes par kilogramme de fruits.)
Par élimination de j’alcool à 800 et à 600 (d’abord par distillation, puis par évaporation au B.-M.) on obtient des résidus épais, brun foncé. Les quantités calculées par kilogramme de fruits étaient respectivement 15 gr. et 13 grammes. Enfin, la plante est d’abord mise à macérer dans l’eau distillée froide, puis maintenue à l’ébullition pendant quelque temps avec une nouvelle quantité d’eau, et pour achever l’épuisement systématique, la matière à essayer est soumise à une macération dans l’eau froide acidulée.
Dans les trois cas, nous avons obtenu par évaporation à sec au B.-M., des résidus friables de couleur brun clair (respectivement environ 13 gr., 6 gr. et 23 grammes par kilogramme de fruits).
En résumé, les épuisements préliminaires nous ont montré que c’est l’éther de pétrole et l'alcool à 959 qui enlèvent aux fruits le plus de substances : celles-ci sont surtout constituées par des corps gras et des sucres.
Afin de pouvoir étudier d’une manière aussi détaillée que possible ces corps certainement les plus importants dans le fruit du Haronga, nous nous sommes borné la plupart du temps aux extraits obtenus par l’éther de pétrole et l’alcool à 95°.
Toutefois pour compléter nos recherches et afin de ne laisser échapper aucune substance chimique intéressante, nous avons fait agir aussi des autres solvants, et au total nous avons employé :
10 l’éther de pétrole 4° l'alcool! à 950
20 Je chloroforme 50 l’eau distillée froide
30 léther éthylique 60 l’eau distillée acidulée
El.