APPAREIL CENTRAL DE LA MOTRICITÉ LARYNGÉE
La méthode expérimentale a permis de mettre en évidence l’existence d’une représentation corticale du larynx comme on pouvait le prévoir par l'introduction de la doctrine des localisations cérébrales à la suite des travaux de BRocA.
De très nombreux expérimentateurs ont abordé cette recherche. Nous citerons seulement les principaux d’entre eux.
En 1883, KRAUSE détermine « l’existence chez le chien, à la «partie antéro-externe du gyrus précrucialis d'OWEN, d’un cen- « tre symétrique dont l’excitation entraîne l’adduction bilaté- « rale des cordes vocales ». Ce centre est essentiellement le centre phonatoire, acte volontaire. Par opposition, le centre principal de la respiration, acte réflexe, marqué essentiellement au niveau du larynx par l’abduction des cordes, siège dans le bulbe. Des centres secondaires siègent pour la phonation dans le bulbe, pour la respiration au niveau du cortex.
En 1888, Masini, reprenant l’expérimentation, constate que l'excitation du centre de KRAUSE, ne provoque l’adduction bilatérale des cordes vocales qu'avec l’emploi de courants forts ; « les courants faibles mettent en évidence au contraire, une « action croisée prédominante ».
En 1890, SÉMON et HoRsLEY confirmèrent les recherches de KRAUSE et trouvèrent également au niveau du cortex une zone motrice accessoire accélérant la respiration et en augmentant l'amplitude.
En 1895, RisiEN RUSSEL trouve, en dessous et en arrière du centre de KRAUSE, une zone dont l’excitation détermine l’abduction. D’autre part, « si l’on prend la précaution de sectionner au
« préalable, les fibres récurrentielles qui commandent l’adduc- « tion, l’excitation du centre de KRAUSE détermine l’abduction « des cordes vocales ». Ce résultat, confirmé par KATZENSTEIN,
Zone d Adduction.
Zone d' Abeon 3
Zone d'Acceleralion. }
(a après Semonÿ
Ficure XVI
permet d’affirmer l’action complexe du eentre de KRAUSE sur l’ensemble des mouvements de la glotte. A l’état normal, l’action sur les constricteurs et sur les tenseurs étant prédominante chez le chien (qui présente une phonation expiratoire). KATZENSTEIN met également en évidence deux centres respiratoires corticaux.
La destruction unilatérale ou bilatérale du centre de KRAUSE n’entraîne pas de paralysie laryngée. Le cri réflexe persiste, mais le son volontaire devient impossible après destruction des centres laryngés corticaux.
Nous n’insistons pas sur les centres bulbaires, ceux-ci n’ayant pas fait l’objet d’expériences de notre part et nous renverrons le lecteur aux descriptions qui en ont été faites à la suite des expériences de SÉMON et HORSLEY, auxquels nous empruntons la représentation de ces centres (cf. figure XVID. De même, nous n’avons pas, au cours de cette étude, entrepris l’examen des voies cortico-bulbaires, ni des centres laryngés cérébelleux.
Comme on le voit, par ce très court résumé, le centre cortical
de KRAUSE, centre phonatoire, est essentiellement un centre d’adducteur (Pabduction étant représentée d’une façon moins importante).
D'ailleurs, les centres moteurs antagonistes sont toujours couplés au niveau de l’écorce et il faut user d’artifice pour en dissocier les diverses fonctions. L’action du centre cortical laryngé paraît s’exercer sur les deux moitiés du larynx mais avec une prédominance croisée,
--lub. quad. ant.
o——\—- -lub. quad. pos Ë.
> Abduction bilaterale .
77 Adduction unilatérale 7 Position -cadavérique :
Rés -Adduction bilatérale.
- ala cinerea.
-calarnus scriplorius.
(ol après Semon et Horsley]
Ficure XVII
Nous rappellerons, pour mémoire, sur l’innervation du larynx, la coexistence, dans le récurrent, des deux sortes de fibres: abductrices et adductrices ; la prédominance de ces dernières chez le chien, la difficulté de l’isolement des premières.
Enfin, il faut encore signaler, ici, l’action différenciante sur laquelle ont insisté les auteurs, par laquelle les abducteurs sont toujours plus précocement paralysés (par l’éther, par le refroidissement du nerf récurrent, ou après la mort).
ANATOMIE TOPOGRAPHIQUE DU CORTEX Les centres laryngés
Nous n'’insisterons pas sur la situation des centres corticaux que nous avons étudiés chez le chien.
Le centre de KRAUSE, situé à la partie antéro-externe du gyrus pré-crucialis d'OWEN (centre d’adduction). à
Le centre d’abduction, situé au-dessous et un peu en arrière du précédent.
Les centres respiratoires, décrits par KATZENSTEIN, dans le gyrus central inférieur et dans le cerveau frontal.
L'examen de la représentation corticale du larynx localise au mieux ces centres (voir figure XVI).