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Le 8 août, sédation très rapide, chute brusque de la température, euphorie. Le malade ne présente plus qu’un peu de raideur de la nuque. L’état bronchitique a disparu. Il quitte l'hôpital le 12 en bon état. Avant son départ, un nouvel examen du fond de l’œil montre une amélioration considérable de l’œdème papillaire qui a presque disparu, la papille tend à reprendre son aspect normal quant à sa forme et à sa couleur.
Un examen des oreilles (D' RETROUVEY) ne montre rien d’anormal : acuité auditive bonne ; tympans sains ; présence de végétations adénoïdes dans le pharynx.
Durant un mois, nous perdons ce malade de vue, son état général est, d’après les dires de sa famille, resté bon : pas de fièvre. Appétit excellent. Vers la fin du mois d’août, l’enfant, qui commence à se lever, éprouve des difficultés à la marche. En outre, il peut difficilement tenir sa tête droite ; les mouvements de ses bras sont exécutés de manière défectueuse.
Ces symptômes décident la famille à nous ramener l'enfant le 13 septembre.
Examen du 13 septembre. — La station debout et la marche sont impossibles lorsque l’enfant n’est pas soutenu sous les épaules. Il s’appuie très mal Sur ses membres inférieurs, surtout sur le membre inférieur gauche : démarche ébrieuse ; steppe du pied gauche ; fauche légèrement du membre inférieur droit. La colonne vertébrale est pliée en avant ; la tête mal soutenue ballotte.
En position assise, l’enfant a tendance à tomber en avant, sa tête l’entraînant. On est frappé par l’atrophie considérable des muscles des membres, qui semblent fondus, atrophie prédominante au niveau des fesses, des cuisses, des muscles de la jambe gauche, des muscles de la loge interne de la jambe droite. Pseudo-hernie ventrale bi-latérale.
Mouvements actifs des membres inférieurs exécutés gauchement, surtout du côté droit.
Au niveau des membres supérieurs, tremblement intentionnel très net des deux côtés ; mouvements choréo-athétosiques. bilatéraux ; pas de dysmétrie, pas d’adiadococinésie ; sens sté-
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réagnostique bien conservé. Les mouvements commandés sont exécutés avec lenteur, Aucun trouble de la sensibilité provoquée ; pas d’algies spontanées.
Pas de paralysies faciales ou oculaires ; le voile du palais se contracte normalement. |
Signe du facial négatif. Par contre, les muscles de la nuque sont parésiés ; l’enfant ne peut rabattre la tête en hyperextension.
Réflexes rotuliens, achilléens, occipitaux, radiaux très vifs des deux côtés. Signe de Babinski normal. Réflexes cutanés, abdominaux et crémastériens faibles. Au cours de plusieurs examens, nous n’avons pas vu de myoclonies.
Réflexes pupillaires normaux ; pas de nystagmus, raie vasomotrice prolongée ; pas de troubles trophiques.
Constipation ; incontinence d’urine.
Sommeil normal, connaissance parfaite : enfant gai, cnjoue, se prêtant bien à l’examen, répondant très correctement avec une intelligence avancée pour son âge. Quelques crises de colère.
Examen électrique (D' RoQuEs). — Tous les muscles des membres conservent une excitàbilité faradique légèrement diminuée et une excitabilité galvanique normale. La durée de la secousse galvanique est brève.
Examen des yeux. — Papilles rouges hyperhémiées;, mais sans œdème et sans stase ; acuité visuelle à 2/3 sans correction des deux côtés ; musculature extrinsèque et intrinsèque normales.
Bordet-Wassermann dans le sang : douteux (nous n’attachons aucune importance à ce résultat, le sang n’ayant pu être prélevé que par ventouse scarifiée et le sérum étant resté en contact avec le caïllot durant trois jours), l'enfant ne présente aucun signe d’hérédo-syphilis.
OBSERVATION n° 11
(M. PéÉuu et M'° LAMBERT, Lyon Médical, Société médicale des Hôpitaux de Lyon.)
