‹ Étude chimique des fruits du Haronga madagascariensis: Exposé d'une méthode générale pour analyses phytochimiquesChapitre 27 sur 44 · II. Isolement des acides organiques et examen de la solu · texte numérisé non relu

II. Isolement des acides organiques et examen de la solu

tion sucrée : 400 cc.

III Recherche des autres corps, accompagnant l'extrait

alcoolique : 300 cc.

I. Les premiers 100 cc. du liquide concentré sont additionnés d’éther éthylique en excès. II se forme immédiatement un précipité blanc-jaunâtre, se déposant après quelques instants, en partie sur la paroi, en partie sur le fond du ballon.

Le dépôt se collant énergiquement au matras, est facilement isolé par une décantation simple du liquide étheroalcoolique.

Re.

Il se présente ainsi à l’analyse :

a) un dépôt gommeux, b) un liquide éthero-alcoolique.

Le premier produit est lavé avec quelques centimètres cubes d’éther alcoolique, puis dissous dans une quantité nécessaire d’eau distillée. On obtient une solution un peu acide, d’une coloration jaune-clair.

Elle ne donne ni réaction des alcaloïdes, ni changement de couleur par addition de perchlorure de fer. D'autre part, la liqueur cupro-alcaline est facilement réduite, et en ajoutant une solution d’acétate de plomb, il se forme un précipité blanc.

Le liquide éthero-alcoolique est évaporé à sec par distillation au B. M. à l’aide du vide.

Le résidu, une masse brun-foncé, est repris à chaud par l’eau distillée. Après avoir traité le liquide par agitation avec un peu de kaolin, on filtre, et le filtrat limpide, coloré en brun est soumis à l'analyse suivante :

Recherche des alcaloïdes et glucosides : résultat négatif.

Le perchlorure de fer donne une coloration verte très nette ; l’eau de baryte, une coloration vert-bleu. La solution est fortement acide, et par addition d’acétate de plomb on obtient un précipité blanc volumineux.

La liqueur cupro-alcaline est réduite.

Ensuite le dépôt gommeux, ainsi que le résidu obtenu par évaporation du liquide éthero-alcoolique, sont traités selon la méthode indiquée par BOURQUELOT ‘), pour la recherche des glucosides et polysaccharides. Dans les deux cas, la quantité du sucre n’a pas augmenté.

En résumé, par ces opérations on n'obtient pas une séparation convenable des corps se trouvant dans l'extrait primitif. Les renseignements que l’on peut en tirer, par contre, sont essentiellement les suivants :

Le dépôt produit par l'addition de l’éther renferme un ou plusieurs sucres réducteurs, de la gomme, une minime quantité d'acides etc.

Dans la solution éthero-alcoolique, nous trouvons une grande partie d'acides organiques encore en solution, puis du tannin, du sucre, etc.

*) loc. cit., page 14.

Le ANR

Enfin, l’analyse pour la détermination des glucosides et polysaccharides (d’après BOURQUELOT) a démontré, que, la mapière sucrée obtenue par l'épuisement àl'alcool est constituée par tune ou plusieurs sortes de sucres réducteurs.

Nous avons désormais une idée des corps qu’il nous faut étudier, et sur cette base nous avons choisi la méthode suivante, pour leur identification : |

L’extrait obtenu par l’épuisement à l'alcool est repris par d'eau distillée.

La solution aqueuse est précipitée en partie avec l’acétate neutre de plomb, en partie avec le sous-acétate de plomb.

Par filtration il se présente à l’analyse :

A. Différents dépôts plombiques contenant :

des acides organiques, une matière visqueuse, une matière colorante, du tannin, des gommes, etc., B. Un liquide sucré.

Dans la suite nous étudierons successivement et dans l’ordre de leur obtention les corps que nous n’avons pu isoler par cette méthode.

II, Les 400 grammes d'extrait alcoolique sont évaporés à sec au B. M.

Le résidu est repris avec de l’eau distillée en chauffant légèrement, ensuite le liquide est traité avec un peu de kaolin et filtré:

Le filtrat limpide, coloré en brun foncé, sert à l’analvse suivante :

19 Recherche des Acides organiques.

La solution (500 grammes environ) est neutralisée avec de la lessive de soude pure (en présence du tournesol), puis additionnée d’une solution neutre d’acétate de plomb à 20%, tant qu’il se forme un précipité. Enfin on ajoute au liquide un égal volume d’alcool à 95° et le mélange est abandonné

nn, —

au repos pendant 24 heures. Au bout de ce temps, le dépôt blanc jaunâtre est séparé par filtration (le filtrat, voir page 54).

