‹ Étude clinique de la gynécomastieChapitre 7 sur 24 · UT M · texte numérisé non relu

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maux, GURLT (cité par Kriss) rapporte le cas d’hypertrophie mammaire avec sécrétion lactée prolongée chez un taureau, après castration complète.

Enfin, la glande mammaire hypertrophiée chez l’homme, peut être le siège de toutes les affections inflammatoires ou néoplasiques que l’on observe plus habituellement chez la femme : adéno-fibromes, kystes, cancers, abcès, poussées de mastite, ont été signalés. WizLraMs cite Le cas de mastite goutteuse chez un vieux clergyman gynécomaste. BRYANT a rapporté l’observation d’un gynécomaste de 45 ans atteint d’un fibroadénome mammaire. Chez un homme de 16 ans, Foor a rencontré un kyste à la base du mamelon d’un sein hypertrophié. Enfin, plus récemment, PETIT.DE LA Vir- LÉON a rapporté l’observation d’un gynécomaste de 73 ans atteint d’un cancer du sein.

ETIOLOGIE

La gynécomastie est une affection relativement rare. Sa fréquence d’ailleurs est difficile à apprécier, les sujets qui en sont porteurs cherchent, en général, à la dissimuler. Les statistiques des conseils de révision peuvent seules nous donner à ce sujet quelques renseignements. Ainsi, elle ne s’observerait, d’après PuEcx, que chez un seul conscrit sur 13.006. D’après DETT- LING, elle serait plus fréquente et se rencontrerait une fois sur 3.500 conscrits. En Italie on ne l’observe que très rarement, une fois sur 25.000 conscrits. Et encore, ces statistiques englobent-elles probablement aussi, les erreurs de diagnostic, les pseudo-gynécomasties.

ScamibrT, sur 179 cas de gynécomastie relevés dans la littérature médicale, trouva la localisation unilatérale dans 37,5 p. 100 des cas. KRiss, dans une statistique faite sur environ 300 cas de gynécomastie publiés dans la littérature médicale, trouva la lecalisation unilatérale seulement dans 33 p. 100 des cas, et des formes avec organes génitaux normaux dans 43 p.

100 des cas.

La gynécomastie ne semble pas être une affection héréditaire ou familiale. HAnNSY (cité par FouCHET) rapporte le cas d’une famille de gynécomastes polymastes. Sur cinq enfants que comprenait cette famille, trois

étaient gynécomastes. Le père avait eu à 50 ans une hypertrophie de la mamelle. BÉpor cite l'observation de GUINART d’un gynécomaste dont le père était atteint d’hypertrophie mammaire. LAURENT rapporte le cas d’un gynécomaste dont le grand-père et deux de ses enfants étaient atteints d’hypertrophie mammaire. FETSCHER cite le cas d’une famille dont le père et ses deux fils étaient atteints de gynécomastie. BONHOFF et HANDYSIDE ont observé des cas analogues.

Mais le nombre d’observations de ce genre est vraiment trop restreint, pour que, à notre avis, on puisse conclure à l’hérédité de cette affection.

Cette curieuse anomalie ne semble pas être exclusive à la race blanche, d’après JourpRAN elle serait assez fréquente chez les Malgaches, NiCOLLE et Tis- SEUIL l’ont observée chez des Soudanais, BAUVALLET rapporte le cas de gynécomastie essentielle bilatérale chez un nègre Baoulé de la Côte d'Ivoire. Enfin, En- RICO DE AÂLMEIDA a observé des cas analogues chez des nègres du Mozambique.

La gynécomastie peut apparaître à tout âge.

L’étiologie des formes primitives de la gynécomastie reste inconnue. Dans ces formes l’hypertrophie des glandes mammaires apparaît, sans cause évidente, chez des sujets normaux, tant au point de vue de leur développement physique, que du développement de leur appareil génital. Ces sujets sont indemnes de féminisme, en possession de tous les attributs de leur sexe, en puissance de toutes les fonctions de la virilité. On ne trouve chez eux aucun antécédent pathologique qui puisse avoir un rapport quelconque avec le développe-

A es

ment anormal de leurs seins, rien en somme qui puisse expliquer cette gynécomastie (Observations I, II et IT).

Les causes des formes secondaires sont très variées.

Les traumatismes testiculaires constituent -une des causes le plus fréquemment citées. Les exemples d’hypertrophie mammaire consécutive à un traumatisme des organes génitaux (chutes) [BAUMGARTNER, PENDEl, (coups) [STriEve et Sripal, (blessures de guerre) [CONDOMINE, DECLÉTY, FOUCHET|, sont assez nombreux, et la littérature médicale s’enrichit tous les jours de cas de ce genre (BITTNY, Moskowicz, TELLGc- MANN, ZILOCCHI).