Méningo-encéphalite paramorbilleuse chez un enfant de 11 ans. Enfant de 11 ans envoyé à l'Hôpital Debrousse le 18 février
1931 pour état méningé apparu quatre jours après une éruption de rougeole. Les antécédents sont normaux. L’état de santé a
toujours été satisfaisant. Le début de la maladie actuelle remonte
au 8 février 1931 caractérisé par des frissons, de la température. Quatre jours: plus tard apparition d’une éruption morbilleuse typique avec début par la face, envahissant rapidement le tronc, les membres.
Epistaxis. L’éruption garde toute son intensité pendant deux
jours. Le dimanche 15 février, elle commence à décroître. Baisse
de température. Nouvelle épistaxis. L'état général est bon. Le lendemain, 16 février, la température remonte à 38° et 40°, le 17 février elle est à 59°4. Un médecin appelé constate que l’enfant est triste, abattu. Il présente un signe de Kernig, sans raideur de la nuque, ni céphalée, ni vomissement.
A l'entrée, le 18 février, on se trouve en présence d’un enfant abattu, indifférent à ce qui se passe, répondant cependant aux
questions posées.
Couché dans son lit, le dos tourné à la lumière, en chien de fusil, il gémit quand on veut lui faire exécuter un mouvement.
Pas de raideur de la nuque, mais Kernig indiscutable. Ebauche de Brudzinski des deux côtés. Pas de céphalées.
Les réflexes rotuliens sont polycinétiques. Les réflexes achilléens normaux. Léger tremblement des extrémités. Examen viscéral complètement négatif, Pas d’albumine.
Enfin, l’on remarque les traces d’une éruption morbilleuse en décroissance, mais encore très nette ; les éléments éruptifs très
nombreux, presque confiuents, sont un peu D A Pas
de catharre oculo-nasal, pas de Koplik.
L'examen oculaire est pratiqué (D' Brussy) ; les réflexes sont normaux ; pas de paralysie oculaire.
L'examen des oreilles ne révèle rien d’anormal. Une ponction lombaire montre un liquide limpide qui contient 108 éléments par mmc. dont voici la proportion :
EVMPROCY LOS ERNEST MAR ER 65 Celles tendothéliales Are 29 Polvnucléaires PR VAE 6
ADD MINE: EL ATEN EUR EIRE PIS SUCrTeCnOrMAlMER EC CITE ARTS 0,90
pas d’élément microbien.
En somme, il s’agit d’un enfant présentant les signes d’une méningo-encéphalite survenue quatre jours seulement après une éruption morbilleuse, alors que l’éruption sur le corps tout entier persistait.
L'examen dés oreilles, négatif, permet d’écarter une méningite otogène. Le diagnostic peut être discuté entre une méningite tuberculeuse et une méningo-encéphalite morbilleuse. C’est à ce dernier diagnostic que nous nous rattachons, car si la méningite tuberculeuse survient assez fréquemment après une rougeole, c’est dans la convalescence en général qu’elle äpparaît, donc à une période beaucoup plus tardive et exceptionnellement au moment de l’éruption.
Le 21 février, l’état est stationnaire : la somnolence, la torpeur sont intenses, même plus marquées qu’à l’entrée ; Kernig et raideur de la nuque. Réflexes rotuliens polycinétiques. Babinski bilatéral. Pas de vomissements. Pas de céphalées.
Examen oculaire négatif.
Depuis l'entrée, la température est autour de 37° ; constipation.
Le 24 février, très légère amélioration.
Prostration un peu moins intense. Les réflexes rotuliens ne sont plus polycinétiques, constipation toujours marquée.
Le 25 février, une ponction lombaire pratiquée montre la
diminution de la réaction méningée.
7 lymphocytes par mme.
Albumine 0,30, sucre normal.
Le 27 février l’amélioration se poursuit très lentement. Le malade est un peu plus conscient, mais il est encore prostré. Il ne vomit pas, s’alimente. Kernig et raideur de la nuque. Babinski surtout net à droite. Pas de troubles de la sensibilité, pas de troubles de la motilité.
Une radiographie thoracique montre une image normale.