DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL
Tous les signes décrits à propos du diagnostic positif de la lymphadénie tuberculeuse réalisent un syndrome qu’on peut rencontrer dans plusieurs maladies, et qui de ce fait est susceptible de prêter à confusion.
Toutefois il est des cas où le diagnostic différentiel se fera d’une façon certaine : en présence d’adénopathie unique, on éliminera facilement les adénites aiguës consécutives à une plaie enflammée, à une maladie infectieuse ; ces hypertrophies ganglionnaires évoluent en quelques jours, elles sont douloureuses, s’accompagnent d’une grosse température et disparaissent avec la maladie qui les a produites. .
— Dès qu'il s’agit d’adénopathies chroniques, le diagnostic devient plus difficile; parmi celles-ci cependant les leucémies seront reconnues par l'examen hématologique.
Mais entre cette forme particulière de tuberculose ganglionnaire multiple et le lymphadénome, le lymphosarcome, l’adénite syphilitique tertiaire, l’adénopathie cancéreuse secondaire à un néoplasme peu apparent ou profond, entre ces diverses formes d’hypertrophies ganglionnaires le diagnostic est délicat.
Le lymphadénome, par la bilatéralité des tuméfactions, par les caractères de ces tuméfactions qui ne sont pas très
A pa
dures, relativement mobiles, par l'atteinte profonde de l'état général, par l’évolution rapide, sera différencié de la lymphadénie tuberculeuse.
Pour le lymphosarcome, l’unilatéralité des ganglions qui sont très durs, fixés, envahissants, récidivants, les phénomènes de compression nombreux et provoquant souvent la mort, l'évolution cachectisante, progressive, rapide et fatale sont autant de signes particuliers qui permettront de préciser le diagnostic.
L'adénopathie cancéreuse est facilement reconnue quand le néoplasme qui en est la cause, néoplasme de la base de la langue, de l’amygdale ou du pharynx, subsiste encore; mais la lésion primitive peut être minime, passer inapercue au cours de l’examen le plus minutieux d’un laryngologiste, où même avoir disparu depuis longtemps, alors il faudra se baser, pour établir un diagnostic, sur le siège des ganglions, sous et rétro-sous-angulo-maxillaire, sur leur dureté de fer, sur leur adhérence aux plans profonds, sur leur développement rapide et fatal.
Les adénopathies hypertrophiques syphilitiques tertiaires, auxquelles on a donné les noms de lymphome gommeux, granulome syphilitique, pseudoleucémie syphilitique, sont rares, de grosseur moyenne et siègent principalement dans la région inguinale, pouvant coïncider avec d’autres localisations telles que aortite, cicatrices cutanées.
Pour diagnostiquer cette forme de syphilis on s’en rapportera aux commémoratifs, aux lésions concomitantes, au B W et même on pourra instituer un traitement spécifique d'épreuve.
Enfin nous étudierons la maladie de PALTAUF et