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OBSERVATION VI (résumée).
Gynécomaslie bilatérale consécutive à un traumatisme bilaléral des bourses.
(Par M. CONDOMINE — Montpellier Médical, Tome 42, n° 21, 1920.)
En février 1915, un soldat de 21 ans, étant tombé par terre, a les bourses violemment contusionnées par le sabot d’un cheval. Il déclare qu’à la suite de cet accident il est resté quinze jours sans connaissance (!!). Quand il reprend ses sens, il constate que ses bourses ne sont pas enflées, mais très douloureuses. Depuis ce temps, elles n’ont pas cessé de lui faire mal. Les testicules ont diminué de volume progressivement. Au moment de l’examen (septembre 1915), ils sont gros comme des haricots seulement. Ce qui frappe, en outre, c’est le volume anormal des seins : ce sont des seins de jeune fille à la puberté. Ils ont a peu près le volume d’une orange, à la palpation, ils sont durs; on sent la résistance de la glande sous le tissu cellulaire. La peau est sillonnée de quelques veines. La palpation est douloureuse.
C’est vers le mois d'avril 1915, c’est-à-dire deux mois ou deux mois et demi environ après l’accident, que le malade a remarqué ‘qu’il se produisait des modifications du côté des seins. Il en a été averti par la douleur. Il éprouva une sensation de douleur assez vive dans cette région, douleur qui a toujours persisté depuis, et, au bout de quelques jours, il s’aperçoit que ses, seins grossissaient, Le développement en a été progressif depuis cette époque et n’est pas encore arrêté, au dire du malade. Les douleurs ressenties doivent être vives, puisque, dans son langage militaire, il les compare quelquefois à des « coups de baïonnette », C’est le sein droit qui est douloureux aussi, et la douleur s’irradie vers l’hypogastre. La verge n’a pas été atteinte, mais la virilité du sujet a disparu depuis l'accident.
L’infirmité dont le malade est atteint n’a pas été sans agir fortement sur son moral. Il a une tendance aux idées de suicide. De plus il présente depuis son accident quelques crises convulsives rares, à allure psychonévrosique, alors qu’il n’en avait jamais eu jusque-là.