ORIGINE DU RICIN, COMPOSITION DES SEMENCES
Le Ricinestune plante excessivement répandue; car on le trouve naturel ou cultivé dans l’Inde, la Perse, les îles de l’Archipel Turc, le nord de l'Afrique, l’Espagne, la Provence, en Amérique, aux Antilles et. jusqu’à Taïti.
Son fruit est sec, déhiscent, capsulaire, tricoque, parfois lisse, le: plus souvent épineux, à coque bivalve et monosperme ; la graine est grosse, ovale, convexe et arrondie du côté extérieur, plane du côté intérieur ; son testa est mince, dur et cassant, sa surface est lisse, d’une couleur grise, mouchetée et bigarrée de taches brunâtres. Le tegmen est mince et blanchâtre. Cet épisperme se sépare aisément de l’amande ; mais celle-ci est encore recouverte par une troisième enveloppe dont le développement a été étudié par M. A. Gris. L’amande estblanche, d’une saveur douce mêlée d’âcreté, composée d’un endosperme huileux, renfermant un embryon, dont les cotylédons sont ovales, larges, minces et foliacés. L’ombilic est pourvu d’une caroncule charnue et globuleuse ; ce qui, joint à la forme de la semence, la fait ressembler à la tique des chiens, qu’on nommait autrefois Ricin ; d’ou la plante a tiré son nom.
L’amande ne renferme pas d’amidon : mais on y trouve un grand nombre de grains d’aleurone dont le centre est occupé, soit par des globoïdes, soit par des cristalloïdes ; c’est même sur le Ricin que l’on a observé tout d’abord les plus beaux cristalloïdes.
Les diverses semences de Ricin, employées à l’extraction de l’huile, qui se trouvent dans le commerce sont les Ricins, d’Amérique, les Ricins de France et quelquefois ceux du Sénégal.
Voici,, d’après Guibourt, les caractères de ces semences,
Les Ricins d’Amérique sont plus gros, d’une couleur foncée,, d’une marbrure nette, bien marquée, pourvus d’une grande âcreté. La pellicule.qui recouvre l’amande, est argentée ; la longueur de la semence est de 14 mill., la largeur de 9 mill., l’épaisseur de 7 mill.
Les Ricins de France sont plus petits, d’une couleur moins foncée, les marbrures- sont moins prononcées ; ils sont presque privés d’âcreté. Longueur de 9 à 10 mill., largeur 7 à 8 mill., épaisseur 5 à; 6 mill.
Les Ricins du Sénégal ont le même volume que les ricins de France, mais ils présentent la marbrure foncée des ricins d’Amérique.
Dans les analyses et observations qui suivent, j’ai cherché à donner une idée de la composition des semences de Ricin
M. Mayet a trouvé :
Dans lea ricins de France Dans les ricins d’Algérie
Coques. 26.70 Coques.30.76
Amandes .... 71.14 Amandes .... 67.32
Perte. 2.16 Perte. 1.92
Dans les ricins de France, la proportion d’huile s’élève d’après cet auteur à 0,52.
M. Rouis dit que de toutes les semences oléagineuses, celles de ricin sont les plus riches, et qu’elles renferment de 0,60 à 0,64 d’huile.
Le tableau suivant est dû à M. Cloez.
Poids do Perte en eau Matière grasse
l’hectolitre h 100 Avant dessic. Après dessicat^ Ricin de France.68 k. 920 6,86 50.85 54.595
— — décortiqué . 56 k. 100 3,76 68.81 71.498
Ricin d’Amérique . . . . 48k. 180 7.04 45.875 49.349
— — décortiqué. 46k. 650 5.14 63.763 67.934
Dans ses recherches sur la végétation, M. Fleury a inséré l'ana¬
lyse que voici :
Eau. ............. 6.18
Mat. minérales. 3.10
Mat. albuminoïdes . .. 20.20
Sucre et corps analogues. 2.21
Matières grasses et résineuses.'46.60
Cellulose.17.99
Substances indéterminées.. 3.72
Les matières albuminoïdes ont été dosées en multipliant par 16/100 le poids de l’azote trouvé par le procédé deM. Péligot.
M. Bouis ayant trouvé 2,49 d’azote dans des graines non mondées, et 4,42 dans des graines mondées ; si on calcule les matières albuminoïdes de la même manière que M. Fleury, on obtient les nombres 15,55 et 27,06, qui diffèrent sensiblement du précédent.
