‹ Étude Clinique des Abcès de Fixation dans les PyrexiesChapitre 14 sur 41 · RUE · texte numérisé non relu

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Chez la malade de notre observation IV, qui succomba malgré les tentatives répétées de création d’abcès artificiels, l'injection térébenthinée avait été poussée en plein tissu graisseux et n'avait produit aucun effet utile. L'examen microscopique des tissus, prélevés à l'autopsie au niveau de l'injection, nous a montré une prédominance des phénomènes nécrobiotiques, avec extravasation considérable de leucocytes autour des rares vaisseaux sanguins. Il semble donc que léchec est dû, ici, bien plus à l'insuffisance de vascularisation des tissus qu'au défaut de réaction. Fochier avait déjà remarqué que «lorsque l'injection a été poussée sous une couche épaisse de tissu adipeux, la tuméfaction peut rester masquée pendant plusieurs jours ». Malgré les inconvénients que peuvent présenter les injections intra-musculaires, il ne faut cependant pas hésiter à les emplover chez les obèses, lorsqu'une réaction rapide et intense est nécessaire.

Plusieurs régions paraissent convenir à la création des abcès de fixation. L’inventeur de cette méthode thérapeutique conseille de les pratiquer de préférence « dans des points où ils puissent avoir ce qu'on connaît sous le nom d'action révulsive en même temps que l’action fixatrice ». Il indique ailleurs comme points d'élection la région deltoïdienne et l’hypogastre à égale distance de l’épine iliaque et des fausses côtes. Genest, Durot, Genairon estiment que la partie externe de la cuisse est particulièrement favorable; d’autres font l'injection dans la fesse ou sur les masses Iombaires ; il semble que cette dernière pratique soit à

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rejeter, car elle rend le décubitus dorsal très pénible ou même impossible.

De l'avis de nombreux observateurs et d'après nos constatations personnelles, les régions les plus favorables sont par ordre de commodité décroissante, les flancs, les hypocondres, la face antéro-externe de la cuisse dans son tiers supérieur et la région deltoidienne. Fochier indique le flanc comme le point où l'injection est la moins douloureuse; c’est, d’autre part, dans cette région que l’abcès gêne le moins les mouvements du malade.

Il est une autre considération qui doit déterminer le thérapeute à injecter l'essence de térébenthine dans le tissu cellulaire sous cutané de la région abdominale, toutes les fois où il n’existe aucune contre-indication, c'est que les téguments de cette région sont très extensibles, facilement décolables, et que les abcès peuvent s'y développer plus facilement qu’en tout autre point et fournir une quantité de pus bien plus considérable.

Lorsque l'injection est pratiquée à l’hypogastre, il est utile de la faire le plus près possible de la ligne axillaire, afin d'éviter la section, lors de l’ouverture de l’abcès, de l'artère sous cutanée abdominale qui se dirige obliquement de la partie moyenne de l’arcade crurale vers lombilic. Cette section peut déterminer une hémorragie assez abondante, comme le fait s’est produit chez le malade de notre observation XII, dont l'artère dut être ligaturée.

L'ouverture de l’abcès se produit parfois spontanément, surtout si un peu d'essence de térébenthine s’est infiltrée dans le trajet de l’aiguille pendant que l’opé-

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