Les exemples de gynécomastie secondaire à la castration unilatérale ou bilatérale sont relativement nombreux (GRUBER, KUTTNER, MARTIN, RUFANOFF). Castration au moment de la puberté ou après la puberté.

Les affections pathologiques du testicule, en particulier, la syphilis et les oreillons, sont souvent citées comme facteur causal de la gynécomastie (LEREBOUL- LET, OLPHAN). Alors que les maladies qui se localisent surtout à l’épididyme, comme la tuberculose et la blennorragie, ne semblent pas en être la cause.

Les exemples de gynécomastie consécutive à un traumatisme direct sur le sein sont assez nombreux (Cou- TAGNE, ROCHER, SCHAUMANN, WAGNER). [Observation VIT.]

On trouve souvent à l’origine de la gynécomastie Les tumeurs génitales, comme le cancer du testicule (Mo- NASCHKIN, SIMOES), le tératome malin des testicules avec métastases (JoRDAN, SIEGMUND, WEINSTEIN), le

LesiD des

chorioépithéliome du testicule (HARTMANN, HEIDRrICH- Fezs-MATHIAS, HERZENBERG, PRYM, STORHOJANN }, le séminocarcinome du testicule (SAs) et le mélanosarcome du serotum (HERZENBERG). [Observation VIII.

Certains auteurs citent le varicocèle comme cause de la malformation (MARTEL, MosKkowiIcz, SCHERE- SCHEWSKY ).

D’autres ont vu apparaître la gynécomastie après une prostatectomie. OPPENHEIMER communique deux observations des sujets, âgés respectivement de 64 et 48 ans, chez lesquels plusieurs mois après une prostatectomie, on observa l’apparition d’une hypertrophie mammaire. Des cas analogues ont été cités par Con- DOLÉON et PETIT DE LA VILLÉON.

La gynécomastie peut être en rapport :

Avec le pseudo-hermaphrodisme mâle, lhypoplasie des testicules, la cryptorchidie, la micro-orchidie, l’hypo- ou épispadias (HERZENBERG, LOSERT, Moskowicz,

NowaKk, PRANGE, SCHAUMANN, STiEpA, Togrer). [Observation IV.]

Avec certaines tumeurs extragénitales, comme le chorioépithéliome (LILIENTHAI, SCHULTZE), les tumeurs des surrénales (KUTTNER), l’hypernéphrome (Brrr- DORF, ZUM Buscx), l’adénome de l’hypophyse (Mæx- LG), l’angiosarcome de l’hypophyse (HAENEL) et le lymphosarcome (SCHŒN).

Avec la cirrhose du foie. Ce sont surtout les auteurs italiens (Fizzipozpr, LEvi, MANAL TATTONI, ZANALDA) qui ont rapporté des exemples de cette association. Il s’agit en général de cirrhose de Laënnec. Des cas ana-

mu jottes

logues ont été observés depuis par BREDT, PAULA et PELLEGRINI (Observation IX).

Avec la lèpre, NATALI et CAFFARENA rapportent six observations de gynécomastie chez des lépreux, d’après ces auteurs, cette anomalie serait assez fréquente dans les léproseries/ Des manifestations analogues ont été signalées depuis par nombre d’auteurs. 3

La gynécomastie peut apparaître associée à divers troubles endocriniens. Ainsi on l’a observée associée :

À l'insuffisance hypophysaire (syndrôme de Frœælich) [HAENEL, Maranon |.

À lhyperfonctionnement hypophysaire (acromégalie) [MarAnoN, PARHON, RoTHl.

À Pinsuffisance thyroïdienne (SAINTON, FORNET).

À l’hyperthyroïidisme (BASEDOW, GRIFFITH, MARA4- NON). |

Et au syndrôme hyper-cortico-surrénal (PENDE).

Enfin, dans les quinze cas observés par MARANON, la gynécomastie coexistait, dans deux cas, avec le diabète insipide, dans d’autres cas avec la myopathie, l’ataxie héréditaire, l’épilepsie, la phocomélie.

Des affections d’autres organes on cite la tuberculose pulmonaire (BETTINL LEUDET, LEVINGER). Certains auteurs ont même incriminé la continence sexuelle (STUMCKE), l’onanisme (FRANCK) et l’érethisme génésique (RocHEr). Ce sont là des hypothèses toutes gratuités et qui semblent peu vraisemblables.

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