Le sucre et les corps analogues ont été dosés au moyen de la liqueur de Fehling; les matières grasses et résineuses avec un appareil particulier imaginé par M. Fleury et que je décrirai plus loin.
Les cristalloïdes des grains d’aleurone sont constitués par de l’oxalate de chaux, les globoïdes par un phosphate de chaux et de magnésie, dans lequel la chaux prédomine fortement.
J’ai tenté aussi ce travail, et voici le résultat de mon analyse :
Cent gr. ricin de France, ont été décortiqués avec tout le soin possible ; j’ai obtenu :
Coques . ... , 28.50
Amandes . ... , 70.50
Perte.. . i ,
La perte r partie proportionnellement donne :
Coques .
Amandes
Toutes les analyses qui suivent ont été faites sur l’épisperme seul, sur les amandes seules, et enfin vérifiées sur les graines entières. A côté du résultat obtenu, je donne le résultat calculé.
L’eau a été dosée par dessication à 100° dans l’étuve de Gay- Lussac. Il faut avoir soin de laisser refroidir sous une cloche en présence de l’acide sulfurique, avant de faire la pesée ; car ces substances sont très-hygrométriques.
Los sels minéraux ont été obtenus par incinération dans un creuset de platine.
J’ai ensuite successivement traité les substances par l’éther, l’alcool à 90°, l’eau froide et l’eau bouillante. Les deux premières operations ont été faites avec l’appareil de M. Fleury.
La cellulose a été dosée en traitant les résidus par une solution concentrée de potasse, puis par l’acide chlorhydrique étendu (1/300). Ges deux réactifs n’atlaquenl pas la cellulose quand on ne les fait pas réagir trop longtemps. Les substances qu’ils ont dissoutes ont été dosées par d
Albumen
Eau. 4.37
Matières minérales .... 1.85
Traitement par l’éther. . . 67.05
— — alcool ... 4.35
— — eau. . . . 7.27
— — potasse& acide 7.38
Cellulose. 7.73
Episperme Expérience
L’éther n’a guère enlevé que de l’huilo à l’albumen ; dans l’épispcrmc, il a dissout une substance huileuse odorante et un produit résineux. Dans le produit du traitement par l’éther des graines entières, il s’est déposé de jolis cristaux transparents ; ce sont des octaèdres droits à base carrée, ayant presque toujours un pointement direct au sommet aigu de la pyramide. La petite quantité de cette matière ne m’a pas permis de l’étudier, mais d’après quelques caractères, je croirais assez volontiers que ce sont des cristaux de ricinine.
L’alcool a dissous dans l’albumen un peu d’huile que l’éther n’avait pas complètement enlevée ; il y avait aussi quelques sels minéraux et cette liqueur réduisait le réactif cupro-polassique.
L’épisperme a cédé à ce véhicule un peu d’acide gallique ; mais cet acide se trouvait surtout dans la liqueur aqueuse.
Dans le traitement par l’eau de l’endosperme, j’ai obtenu des acides malique et oxalique et beaucoup d’albumine. Celte dernière substance dosée séparément par le procédéMéhu forme les0,071 du poids de l’amande ; c’est à peu près le chiffre trouvé par M. Petit.
La présence de l’acide gallique dans la coque et de l’acide maliquo dans le périsperme m’avait été signalée par M. Personne.
L’analyse des cendres a fourni pour l’épisperme : Sulfates, silicates, chlorures, traces de phosphates.
Fer, manganèse?alumine, chaux, potasse, soude, un peu de
Pour l’albumen, sulfates, phosphates, traces de chlorures. Alumine, fer, magnésie, chaux, potasse, soude.
Pour l’huile elle-même, la suivante.
Saussure Ure
composition centésimale est la
Lofort Cloez
Quanti sa 'imposition médicale, elle est beaucoup plus difficile à établir ; voici celle que l’on peut donner approximativement.
Margaritine,
Ricinoline,
Risine (Soubeiran),
Ricinine(Tuson),
• Matière purgative (Solimani),
L Substance non attaquée par les vapeurs nitreuses (Bouis).
: Cette dernière n’est peut-être que l’une dés trois précédentes ou bien leur mélange.