ACTION DU PYRAMIDON SUR LA SÉCREÉTION URINAIRE
a) Volume. — Dans notre auto-observation, nous avions pris la précaution de noter le volume de l’urine émise dans le cours de la journée. Ce volume s’est maintenu à ce qu'il est, en moyenne, chez nous,
(1) Les urines contenant du pyramidon font virer nettement la teinture de cochenille. Cette réaction ne peut cependant pas être utilisée à cause de la composition complexe de l’urine. Nous avons pu observer, en effet, que l’urine normale et exempte de pyramidon se montrait, à la fois, acide au tournesol et alcaline à la cochenille.
MM. Imbert et Astruc avaient déjà signalé, d’ailleurs, une réaction analogue, en employant l’hélianthine au lieu de la cochenille.
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dans les vingt-quatre heures (1.150 c.c. au moment de l'expérience). Sous ce rapport, nous n avons rien remarqué d’anormal. Il est vrai que la dose de pyramidon était faible pour les vingt-quatre heures. Cette observation pourra néanmoins s'ajouter aux remarques qui ont été faites au sujet de l’action du pyramidon sur la diurèse.
Sur ce point important, en effet, les auteurs sont : loin d’être d'accord.
Filehne, en publiant le résultat de ses recherches, attribua au pyramidon la propriété d'augmenter plutôt que de diminuer la diurèse.
D’après le D' Legendre (1), le pyramidon, suivant l'expression de Renaut, ferme le rein et serait indiqué dans les polyuries.
M. Deguy (2) fait les plus expresses réserves sur ce point.
Le D' Blanc (3) est au contraire de l'opinion de Filehne et il explique que sila quantité d’urine émise était faible ou stationnaire au début du traitement, cette oligurie relative était compensée par une émission considérable de sueurs et par une ascension de la courbe urinaire les jours suivants.
b) Couleur. — L'urine des malades traités par le pyramidon prend quelquefois une teinte rougeûtre.
On n'avait vu, tout d'abord, dans ce fait qu’une simple coïncidence (4). On indiquait même que le
(1) LEGENDRE, thèse de Paris, 1897.
(2) D' Decuy, Journal des Praticiens, 1901, p. 182.
(3) Dr Banc, thèse de Paris, 1903, p. 82, (4) Rien de pareil ne s’est produit avec nos urines,
OU
pyramidon ne devait pas être mis en cause et que cetteteinte appartenait, en somme, à l'urine des états fébriles et des troubles hépatiques ou circulatoires. Mais tout récemment, le D' Appert (1) a donné sur cette coloration une explication qui semble admise aujourd'hui. Selon cet auteur, le pyramidon subit dans l'organisme une décomposition aboutissant finalement à la production d'acide rubazonique se différenciant de l'hémoglobine, avec laquelle on peut le confondre, par sa solubilité dans le chloroforme.
On a indiqué que cette coloration (terminée généralement douze heures après l'absorption) était plus fréquente chez les sujets atteints d'affections nerveuses ou douloureuses. Nous l'avons vu se produire d’une façon intermittente chez une malade atteinte d'une sciatique rebelle et soumise par son médecin à un traitement suivi par le pyramidon. Cette coloration anormale n a pas manqué d’effrayer la malade qui nous a immédiatement soumis son urine, pensant avoir affaire à une hématurie.
Bien que, d’après les observations que nous avons recueillies sur ce point, cette coloration ne se produise que très rarement, nous sommes d'avis que le médecin fera bien de prévenir les sujets nerveux ou trop facilement impressionnables de ce changement possible dans la couleur des urines après l’usage du pyramidon.
(1) D' APPerT, Arch, gén. de médecine, 190#.