‹ Etude chimique et physiologique du ricinChapitre 15 sur 28 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

DE LA RICININE.

Le nom de ricinine a été donné à deux produits différents ; l’un, découvert en 18G0 par Petit, et qui n’est pas un principe défini; l’autre découvert en 186G par Tuson, dans les semences de ricin et étudié par le môme chimiste. C’est à ce dernier principe que nous laisserons le nom de ricinine, tout en regrettant do ne pouvoir le donner au principe purgatif.

Après Tuson, la ricinine fut trouvée par le docteur Wagne dans les feuilles de la môme plante, dont l’extrait fluide est employé en Amérique comme galactogoguc : cet extrait laisse souvent déposer des cristaux d'azotate de potasse.

Quello est la nature de ce principe? M. Personne serait porté à le considérer comme un glucoside, sans cependant rien donner d’afïirmatif. J’ai constaté qu’il ne réduisait pas la liqueur de Fehling, et qu’après une ébullition d’une demi-heure avec l’acide chlorhydrique étendu, il ne réduisait pas davantage. Je donne cette expérience sans en tirer aucune conclusion. Tuson et Wagne le regardent comme un alcaloïde. Tuson ajoute que l’huile de ricin agitée avec de l’eau, lui cède un peu de ricinine, mais qu’elle ne jouit pas de propriétés purgatives, non plus que la résine obtenue dans sa préparation.

L’huile et les semences de croton donnent un alcaloïde ressemblant beaucoup au corps précédent : il est peut-être identique, de même que l’alcaloïde extrait par Grandes de l’écorce dé cascarille.

Préparation.-— Tuson fait bouillir les graines avec de l’eau ; on évapore la liqueur filtrée en consistance d’extrait : cet extrait repris par l’alcool bouillant donne une solution déposant par le refroidissement une matière résineuse qu’on sépare ; la liqueur distillée fournit la ricininc cristallisée, il ne reste plus qu’à la décolorer par plusieurs cristallisations dans l’alcool et filtrations sur le noir animal.

Par ce procédé, j’ai obtenu environ 10 gr. de ricinine pour 10 kilogr. de graines.

D’après M. Personne, on l’obtient plus facilement en traitant par l’alcool concentré et bouillant le tourteau de ricin, débarrassé de toute l’huile par le sulfure de carbone.

Le docteur Wagne l’a extraite des feuilles en les traitant par de l’alcool dilué; il évapore au B, M., filtre pour séparer la chlorophylle et la résine. 11 traite la liqueur par l’oxyde de plomb hydraté, reprend par le tannin, filtre, évapore en consistance d’extrait et redissout dans l’alcool. Cette solution abandonnée à l’évaporation spontanée donne des cristaux (o g r . 25) par kilogr. de feuilles). On la purifie par.ün nouveau traitement à l’alcool.

Pour la retirer de l’huile de ricin, il suffit d’agiter celle-ci avec de l’eau ; par évaporation on obtient une résine qui, traitée par l’alcool bouillant, donne la ricinine.

Propriétés. — La ricinine est en prismes rectangulaires ou en tables incolores, d’une saveur amère* rappelant celle des amandes. Elle est soluble dans l’eau et l’alcool, se dissout mal dans l’éther et la benzine.

Par la chaleur, elle fond en un liquide incolore, se concrétant en masse crislaline. Elle peut se sublimer saits altération.

Elle se colore en vert par l’addition d’acide sulfurique et de brichromale de potasse.

Elle ne réduit pas l’acide iodique même à l’ébullition.

Elle n’a pas d’action sur le papier réactif.

L’acide sulfurique la dissout sans la noircir; d’après M. Personne cet acide la colorerait en rouge.

L’acide azotique concentré la dissout sans dégagement de gaz; cette solution se trouble par l’eau, et par évaporation donne des aiguilles incolores que l’eau ne décompose pas.

Le sel chlorhydrique est décomposé par l’eau.

Chauffée avec de la potasse, elle donne de l’ammoniaque.

Avec le chlorure de platine, elle donne de beaux octaèdres d’un jaune orangé.

Avec le chlorure mercuriquo, elle donne de petits faisceaux cristallins brillants. Si on met ce sel en contact avec une solution aqueuse de ricinine saturée à froid, on a, après quelque temps, une masse soyeuse de cristaux en boules solubles dans l’eau et l’alcool.

Elle ne donne pas de précipité avec l’iodure double de potassium et de mercure.

Diverses albumines mises en contact avec elle à des températures comprises entre 10’ et 45° ne l’ont pas dédoublée en un principe purgatif (Personne, exp. inédites).

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