‹ Étude Clinique De La Méningite MorbilleuseChapitre 9 sur 20 · LOTO · texte numérisé non relu

LOTO

Il existe une photophobie manifeste. Il y a de linégalité pupillaire avec plus grande largeur de la pupille droite.

Le malade n’a pas uriné depuis la veille et le cathétérisme vésical ne ramène pas une goutte d'urine.

Une nouvelle ponction lombaire donne un liquide identique à celui de la veiile.

Le 13 février, température : matin et soir 36°, pouls 73. La raideur de la nuque est moins accentuée. La torpeur persiste, ainsi que l'inégalité pupillaire. Le malade a uriné la nuit précédente. Persistance du foyer de sous-crépitants de la base droite.

Le 14 février, température : matin 36,6, soir 36°7. Le malade est sorti de sa torpeur et répond aux questions. La céphalalgie, la raideur de la nuque et l’inégalité pupillaire ont disparu.

Urines 750 grammes, pas d’albumine. %

Le 15 février, température : matin 36°6, soir 36°9. Pouls 65.

Le malade est complètement éveillé. Il se plaint seulement d’un peu de lourdeur de la tête. Urines 1.250 cmc.

À partir de ce moment, la convalescence se poursuit sans incidents notables. L’éruption disparaît, ainsi que les symptômes pulmonaires.

La diurèse atteint 2 litres le 18 février et 2 1. 1/2 le 19 février. La température reste entre 36° et 57° jusqu’au 27 février, puis elle se maintient à 37°.

Le malade, notablement amaigri, reprend peu à peu sa force et son embonpoint et part en congé de convalescence le 12 mars

Examen du liquide céphalo-rachidien par la ponction lombaire des 11 et 12 février.

Le liquide d’aspect puriforme ; culot de centrifugation abondant.

L'examen cytologique montre uniquement des mononucléaires. Il n’y a que 20 % de lymphocytes. Les autres éléments sont des moyens mononucléaires avec quelques grands mononucléaires.

L’ensemencement du liquide sur gélose ascite reste négatif.

Résumons en quelques mots cette observation. Un homme atteint d’une rougeole, d’ailleurs sévère, fut pris en pleine pé-

SRE LH

riode éruptive de céphalalgie intense, de torpeur allant presque jusqu’au coma, de raideur de la nuque, de photophobie, d’inégalité pupillaire et d’anémie.

Deux ponctions lombaires pratiquées à vingt-quatre heures d'intervalle donnèrent un liquide d’aspect puriforme. Au bout de quarante-huit heures tous les symptômes méningés s’amendèrent et la guérison survint sans encombre.

Si des méningites s’observent parfois au cours de la rougeole, elles sont le fait d’infections secondaires streptococciques ou pneumococciques et sont parfois consécutives à des otites. La méningite tuberculeuse peut également se rencontrer surtout pendant la convalescence. *

Chez notre malade, il s’est agi de tout autre chose. L’évolution des accidents méningés a été rapide et favorable. L’examen bactériologique du liquide puriforme a été négatif. La formule cytologique enfin où nous relevons 80 % de leucocytes mononucléaires moyens et 20 % seulement de lymphocytes représente quelque chose de si particulier qu’on ne peut s’empêcher d'établir un rapprochement entre les accidents méningés de notre malade et la méningite ourlienne.

Evolution assez semblable des symptômes, analogie frappante de la formule cytologique. Notons en passant que nous n'avons noté dans notre cas aucun symptôme d’oreillons. La méningite ourlienne est de toute évidence due à l’agent spécifiquement inconnu des oreillons. L’agent spécifique inconnu de la rougeole peut-il provoquer des déterminations méningées, et est-ce un cas de ce genre que nous avons observé ? Nous sommes tentés de le croire.

Il faudrait pour aboutir à une conclusion sur ce point pouvoir grouper un certain nombre de cas semblables au nôtre, tant au point de vue clinique qu’au point de vue de l’état du liquide céphalo-rachidien. Nous n’avons pu, en raison des circonstances actuelles, faire les recherches bibliographiques nécessaires ; nous avons pourtant l’impression que ces faits doivent être rares et que le virus de la rougeole n’aime pas, à beaucoup près, les méninges au même degré que le virus des oreillons.

L'avenir seul nous apprendra s’il existe une méningite rubéo-

ne tou

lique, dont la formule cytologique nous donnera le diagnostic, en nous permettant de porter un pronostic favorable, malgré l'aspect puriforme du liquide céphalo-rachidien.

OBSERVATION n° 6

(DucHEsNaY, thèse Lioret, Paris 1930.)

Guy B..., 3 ans, sans passé pathologique jusqu’alors, contracte la rougeole auprès de son frère aîné. Il a une rougeole bénigne, mais nette le 5 juin 1930... ,

Le 8 juin il reprend une vie normale.

Mais le 10 juin il a un frisson et sa mère est obligée de le coucher et d'appeler le médecin. Celui-ci est frappé dès l’abord par l’aspect figé et la rigidité du petit malade. L'enfant & de plus, de la photophobie. Les pupilles sont en mydriase légère, mais il n’y a pas d’inégalité pupillaire.