Le précipité est lavé par décantation avec un mélange d’alcool et d’eau, jusqu’à ce que les eaux de lavage ne donnent ni réaction du sucre, ni précipité en ajoutant de l’acide sulfurique.

Le précipité ainsi lavé est additionné d’eau et porté à l’ébullition ; le liquide chaud est soumis à l’action d’un vif courant d'hydrogène sulfuré, jusqu’à refroidissement complet.

Les acides sont ainsi mis en liberté ; on filtre : les acides passant dans le filtrat clair, tandis que le sulfure de plomb reste sur le filtre. La solution est évaporée au B. M. en chauffant doucement, jusqu’à 60 cc. On neutralise avec de la lessive, puis évapore jusqu'à 15 cc.

Le liquide concentré contenant les sels potassiques des différents acides, plus certaines impuretés (tannin, acide phosphorique, etc.) est alors traité d’après la méthode de JOERGEN- SEN !), basée sur le principe suivant :

Le tannin, et eventuellement l’acide phosphorique et l’acide sulfurique, sont éliminés en traitant le liquide avec de l'alcool à DOC ER

L’acide tartrique est isolé sous forme de tartrate acide d€ potassium par addition d’acide acétique ; l'acide succinique est retiré de la solution par épuisement à l’éther en milieu acide ; enfin l’acide malique et l'acide citrique sont isolés et séparés sous forme de sels de baryum, grâce à leurs solubilités différentes dans l'alcool à 280.

Le liquide concentré neutralisé et amené par évaporation à 15 cc. est donc additionné d’un volume double d’alcool et abandonné à lui-même pendant la nuit. Le lendemain on filtre, et le filtrat sert à la recherche de l’acide tartrique : il est additionné de 3 cc. d’acide acétique cristallisable, et le mélange ainsi obtenu est agité de temps à temps pendant une durée de 48 heures. Dans ces conditions l’acide tartrique, d’après l’auteur précipitera sous forme de cristaux blanc-jaunâtre (le tartrate acide de potassium).

‘) Zeitschr. f. d. Unters. d. Nahrungs- u. Genussm., Vol. 13, page 241 (1907).

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Par ce moyen nous avons nettement obtenu un précipité jaune, qui examiné au microscope apparait sous forme de petits cristaux arrondis, irréguliers, peu carctéristiques. Cependant, nous nous sommes assuré qu’il ne s’agit pas d’un tartrate.')

Le liquide filtré est ensuite chauffé au B. M. pour éliminer l’alcool et l'acide acétique. La solution aqueuse, additionnée de quelques centimètres cubes d'acide sulfurique dilué, est soumise à une extraction à l’éther éthylique, dans un entonnoir à robinet, pour rechercher l'acide succinique.

Lorsqu'on évapore à siccité la solution éthérée, on obtient un résidu brun, très acide, d’une odeur empyreumatique. En traitant ce produit avec de l’eau chaude, puis en filtrant et concentrant un peu le liquide, on obtient après refroidissement de nombreux cristaux jaunes, qui, examinés au microscope, apparaissent sous forme de petites colonnes. La solution aqueuse de ce corps, neutralisée par l’ammoniaque, donne par addition de perchlorure de fer un précipité brun vert.

Les cristaux chauffés à sec dans une petite capsule en porcelaine se volatilisent entièrement en donnant des vapeurs blanches extrêmement irritantes.

La réaction pyrrolique *) positive, caractérise ultérieurement la présence d’acide succinique.

Pour déterminer l'acide citrique et l'acide malique, la solution aqueuse épuisée par l’éther, 45 cc. environ, est neutralisée (en présence du tournesol) au moyen de la lessive de soude, puis additionnée de 10 cc. d’une solution de chlorure de baryum à 10%.

Il se forme immédiatement un précipité volumineux, qui, d’après l’auteur de la méthode, peut être composé de sels de baryum, d’acide phosphorique, d’acide sulfurique, d’acide tannique et dans certains cas aussi d’acide citrique. En examinant ce produit, nous avons remarqué qu'il s’agit ici, outre de petites

1) G. DENIGËS : Précis de Chimie analytique : Réactifs de l’acide tartrique :

a) Réactif de Mœhler, b) Réactif de Tenton, c) Formation du sel de chaux, d) Réduction de la solution ammoniacale de l’azotate d’argent.

2) C. NEUBERG : Zeitschr. f. physiol. Chemie, vol. 31, page 574, 1900.

quantités d'acide tannique, d’un mélange de citrate, et de malate de baryum, ce qui fait supposer des quantités notables de ces corps, puisque d’après JOERGENSE, des faibles quantités ne se précipiteraient pas, mais resteraient en solution.

