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Nous avons nous-même essayé de découvrir, dans nos observations, les traces de cette influence de la nutrition, qui ne nous parait pas douteuse ; mais bien que nous ayons trouvé en effet la nutrition défectueuse dans la plupart des cas anor- Maux, NOUS avons vu aussi des chutes normales dans des cas où elle n'était pas meilleure ; et finalement n'ayant rien pu établir d’une façon précise, nous n'avons pas cru devoir écrire un chapitre spécial sur ce sujet. Ce point, très intéressant, reste à préciser, et nous ne doutons pas que ce soit là qu’il faille chercher, mais avec l’aide d’une méthode compliquée, l’explication des écarts sensibles que nous ne pouvons faire disparaître de nos Statistiques et qui les faussent, en y introduisant des élémentsnon complètement comparables aux autres. :
Quoi qu’il en soit de cette influence en particulier, nous voyons qu’en 1865 on avait déjà étudié la chute du cordon au triple point de vue de sa date, de l'influence du poids de l’enfant à la naissance et de l'influence du volume du cordon.
En 1869 Stanislas Zaboklicki (1)rassemble 23 observations, dont le nombre est trop restreint, de l’aveu même de l’auteur, pour qu’on puisse ajouter quelque chose à la certitude des faits précédemment acquis. Il résume ainsi l'opinion des auteurs sur la date de la chute du cordon : « Les auteurs placent ordinairement cette époque entre le cinquième et le septième jour, quelquefois le quatrième ou le huitième, rarement le troisième ».
Mais en 1879, Depaul, après avoir mis au point toutes ces questions en abordait une nouvelle qui nous intéresse direc-
(1) ZaBokzickr (Stanislas), Du cordon ombilical el de sa chute après la naissance. Th. de Paris, 1869, p. 25, 26 et 27.
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tement. Nous lisons en effet dans l’article « Nouveau-né » déjà cité du Dictionnaire encyclopédique, au chapitre « des soins relatifs au cordon ombilical » et à la page 537 une subdivision spéciale sous ce titre : « des bains ».
Ce chapitre est à citer presque en entier : « Beaucoup de personnes semblent croire que les bains ne sont pas utiles et que même ils on! des inconvénients dans les premiers jours qui suivent la naissance. Il en est surtout qui redoutent de les employer avant la chute du cordon. » C’est ce que nous aurions pu écrire en tête même de notre thèse, mais Depaul ajoute ceci, qui actuellement n’est plus exact: « ce que l’on craint c’est de refroidir les enfants et de les enrhumer ». Mais, cette restriction faite, tout ce qui suit confirme ce que nous avons nous-même observé : « Je ne conteste pas que les bains administrés sans les précautions indispensables ne puissent devenir préjudiciables... Mais l’expérience m’a appris combien on avait exagéré les inconvénients de ce moyen dont je suis grand partisan. Le tout est dans la manière de l’employer. Je ne connais pas de soin plus hygiénique que celui qui consiste à donner un petit bain chaque jour... Un des grands avantages des bains, c’est de permettre de tenir la peau de tout le corps dans un complet état de propreté. Les frictions qu’on exerce pendant ce temps avec la main constituent une sorte de massage dont les effets sont excellents.
L'inflammation qui accompagne l’ulcération qui élimine le cordon est atténuée, La cicatrisation qui lui succède marche avec une rapidité plus grande. »
Sans exagérer la valeur de ce témoignage qui n’a rien d’étonnant, en somme, à une époque où la simple propreté te-
nait lieu d’asepsie et devait ètre nécessairement supérieure MAURAGE 4
= ÉD fes
au manque absolu de nettoyage, nous pouvons remarquer du moins que le bain ne semblait pas retarder mécaniquement la chute du cordon, puisque la statistique de Depaul fixe à la même date que les autres la chute du cordon. Depaul tient seulement à conserver toute leur valeur aux variations de la clinique et le premier il attire l’attention sur les limites extrêèmes entre lesquelles il a vu varier la chute du cordon. Mais cette question de l’influence mécanique (ou si l’on préfère purement physique) du bain quotidien, même définitivement réglée, devait céder la place à celle des dangers d’infecton, et, pour la première fois en 1883, nous voyons réclamer en France « l'application de la méthode antiseptique au pansement de la plaie ombilicale chez le nouveau-né (1) ». C'est Bar qui, dans sa thèse d’agrégation : Des méthodes antiseptiques en obstétrique, écrit dans un appendice un chapitre spé: cial sur cette question. Bar déclare d’abord qu'une voie d'infection d’une importance incontestable est la plaie ombilicale et il ajoute : « Nous ne pouvons méconnaîlre que le pansement ombilical tel que nous le pratiquons ne répond en aucune façon aux exigences de la méthode antiseptique. » Puis, il signale les travaux de Max Runge qui, à la suite d’une série d'expériences, conclut que les pansements humides, même pratiqués avec l’acide phénique, sont défectueux, car ils retardent la chute du cordon et empêchent sa dessiccation, et préfère les pansements secs. Il décrit alors les deux pansements de Dohrn et de Sanger, dont l’un est un pansement à demeure, le second un pansement renouvelé tous les Jours après avoir fait prendre un bain à l'enfant.
(1) Bar, Des méthodes antiseptiques.en obstétrique, thèse d'agrégation, Paris, 1883, appendice, ch. I.
« Nous croyons, dit-il en terminant, qu’il serait intéressant d’expérimenter chez nous les pansements de Dohrn et de Sanger qui paraissent très rationnels et susceptibles de rendre des services. »
Or en 1886, Pinard qui avait déjà une expérience personnelle du pansement sec à l’ouate antiseptique,d’après le principe de Runge, pour l'avoir utilisé dans sa clientèle, l’introduit à Lariboisière et, en A887.à Baudelocque,
Voici la description de ce pansement tel qu’il est encore pratiqué actuellement ; c’est celui que nous avons nous-même employé (1). PT
« On prend un morceau de ouate de la largeur et de l’épaisseur de la paume de la main ; on le perfore en son centre avec le doigt ; le cordon est introduit par cet orifice et l’ouaté est ensuite repliée sur le cordon. On peut mettre une bande pour maintenir le pansement qui du reste tient sans cela. On changera ce pansement chaque fois qu’il sera souillé. On peut employer soit du coton boriqué, soit du coton simplement stérilisé. D’après Pinard, ce serait l’ouate au biiodure ou au sublimé qui donnerait les meilleurs résultats. »
Notons cependant que de 1886 à 1891 on donne le bain quotidien concurremment avec ce pansement sec. Les résultats de cette méthode sont consignés dans la thèse de Chevalier en 1888 (2). Lui-même expérimente comparativement les pansements à la vaseline phéniquée, à l’ouate sublimée,
(1) Nous empruntons cette description à M. Paquy, chef de clinique à Baudelocque. Elle se trouve dans l’article paru en mai 1897 dans la Revue pratique d'obstétrique et de pédiatrie, p. 137.
(2) CHevaLier, Du pansement antiseptique du cordon ombilical, th. de Paris, 1888. ;