On constate de la raideur de la nuque, le signe de Kernig existe, le redressement des jambes est très douloureux et arrache des cris à l’enfant. De plus, il n’a pas été à la selle et a vomi une ou deux fois.

En même temps que ces phénomènes nee il s’est déclaré une broncho-pneumonie.….

Le 14 juin, le médecin pratique une ponction lombaire. Du liquide céphalo-rachidien limpide s’écoule goutte à goutte.

Les phénomènes méningés s’amendent alors très rapidement, la réaction a duré en tout cinq à six jours.

Il n’en est pas de même du côté de l’appareil respiratoire... L'enfant est actuellement bien portant.

Voici l’examen du liquide céphalo-rachidien :

ADHmMINe PEN EP PRE Eee 0,20 CLCOSE TENET POUR TRE Re 0,45 EvYmphocyies TT RER 0,8 par mmc.

Pas de germes.

OBSERVATION n° 7

(DENECHAUX, Paris Médical, 1918, p. 111.)

Le jeune C.., 11 ans, a présenté vers 5 ans 1/2 une poussée fébrile vespérale de cinq semaines, avec adénoïdite et adénopathie cervicale. L’ablation des végétations et des amygdales, suivie d'une saison à Salies, semble l’avoir très amélioré. La rougeole débute normalement le 26 mars 1918 ; il a 38°8. L’éruption apparaît le 29, le 31 elle est à son maximum. Le 1° avril la fièvre tombe, le 2 au matin la température ne dépasse pas 37°. Le père, médecin distingué, le croit guéri, il n’y eut pourtant ni Bypothermie, ni polyurie, la crise en un mot a fait défaut.

Le 2 au soir, l’enfant a 37°8 et le lendemain matin 38°. Il est abattu, tousse un peu et présente une irrégularité anormale du pouls.

Ce même soir, 3 avril, il a 38°6, se plaint vivement de la tête, il est constipé, il a des nausées.

C’est le lendemain 4 avril que nous l’examinons: avec son père, qui nous le montre, se plaignant violemment de la tête, du front et de la nuque, fuyant la lumière, craignant le moindre bruit ; il veut rester seul, présente quelques mâchonnements, se plaint de nausées, sans avoir encore de vomissements. Son pouls est des plus irréguliers, plutôt lent à notre examen ; la recherche de la raideur de la nuque est très positive, l’enfant ne peut fléchir la tête et toute tentative cause de réelles douleurs à la nuque ; le Kernig est moins intense, mais très marqué cependant. Rien à la gorge, rien de net aux poumons, malgré une toux fréquente.

Le foie, la rate ne sont pas augmentés de volume ; les urines sont albumineuses ; il existe une notable poussée ganglionnaire cervicale et sur les téguments sont apparues des macules rouges séparées par des intervalles de peau saine, beaucoup plus larges que celles de la rougeole, non prurigineuses et au maximum sur l'abdomen et sur le thorax. Enfin la raie blanche de Sergent est facile à mettre en évidence.

Réaction fébrile, érythèmes, ganglions hypertrophiés, un peu d’albuminurie et surtout les signes méningés dominant tout le tableau clinique ; tel est l’état de cet enfant à notre premier examen. ES

Ces phénomènes méningés s’accentuent le jour suivant. A la céphalée, à la constipation, à la raideur de la nuque et au Kernig se joignent des vomissements répétés à la moindre prise de liquide. Il existe de la photophobie, de l’hyperacousie, des troubles vaso-moteurs (raie méningée), de la torpeur et une irrégularité de plus en plus marquée du pouls.

L’éruption, il est vrai, s’est étendue au tronc, aux membres, aux fesses, épargnant la figure : elle reste rubéoliforme sauf au niveau des fesses où elle forme un large placard scarlatiniforme ; l’arythmie persiste et le premier bruit à la pointe s’assourdit. On explore minutieusement les oreilles, la mastoïde, on agite l’idée d’une ponction lombaire que l’on remet un peu\dans l'espoir qu’il s’agit d’une de ces réinfections de convalescence et surtout dans la crainte de trouver une réaction méningée enlevant tout espoir à ce milieu trop bien averti. Traitement symptomatique.°

Le 6 avril au matin, les vomissements se répètent malgré la diète absolue ; il existe des troubles vaso-moteurs, alternatives de rougeur et de pâleur du visage ; la méningite semble évidente, lorsqu’à l’examen on est surpris de constater une diminution notable de la raideur de la nuque ; le Kernig est moins net ; à midi la détente est plus évidente, la température de 39°5 est tombée à 38°2, aussi le D' DEBRÉ mandé en consultation, remet-il la ponction lombaire : il demande un examen d’oreilles plus minutieux et pratiqué le soir même par le D' HAUTANT. Il est négatif.

L'amélioration tend d’ailleurs à s’accentuer, la température tombe le 6 au soir à 37°7 et le 7 à 37°3 ; la céphalée est atténuée et le soir même, 7 avril, l’enfant peut garder du liquide,

La nuit suivante il peut dormir ; son éruption s’efface en quarante-huit heures.

Il a le 8 une polyurie abondante, sans albumine. Seul le pouls

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