Nous avons traité le dépôt avec une assez grande quantité d’eau froide, afin de les redissoudre. On filtre et on prend 72 cc. du filtrat auquel on ajoute assez d’alcool absolu pour obtenir 100 cc. de liquide (ce qui correspond à un titre alcoolique de 280).

Le mélange est bien agité, puis abandonné au repos pendant quelques heures. Il se forme un précipité volumineux qui donne toujours les réactions des citrates et des malates. Aussi avons-nous de nouveau dissous le dépôt dans environ 70 cc. d’eau, puis ajouté de l'alcool absolu jusqu’à 100 cc. Ce traitement, répété une troisième fois, laisse finalement à l’analyse:

a) un précipité blanc volumineux, b) des filtrats alcooliques.

A) La présence d’acide citrique dans le précipité, lavé sur le filtre avec quelques centimètres cubes d’alcoo! à 289, est caractérisé au moyen des réactifs suivants :

a) Réactif de Denigès (HgO + SO‘H?), b) Formation de citrate de calcium, c) Réactif de Merck.{)

Les réactions de l’acide malique sont négatives.

B) Le filtrat alcoolique est évaporé au B. M. Par addition de son volume d’alcool à 959, il se forme un précipité blanc volumineux, qui soumis à l’analyse donne avec les réactifs principaux de l’acide malique une réaction positive.

Nous avons choisi parmi les méthodes d'identification les suivantes :

a) La réaction de Dénigès (acétate de mercure). b) Les caractères du sel de plomb.

1) Réactif coloré de l’acide citrique :

La matière à essayer est chauffée (90°—950) pendant 8 minutes avec de l’acide sulfurique concentré. Le mélange dilué donne (en milieu alcalin) avec le nitroprussiate de sodium une coloration rouge rubis, qui par addition d'acide acétique vire au violet.

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c) La réduction d’une solution de chlorure de palladium par chauffage en milieu alcalin.

d) La diazo-réaction de Rosenthaler.t)

La méthode suivie (celle de JOERGENSEN) a bien permis une séparation de ces divers acides, mais la technique est très compliquée, dès qu’on se trouve en présence de quantités assez grandes d'acide citrique et d'acide malique. -

La méthode peut d’ailleurs être appliquée au dosage de ces acides.

Dans le même ordre de recherches nous pouvons indiquer une autre méthode signalée par E. SCHMIDT *) pour la séparation d’un certain nombre d’acides organiques, méthode que nous avons perfectionnée et qui est basée sur le principe suivant :

Une solution des acides libres est additionnée d’une certaine quantité d’acétate de calcium, puis d’eau de chaux en excès. On obtient un précipité blanc qui peut être composé d'oxalate et de tartrate de chaux, tandis que les sels de chaux des autres acides se trouvent en solution. Après filtration, le précipité est traité à chaud avec l’acide acétique, ce qui permet de distinguer l’oxalate du tartrate, puisque celui-ci est facilement soluble dans cet acide.

Le filtrat qui peut contenir les sels de chaux des acides succinique, malique et citrique, est porté à l’ébullition. Le citrate de chaux se précipite après quelque temps, et peut être isolé par filtration à chaud. Dans une partie du filtrat neutralisé et éventuellement concentré, l’acide succinique est isolé sous forme de succinate de fer *) et enfin dans une autre partie on peut obtenir l’acide malique par précipitation avec l’acétate de plomb.

Nous avons appliqué cette méthode au mélange d'acides, qui se précipitent lorsqu'on ajoute de l’acétate de plomb à une

1) L. ROSENTHALER : Nachweis Organischer Verbindungen (1914), page 347. — Diazoréaction : un mélange d’acide sulfanilique et de nitrite de soude donne avec l’acide malique (en milieu alcalin) une coloration rouge-violet.

2) E. ScHMIDT : Ausführ. Lehrbuch d. pharm. Chemie (1910), vol. II, page 619,

3) Nous trouvons que l’épuisement à l’éther, en milieu acide, est plus favorable pour l'obtention de cet acide.

an.

solution aqueuse de notre extrait alcoolique (page 47). Le précipité plombique était traité par l'hydrogène sulfuré dans les conditions indiquées plus haut.

Mais nous avons remarqué que la solution acide sucrée primitive, par suite de son séjour en un endroit assez chaud, était en voie de fermentation. Cela peut expliquer la divergence des résultats obtenus avec la méthode de SCHMIDT et ceux donnés par la méthode de JOERGENSEN. Ainsi nous avons trouvé des quantités plus grandes d’acide succinique, tandis que l'acide malique et principalement l'acide citrique se trouvent en quantités moindres.

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