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TECHNIQUE EXPÉRIMENTALE

Avant de passer à l’exposé des expériences que nous avons entreprises, nous devons dire quelques mots sur la technique que nous avons employée.

Anesthésie

L’anesthésie est la première préoccupation de l’expérimentateur opérant sur le cerveau.

Les observations antérieures des physiologistes ont montré les inconvénients des anesthésies profondes qui s’accompagnent souvent d’une inexcitabilité complète du cortex ou lorsqu'elles sont moins poussées, de modifications profondes de son excitabilité.

L'idéal serait d’opérer sans anesthésie et, chez certains chiens calmes, nous avons pu agir ainsi. D’ailleurs, mises à part les sections cutanées rapides, la trépanation en elle-même est peu douloureuse.

Dans d’autres cas, l’animal étant plus nerveux, présentant des phénomènes réflexes vifs, des aboïis traduisant sa douleur, nous avons dû pratiquer, sur ces chiens, une anesthésie légère. Suivant les cas, nous avons employé :

Soit l’injection de chloralosane,

Soit la morphine (cette dernière ne prive pas les centres de leur excitabilité, mais elle a tendance à diminuer la chronaxie. Elle rend la lecture des seuils plus facile parce que ceux-ci sont plus constants).

Dans les premières expériences, nous injections aux animaux une faible dose de chloralosane (intraveineux). Nous donnions 5 centigrammes par kilo d'animal au lieu de 10 centigrammes, dose couramment employée, Dans ces conditions, on obtenait un animal beaucoup plus tranquille et à la fin de l’opération, au bout de 1 heure à 1 h. 1/2, on pouvait considérer l’anesthésie non totalement mais suffisamment éliminée pour pouvoir expérimenter.

Chez d’autres chiens, nous avons pratiqué une injection de chlorhydrate de morphine (1/2 centigr. ou même 1 centigr. par

kilo d'animal), une heure et demie à deux heures avant l’opération. Dans de nombreux cas, chez ces animaux, nous avons observé, au cours de l’expérimentation, l'apparition de crises d’épilepsie généralisée bien caractéristiques. La trépanation, une fois pratiquée, parfois même après quelques excitations corticales, nous constations et enregistrions des crises typiques avec quatre phases principales :

1. Dans une première phase, on notait une contracture extrême, progressive et généralisée, s’accompagnant d’une mydriase bilatérale,

2. Puis l’animal était pris de convulsions, contractions cloniques s’accompagnant au niveau de la glotte d’une dilatation prédominante.

3. Dans une troisième phase, de résolution, on constatait un relâchement musculaire généralisé, la glotte dilatée à l’extrême ; les pupilles revenant à la normale. La respiration semblait complètement disparaître pendant cette période.

4. Puis dans un quatrième stade de retour à la normale, la respiration reprenait ainsi que les mouvements physiologiques glottiques l’accompagnant.

Ces crises se répétaient, en général, deux ou trois fois en l’espace d’un quart ou d’une demi-heure, puis tout revenait dans l’ordre. Dans certains cas, nous avons pratiqué une injection intra-péritonéale de quelques centimètres cubes de la solution de chloral pour obtenir plus de calme.

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