‹ Etude chronaximétrique sur le larynxChapitre 15 sur 133 · FIGURE IX · texte numérisé non relu

FIGURE IX

Larynx de Chien — Innervation Branches terminales du nerf laryngé inférieur (Vue latérale gauche après ablation de l'aile du cartilage thyroïde Larynx isolé)

La branche dorsale externe représente la branche anastomotique avec le laryngé supérieur : anse de GALLIEN. Elle passe à la face interne du cartilage thyroïde près de son bord dorsal et parallèlement à ce dernier. Elle détache quelques petites branches pour la muqueuse des muscles, mais ne contient pas de fibres motrices.

La branche ventrale (branche motrice) détache :

—— Un rameau postérieur pour le muscle crico-aryténoïdien postérieur qu’il pénètre par sa face postérieure,

— elle se porte ensuite en avant vers la face interne du cartilage thyroïde et donne des branches pour les muscles intrinsèques profonds du larynx,

| Fe WL |

— une branche pour le muscle crico-aryténoïdien latéral externe,

— une autre branche pour les muscles thyro-aryténoïdiens. Le nerf du muscle thyro-aryténoïdien supérieur se détachant du tronc commun au niveau du muscle thyro-aryténoïdien inférieur,

— enfin, une petite branche se rendrait aux muscles aryténoidiens et épiglottiques.

Pour ce qui est de l’innervation motrice du larynx, on reste actuellement au schéma classique de LoNGET et LuscHKA qui rejettent la théorie de la double innervation des muscles, par laquelle chacun d’eux serait innervé non seulement par le récurrent homolatéral, mais encore par des filets venus du nerf hétérolatéral. Seule l’innervation du muscle ary-aryténoïdien reste complexe : muscle impair, médian, il paraît muni d’une innervation bilatérale (d’ailleurs l’expérimentation est très délicate sur ce muscle).

Quant à la participation du sympathique dans la motricité du larynx, celle-ci n’est pas encore élucidée,

Il est certain qu’il y a des fibres provenant du système végétatif dans les nerfs laryngés supérieur et inférieur.

Du système parasympathique descendant, du noyau du pneumogastrique.

Du sympathique, venant du ganglion cervical supérieur.

Pour ONop1 des fibres partent du ganglion cervical supérieur et se rendent dans le nerf laryngé supérieur; du nerf cardiaque supérieur partent également des éléments sympathiques qui pénètrent dans le nerf laryngé inférieur en même temps que des filets venus du ganglion cervical inférieur.

Les différents rameaux terminaux du nerf laryngé inférieur contiennent des éléments sympathiques mais en nombre très variable.

Quoique la présence des éléments neurovégétatifs ne puisse être mise en doute, leur fonction n’est pas encore connue.

Sans doute s’agit-il surtout d’un rôle vasomoteur :

le parasympathique étant dilatateur des vaisseaux,

le sympathique : vasoconstricteur.

Physiologie

Si l’anatomie du larynx du chien a été très étudiée, il n’en est pas de même de la physiologie de cet organe.

En effet, dans les trente dernières années, celle-ci a surtout été envisagée du seul point de vue de la physiologie de la voix, de la phonétique.

Nous ne rappellerons pas tous ces travaux faits sur le rôle des cordes vocales dans la phonation et au cours desquels on note des controverses parfois vives entre les partisans des diverses théories. D'ailleurs, jusqu’à ces toutes dernières années, les données physiologiques ont reposé sur des erreurs d’observation et en particulier ce n’est que récemment, grâce à la stroboscopie et à la cinéphotographie que l’on est arrivé à déceler les mouvements exacts de ces cordes.

On a pu ainsi voir que, dans l’émission des sons, les vibrations des cordes se faisaient dans un plan horizontal et non, comme on l’avait cru longtemps, dans un plan vertical,

Mais le larynx n’est pas seulement un organe de phonation, son rôle dans la respiration est capital et nous ne rappellerons pas la synergie entre l’inspiration et la dilatation de la glotte, mouvement associé sous la dépendance des centres respiratoires et dont le moindre trouble se traduit par des symptômes importants (tirage, asphyxie menaçante...).

Comme nous l’avons vu au cours de l’anatomie, les cordes vocales ne doivent pas être étudiées isolément. Elles sont contenues dans une sorte d’anneau musculo-cartilagineux dont la rigidité des parois peut varier et dans lequel, grâce aux muscles extrinsèques, l’ensemble peut être déplacé ou fixé. Enfin les rapports internes : volume, forme, tension peuvent être modifiés suivant l’action des différents muscles.

Au cours des dissections, les anatomistes, frappés par la musculature importante de cet organe, musculature circulaire surtout apparente extérieurement, l’avaient comparé à un sphincter:

Puis les physiologistes de la voix le comparèrent à un instrument de musique : anche vibrante,

Actuellement cette conception est rejetée et le larynx apparaît comme formé par une double valve dont les mouvements s’opposent dans un même plan.

Or

Ce double mouvement des cordes vocales, abduction et adduction, représente bien une opposition entre deux mouvements de muscles antagonistes actifs dans un sens comme dans l’autre autour d’une position d'équilibre déterminé par le tonus des différents muscles (voir figure Il). Les muscles abducteurs et adducteurs ont deux actions opposées. Il ne s’agit pas d’une action unique des adducteurs dans laquelle l’abduction serait déterminée par l’inhibition du tonus de ces muscles.

Et en effet, l’étude des muscles et de leurs nerfs telle que nous l’avons pratiquée nous a montré l’existence des muscles dilatateurs dont l’action, quoi qu’ils soient moins nombreux et moins puissants que les constricteurs, ne peut être mise en doute.

Le muscle crico-aryténoïdien postérieur (posticus des auteurs allemands) excité par son nerf est nettement dilatateur.

D’autres muscles sont accessoirement dilatateurs lorsqu'ils associent leurs actions.

Si l’excitation du nerf laryngé inférieur n’a pas donné à tous les auteurs qui l’ont étudié et dans tous les cas, la même réaction, c’est que les fibres commandant l’adduction, plus nombreuses, cheminent à côté de celles commandant l’abduction. Seules certaines conditions permettent la mise en jeu isolée de ces dernières.

On peut donc véritablement assimiler le fonctionnement du larynx à un jeu d’antagonistes un peu particuliers et nous avons cherché à vérifier si les règles générales pouvaient s’y appliquer.

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